16/09/2019  |  5229 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 01/09/2019 à 18:56:09
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Think tank

Blur
Food / EMI - 2003

Ne tirez pas sur l’ambulance !

Après un accouchement difficile, le petit dernier de Damon Albarn (peut-on encore parler de groupe après le départ de Graham Coxon ?), se porte à merveille, merci pour lui.
Dans la droite lignée des expérimentations cartoonesques Gorillaz, qui ont sans doûte provoqué jalousies et rancoeurs dans l’un des couples les plus inventifs de la brit-pop circa 90’s, l'album Think tank, qui a vu se succéder à son chevet bien des producteurs (notamment Ben Hillier et Norman Cook, aka Fatboy Slim) va désarçonner bien des admirateurs d’une des plus fantasques vedettes du NME.

Et c’est tant mieux : même si l'on était pour le moins dubitatifs sur l’opportunité d’une nouvelle livrée d’une formation qui, comme beaucoup, tirait sa quintessence de l’éternelle rivalité entre deux egos démesurés, on sort ici complètement du cadre propret de certaines de leurs précédentes livraisons et du maniérisme désuet qui avaient fini par lasser.

C’est souvent sale, crade, tordu et Albarn, ce fieffé énergumène, nous balade à loisir dans les méandres d’une inspiration rarement prise à défaut : ça donne des beats imparables que soutient une guitare familière et inspirée (Coxon sur l'increvable Battery in your leg), un solo de sax monumental de Mike Smith sur Jets, qu’il a d'ailleurs co-écrit, une sorte de suite à l’explosive Song 2, Crazy beats, où vocalise ET (à moins que ce ne soit la créature de Roswell ?), un hymne punko-orientalisant, We've got a file on you, expéditif, quand Out of time, choisi comme premier single, permet à Albarn de roucouler et de s’attirer ainsi les grâces de la gent féminine.

Cet album sent malgré tout le suicide commercial à plein nez et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’interdiction du clip d’Out of time, sur certains networks, ne va pas arranger les choses. Utilisant des images tirées d’un documentaire de la BBC, il met en scène une femme militaire sur un porte-avions américain, séparée des siens et illustre, selon le réalisateur John Hardwick, les thèmes véhiculés par la chanson, à savoir la distance et la perte.
Une preuve de plus de l’engagement anti-guerre de Damon, particulièrement actif ces dernières semaines outre-manche : ce n’est pas le sombre dessin qui illustre la pochette de cet album mature, très loin de l’insouciance des débuts, qui laissera supposer le contraire.


www.blur.co.uk/

chronique publiée le 03/04/2003


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