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Blue Album

Orbital
Orbital Music Records - 21 juin 2004

En orbite.
C'est avec peine que l'on apprenait il y a peu la fin de ce duo mythique, qui a marqué les esprits et les années 90 avec ses prestations live démentielles aux quatre coins de l’Europe. Des campagnes anglaises à la première Boréalis dans les Arènes de Nîmes, en passant par le chaudron de Benicàssim, Orbital a rassemblé les foules au son de sa techno planante et « intelligente ». Avant de connaître les joies de la paternité, les frères Hartnoll ont longtemps joué les apprentis sorciers pour le bonheur de milliers de ravers. Après la dissolution des talentueux Leftfield, c’est une autre page de la dance music britannique qui se tourne…

Faisant suite à la bande originale du film Octane (passé complètement inaperçu en France), et au sous-estimé The Altogether, sorti en 2001, les faux jumeaux Paul et Phil, pionniers de la techno d'outre-Manche avec 808 State et LFO, reviennent une dernière fois sur le devant de la scène. Les auteurs du séminal Chime (1990 / FFRR) livrent d’entrée sur ce Blue Album, un premier morceau très Philip Glass (Transient), avant de retourner à leurs premières amours, celles qui ont fait leur succès depuis 15 ans, une acid house rétro, portée par de longues mélodies synthétiques et ponctuée de breaks électro (Pants). Un son très old-school qui pourrait préfigurer (on ne l’espère pas) un retour à la trance des années 92/93 (les labels Eye Q, LSG, Harthouse, Fnac Music Dance Division, etc.).

Ambiance rave sur Tunnel Vision, discours théologique et rythmiques imparables sur l’extatique You Lot, revival acid de rigueur avec le bien nommé Acid Pants, en compagnie des frères Mael (alias Sparks) - titre agressif que n’aurait pas renié Green Velvet ou les Chemical Brothers - le talent de Orbital parvient également à s’exprimer de manière convaincante sur Bath Time (spéciale dédicace à Stripoche), où l’on imagine ces jeunes pères donner le bain à leurs enfants sur fond de techno naïve. Une bonne manière d’initier les plus jeunes à la musique (électronique), en alliant mélodies guillerettes à la Jacno (Rectangle) et sons vaporeux à la Howie B. (Music for Babies).

Reproduite sur Easy Serv, l’électronique easy-listening de la fratrie n’est pas systématiquement au top, et l’on préfèrera de loin les ambiances sombres et complexes de leur album le plus expérimental à ce jour, In Sides. Alison Goldfrapp, présente sur les très bons Snivilisation et The Middle of Nowhere, laisse ici la place à Lisa Gerrard (ex-Dead Can Dance), pour un One Perfect Sunrise un tantinet longuet, qui mêle breakbeats, chant ethno-lyrique et world music, un peu à la manière de Dreadzone. Le signe d’un nouveau départ ? L’avenir nous le dira…

Orbital est mort, vive Orbital !


www.loopz.co.uk


chronique publiée le 04/07/2004


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