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Junk Magic

Craig Taborn
Thirsty Ear - 14 juin 2004

Craig Taborn est surtout connu pour avoir tenu les claviers du projet jazz de Carl Craig, Innerzone Orchestra. Mais avant d’expérimenter les sons, ce trentenaire originaire de Minneapolis a fait ses armes au sein du James Carter Quartet et du Art Ensemble of Chicago. A 12 ans, il s’est mis à apprendre en même temps le piano classique et les claviers (ses parents lui ont même offert un Moog).

Accompagné ici de Aaron Stewart au saxophone ténor, de Mat Maneri au violon et de David King à la batterie, Craig Taborn brouille les pistes avec un premier morceau intrigant et spatial, digne de Sun Ra (l’éponyme Junk Magic, aux aigus proches d’un acouphène). Vient ensuite le temps de la dissonance et du free jazz, sur le bouillonnant Mystero, se rapprochant de cette fusion si chère à Miles Davis. Mais c’est le violon et non la trompette qui mène l’auditeur, comme sur le diluvien The Golden Age.

On n’est pas loin de la musique contemporaine moyenâgeuse de Moondog sur le calme Shining Through, mais c’est bien le calme avant la tempête (Prismatica, Bodies at rest and in motion) qui caractérise ce troisième album du musicien américain. N’hésitant pas à marier l’héritage électrique des années 70 aux méthodes du sampling, Craig Taborn pousse le jazz dans ses retranchements pour mieux en extraire la substantifique moelle. Une union pluvieuse mais heureuse…

Junk Magic est un voyage à travers les sons, une ode aux sens. Si loin des modes mais tellement actuel.


www.thirstyear.com/


chronique publiée le 14/07/2004


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