19/10/2019  |  5245 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 16/10/2019 à 17:52:45
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Xème Festival Internacional de Benicàssim - vendredi 6 août

2004

Kraftwerk, Pet Shop Boys, Tindersticks, The Charlatans, Air, Märtini Brös, Steve Bug, Kings of Leon, Snow Patrol, Einstürzende Neubauten, Lali Puna, Her Space Holiday, Nuit Bpitch Control...

Benicàssim (Costa Azahar) (Espagne)
Vendredi. Enfin, le site du festival déployait ses ailes, proposant dès le premier soir un morceau de choix : Kraftwerk, groupe majeur déjà aperçu en mars au Grand Rex.

Impeccables derrière leur pupitres, dans leurs beaux costumes cintrés, les 4 musiciens allemands ont délivré une performance (peut-on parler de concert à leur sujet ?) qui fera certainement date dans l'histoire du FIB, récompensant ainsi le travail de programmateurs qui se battaient depuis des années pour les avoir. Dès Man Machine, jusqu'à The Robots (sur lequel ils sont remplacés physiquement par 4 automates), en passant par Radioactivity (et sa juste réflexion sur le nucléaire, quelques jours à peine avant un nouvel incident dans la centrale de Mihama), Tour de France, Aerodynamik, (impossible de citer ici tous les chefs-d'œuvre de ces pionniers des musiques électroniques...), on entre dans un univers bien à part, qui doit aussi pour beaucoup aux incroyables projections de l'arrière-scène, illuminant une Escenario verde pour une fois privée de ses écrans géants, génialement débranchés.
Les musiciens s'en vont un par un, au bout d'une heure, sur des solos de laptop : on aurait tant aimé que le dernier titre, justement intitulé Music Non Stop, n'en finisse jamais !

Mythique et autrement plus convaincant que la voix nasillarde de Neil Tennant (50 ans), le leader des Pet Shop Boys, et les beats d’un autre âge de son comparse Chris Lowe. No comment.

On préfèrera la pop indé des valeureux Charlatans, toujours portée par la voix aux accents très mancuniens de Tim Burgess, plus à l’aise à la fin du set, porté peut-être par le classique The Only One I Know.

Juste avant eux, les Tindersticks, comme toujours emmenés par un impeccable Stuart Staples, se produisaient devant une assemblée clairsemée, indigne de leur talent. Sa voix profonde, la finesse des arrangements proposés et un répertoire sans fausse note auraient sans doute mérité une bien meilleure exposition...

Bien plus tôt dans la journée, sur la scène Fiberfib.com, on se laissait porter sans crainte par le rock minimaliste des Kings Of Leon, fratrie héritière du Creedence Clearwater Revival, dont le show n’a laissé personne indifférent. Contents d’être là, les jeunes américains de Nashville, auteurs de l’excellent Red Morning Light.
Tout comme les écossais de Snow Patrol, acclamés par une cohorte de supporters avinés, ravis de pouvoir reprendre en choeur les tubes rock FM de leurs petits protégés. Un nouveau Coldplay ?

Un peu plus tard, sous le même chapiteau, les frenchies Nicolas Godin et Jean-Benoît Dunckel comblaient les amateurs de mélodies évanescentes, avec un condensé des quatre albums à succès de Air, Moon Safari, The Virgin Suicides, 10 000 Hz Legend et Talkie Walkie. Les intros de Cherry Blossom Girl et surtout Playground Love provoquant même des hourras de satisfaction chez les jeunes espagnols, public majoritaire du duo versaillais. Un beau moment d’intimité résumé par Nicolas : « Il n’y a qu’un langage, le langage de l’amour… ».

Un concert qui allait éclipser celui de Lali Puna, formation allemande pourtant essentielle dans le paysage électronique actuel, Valerie Trebeljahr devant se résoudre à jouer sans son clavier. Don’t Think, disait-elle... Problèmes techniques que n'aura pas connu, fort heureusement, Marc Bianchi, le leader de Her Space Holiday, impeccable juste avant dans ce même FIB Club, proposant notamment de jolies relectures de The Young Machines, son album sorti l'an dernier.

On devait également succomber devant la prestation extraordinaire de Einstürzende Neubauten, dont la musique (inquiétante), si elle est loin d’avoir la même emprise sur les filles que le rock de Franz Ferdinand, possède néanmoins une intensité dramatique qui contraste avec bon nombre de jeunes groupes. Un son expérimental entre indus et EBM, porté par les textes tranchants et incisifs de Blixa Bargeld. La curiosité du festival.

Pendant ce temps, Air laissait la place aux trublions Märtini Brös, dont la loufoquerie fait irrémédiablement penser à Artist Unknown, à l’affiche dans le même chapiteau deux ans auparavant. Leur électro-pop décomplexée allait préparer le terrain au Hammond Inferno puis au boss du label Poker Flat, la pile électrique Steve Bug, auteur avec DJ T. du très réussi et toujours actuel Monsterbaze.
Un mix énergique (il faut le voir bouger derrière ses platines) et fidèle à ses propres productions, réalisé apparemment à l’aide du logiciel Final Scratch, qui fait de plus en plus d’adeptes chez les professionnels du djing car permettant de mixer des fichiers MP3 avec de véritables platines vinyle.

Cette nuit très électro ne pouvait que se terminer par une soirée spéciale Bpitch Control, le label de la talentueuse Ellen Allien.
Aux commandes comme lors de Villette Numérique à Paris, Sascha Funke ne tardait pas à chauffer le dancefloor pour sa patronne, à l’aide de galettes électro-house rythmées. Une aubaine pour la berlinoise, qui devait une nouvelle fois convaincre les réfractaires avec un mix intelligent et cultivé, faisant le pont entre d’obscurs tracks des années 80 et les dernières prods de son label, jonglant entre beats techno incisifs, breaks électro dévastateurs et sons acid « vrille-neurones ». Une démonstration de force de la part de cette trentenaire toujours aussi affûtée.
Auparavant, Smash TV démontrait que ses deux albums Electrified et Bits for Breakfast n’étaient pas le fruit du hasard, proposant un live intéressant et original.
Kiki (malheureusement en DJ set), achèverait plus tard les acharnés par un set électro-techno teinté nineties, à l’image de sa tuerie Atomic.
Berlin is in da House !

Ecrit en collaboration avec Jérôme Crépieux.

La suite ici.


www.fiberfib.com/


auteur : Geoff -
chronique publiée le 19/08/2004

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