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Man Made Object

Gogo Penguin
Blue Note France - Février 2016

Avec un nom aussi abscon, qui aurait cru que ce jeune trio mancunien chasserait les fantômes d’E.S.T. Loin d’appartenir à la coterie jazz, ils pratiquent une musique unique, algarade dans des contrées aussi différentes que le Post-Rock, le funk, la Drum’N Bass ou encore la musique impressionniste chère à Debussy et Ravel. Sans chamarrer leurs compositions de quelconques gadgets électroniques, Gogo Penguin éblouit par sa concision* qu’elle adoube d’une profondeur émotionnelle qui n’a d’égal, que les oxymores brumeux de Manchester. Tout commence par le lumineux All Res, que n’aurait pas renié Arvo Pärt, suivi de Branches Break,son pied de grosse caisse orgasmique et une mélopée de piano digne de Durutti Column circa 1981-1986. Quiet Mind poursuit sa quête d’absolu par une mélodie urbaine obsédante, tandis que Smarra se fait gentiment chatouiller par un capharnaüm sonore. Le reste de l’album se déroule harmonieusement entre réplétudes rythmiques (quel duo contrebasse-batterie !) et mélodies altières, qui se clôt par le dantesque Protest. Pont improbable entre E.S.T., Debussy, Red Snapper , Roni Size et Innerzone Orchestra, Gogo Penguin cristallise tous les fantasmes et obsessions d’une jeunesse qui n’est pas finalement aussi lointaine que la mienne …

(*): "La concision en art, est une nécessité et une élégance" - Edouard Manet


gogopenguin.co.uk/

chronique publiée le 18/02/2016


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