15/09/2019  |  5229 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 01/09/2019 à 18:56:09
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Pierre Vide Eau (shí zhenkong shuí)

ICSIS
Dur et Doux/Atypeek Music - 03 Juin 2016

Formé en 2006, ICSIS trouve sa forme définitive en 2009, à savoir un trio décomplexé qui explore le « bruit blanc » avec sueur et jouissance. Menée par la voix habitée de Jessica Martin Maresco (ex MeiTei Sho, le Spang, Op.Cit), la musique d’ICSIS est comme un laboratoire où tout peut arriver. Il suffit qu’un flacon se renverse, pour qu’une fusion chimique ou une fumée se propage pour créer une nouvelle formule, un nouveau matériau. Quelque part entre Sonic Youth (du début), Dust Devils, Ut, Band Of Susans et Deerhoof, les expériences sonores d’ICSIS nous portent très haut dans la noise, le free et la no-wave avec agilité, tel un pois sauteur.
Après avoir sorti en 2013 l’album Fuckiss, voici avec Pierre Vide Eau leur 2ème album assez tourmenté. Dans la bio pour présenter le concept du nouvel album, voici ce qui est écrit : « L’album- Pierre Vide Eau (shí zhenkong shuí) - est une œuvre initiatique racontée en chinois et en anglais, débutant dans la matière noire du cosmos, générant la naissance de toute forme de vie, où les principes énergétiques sont sublimés par la grue, le tigre, le léopard, le serpent, le dragon, et se concluant par l’expérience de l’au-delà ». Nous voilà bien avancé ! Pour illustrer, rendre « vivant » tout ce bestiaire, les trois musiciens, tel un compositeur de BO de film, nous entraînent dans une fresque sonore (et musicale !) qui mélange plusieurs ambiances, plusieurs états. Noise et expérimental free certes, mais aussi méditation, transe et le tout pour un rendu homogène qui enivre notre cerveau. On n’est pas dans le zapping sonore, mais bien une construction à étages. Après le passage en laboratoire, la finition se passe en union pour rendre une copie sonore alléchante. La guitare de Francis Mignot est à l’honneur avec le jeu des cordes qui glissent, couinent et frappent, les chants féminins et masculins se complètent, se croisent, se répondent et la batterie de Guilhem Meier relie l’ensemble avec un fil de fer barbelé, histoire de piquer l’oreille. Le résultat donne un album à la fois complexe et direct, qui ravira les amateurs de noise, no-wave, indus avec une touche de métal, de folie et de musiques libres et éclatées. Ouvrez bien vos oreilles !

ICSIS seront en concert le 16 juin à Caen à L'Etourneur, le 17 juin à Bourges à la Cave 40 et le 18 juin au Périscope à Lyon.


icsis.bandcamp.com/
duretdoux.com/
atypeekmusic.com/Atypeek_Music.html

chronique publiée le 15/06/2016


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