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Xème Festival Internacional de Benicàssim - samedi 7 août

2004

Lou Reed, Morrissey, Primal Scream, Los Planetas, Belle & Sebastian, Scissor Sisters, Luciano, FC Kahuna, Teenage Fanclub, Yann Tiersen, Migala, Electrelane, Tujiko Noriko, Nuit Kompakt...

Benicàssim (Costa Azahar) (Espagne)
Malgré le déficit en sommeil, cette soirée du samedi devait être mémorable.
Lou Reed en personne, malgré ses 62 ans, viendrait illuminer la nuit étoilée de Benicàssim avec ses compositions intemporelles. Dieu que cette affiche avait de la gueule, malgré le désistement à la dernière minute de Morrissey...

L’ex-mentor du mythique Velvet Underground, n’allait gâcher en rien notre plaisir d’écouter live les classiques Sweet Jane, Satellite of Love ou Walk on the Wild Side. Une présence animale et un rôle de chef d’orchestre parfaitement maîtrisé pour mener à bien une mission qui pouvait sembler inutile, mais ô combien importante aux yeux des fans du poète américain. Le très long solo de violon sur Venus in Furs devait d’ailleurs constituer l’un des grands moments du FIB 2004, faisant montre du psychédélisme et de la noirceur de la musique de Louis Firbank.

Juste après l’américain, les écossais de Belle & Sebastian se chargeaient de consoler les fans de la Diva Morrissey, en reprenant magnifiquement The Boy With The Thorn On His Side des Smiths.
Plus en forme qu'en 2002, le groupe emmené par un Stuart Murdoch des grands soirs embrasait la foule amassée devant l'Escenario Verde, généralement friande de pop guillerette et légère, jouant des titres extraits de tout son répertoire, mais privilégiant toutefois ceux issus de Dear Catastrophe Waitress, actualité oblige. Un très beau succès qu'essaiera d'égaler, après Los Planetas - jouant en terrain conquis -, Primal Scream, dans un tout autre registre.

Le groupe arrive habillé tout de blanc (en dehors, bien entendu, de Bobby Gillespie !) façon Orange Mécanique. Apparat qui leur va à merveille puisque ces véritables terroristes sonores (des vrais dingues !) réussissent l’adéquation parfaite entre le punk et la musique électronique. Un concert dantesque, rock’n’roll dans le sens noble du terme, avec un Bobby Gillespie qui s’époumone sur le parterre de la scène pour revisiter les 2 derniers albums, mais aussi Screamadelica ou son tube stonien Rocks (entrecoupé avec Rebel Rebel de David Bowie). Pour certains LE concert du festival.

Sur la scène Fiberfib.com, on se réjouissait en début de soirée, après des Teenage Fanclub enthousiasmants (qu'il est bon de réentendre des titres de Grand Prix, leur chef-d'oeuvre !), de la fraîcheur du show des Scissor Sisters, les deux principaux protagonistes mimant pour le plus grand plaisir des festivaliers présents une scène de tauromachie burlesque. Laura mais surtout Comfortably Numb allaient soulever un immense enthousiasme dans le public (enthousiasme récompensé par le striptease intégral de Jake Shears), et lancer parfaitement le show de Soulwax, qui devait quant à lui connaître de gros problèmes techniques. Les chansons de leur futur album Any Minute Now ne recueillant d’ailleurs que peu d’applaudissements contrairement aux titres plus anciens… A revoir, donc.

La sauce allait prendre plus rapidement, malgré un chapiteau Hellomoto vidé, grâce au live rôdé du suisso-chilien Luciano aux sonorités électroniques, minimales, mais jamais chiantes. Un bel exemple, suivi d’un mix débridé du duo FC Kahuna.

Dans le FIB Club, Migala nous présentait son excellent dernier album, La increíble aventura. Un album plus rock, plus instrumental. Fort de ses 8 membres sur scène (dont 4 guitaristes (avec Nacho Vegas)), le groupe créera une ambiance sonore favorable à l'évasion, comme ces échappées sauvages de cowboys présentes sur les magnifiques vidéos projetées sous le chapiteau.

Malgré une actualité peu chargée, Yann Tiersen, soutenu par quelques bretons, véritables attractions du FIB 2004 (avec leur drapeau Gwenn ha Du flottant au vent et leur poupon - en plastoc - brandi à tout bout de champ devant les caméras), était invité à jouer pour cette édition anniversaire. Il devait remporter un très beau succès, dans une formation resserrée (trio), remplissant sans mal le FIB Club, qui lui fit une ovation à l'écoute de très nombreuses chansons tirées de la bande originale d'Amélie Poulain.

Plus tard, le groupe Electrelane, délivrait une musique impressionnante, à l’image de son album The Power Out produit par Steve Albini. Puissant, original et furieusement rock. Une révélation !

Les guitares acérées des quatre filles de Brighton allaient rapidement laisser la place aux machines bien huilées de la nuit Kompakt, label de Cologne qui excelle dans la house minimale et la techno-pop : Superpitcher, auteur d’un album encensé (Here Comes Love), le DJ et remixeur Tobias Thomas, ainsi que les live de Reinhard Voigt (petit frère de Mike Ink) et de l’excellent Thomas Fehlmann, pionnier de l’électro allemande (Palais Schaumburg, The Orb, 3MB).

Dans le chill out, on découvrait avec émerveillement la musique très intimiste de Tujiko Noriko, lors d’une nuit consacrée au label Mego. Sans conteste la Björk japonaise. Intrigant et enjôleur.

Ecrit en collaboration avec Jérôme Crépieux et Nicovara.

La suite ici.




www.fiberfib.com/

auteur : Geoff -
chronique publiée le 21/08/2004

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