21/11/2017  |  4911 chroniques, 162 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 20/11/2017 à 16:13:07
    webzine
    recherche
    newsletter
    liens
    proposer
    chronique disque
Baphomet

Norma Loy
Unknown Pleasures Records - 06 Juin 2016

Toujours debout, tel pourrait être le slogan de Norma Loy. Formé à Dijon en 1981 (déjà 35 ans !), Norma Loy nous prouve avec son nouvel album, qu’ils sont « encore » bien vivants. Non, ils n’étaient pas le 13 novembre au Bataclan, par contre cette date laisse des séquelles, d’où le morceau 13 Novembre avec ses mots (écrits trois jours après les attentats) qui résonnent dans notre tête : « Si tu descends dans la rue/La rue est rouge, rouge sang (…)-Ta belle amie, ton bel amant/Plus rien ne bouge ». Oui, en 2016 Chelsea (voix, effets) et Usher (synthé, piano, samples) ont encore beaucoup de choses dans le ventre à nous offrir, ils sont plus que jamais très inspirés, il n’y a rien à jeter dans les 14 titres de l’album. Dans le style cold, électro indus et dark folk, à l’atmosphère surréaliste en copie noir et blanc, la musique de Norma Loy est flamboyante. A commencer par le son qui est ENORME. L’album a été mixé à Bruxelles par Paul Fiction qui a su donner de la puissance et de la poésie au son urbain et métallique du duo. Si le précédent album Un/Real, date de 2009, ce nouveau bébé à certes germé pendant 6 ans, mais une partie de l’album a été conçu dans les grandes lignes en deux week-ends. La finition, l’assemblage s’est fait en home studio, par échanges internet.
Pour la première fois il y a des textes originaux en français (L’Homme à la moto, sorti en 1988, était une reprise), et cela leur colle bien à la peau. Exercice notamment réussi sur le titre Je me rappelle, qui mixe le principe du texte Je me souviens de Georges Perec et la musique d’I Remember de Suicide, un des groupes préférés de Norma Loy. Le son de Suicide et la voix d’Alan Vega que l’on retrouve justement en filigrane sur la belle reprise Blue Moon, un titre de Richard Rodgers/Lorenz Hart qui date de 1934 et repris en 1956 par Elvis Presley. De part la durée de l’album, plus de 68 minutes, il y a pas mal d’espace pour varier les ambiances. Electro Indus certes, mais aussi de la mélancolie, de la grisaille, des fleurs desséchées, du cabaret (sans Voltaire) et bien sûr du rock, la musique fondatrice de Norma Loy, quand ils s’appelaient encore Metal Radiant.
Sur Baphomet, le temps à son importance. On n’est pas dans l’urgence du quotidien, à essayer de ne pas rater le métro qui entre en quai. Non, ici le quai « des brumes », nous porte à la mélancolie, au repos, à l’écoute. Il vous faudra justement de nombreuses écoutes pour percer les fondements de Baphomet. Enfin, un mot sur le titre de l’album, Baphomet qui peut leur prêter à un goût malsain pour le satanisme. Avec Norma Loy, il n’en est rien, le texte du morceau Baphomet Sunrice vient d’un rêve de Chelsea. Son rêve a pris la forme d’une chanson qui parle du monde dans lequel nous vivons, mais pour « encore » combien de temps ? Vu la folie des hommes, seul les vers de terre auront le dernier pouvoir d’extermination!

Chronique de l’album Un/Real ici




hivmusic1.bandcamp.com/album/baphomet-cult-post-punk-upr-046-compact-disc
normaloy.net/
fr-fr.facebook.com/NormaLoyOfficiel/posts/232665230440871

chronique publiée le 21/06/2016


    foutraque
      
      
l'association  |  devenir partenaire