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Festival de Sédières - mardi 27 juillet

2004

Daniel Darc, Cali, Florent Marchet, Certal

Sédières (France)

du : 21
au : 27 juillet
Après six jours de festival, la soirée « chanson » clôturait une programmation « musiques actuelles » aussi fournie que réussie au Château de Sédières… L’édition 2004 du festival ne donne qu’une seule envie : revenir l’année prochaine en encourageant le plus de monde possible à faire de même.

La soirée débute tambour battant avec le mélange « couillu » entre chanson, rock et électro proposé par Certal, un jeune chanteur venant de Loire Atlantique. Se présentant sur scène en solo avec sa guitare et son sampler, il occupe parfaitement le terrain acoustique avec une voix puissante, mais parfois trop marquée « chanson rétro ». Quoi qu’il en soit, globalement ses morceaux marchent et le public apprécie… C’est au moment où on remarque une filiation avec Bertrand Cantat et Noir Désir que Certal se lance dans une reprise des Ecorchés, un des titres emblématiques du groupe bordelais. « Je l’ai jouée une fois et des gens m’ont dit : t’as pas honte ? Depuis, je la joue à chaque concert… » Il a raison. Certal propose une musique qui n’a rien de révolutionnaire mais qui permet de passer un moment simplement fort.

Peu après, Florent Marchet a fait très bonne impression avec un concert mettant bien en valeur ses morceaux bien écrits, ses textes malins et sa voix malicieuse. Parfaitement épaulé par un deuxième guitariste aux interventions tombant toujours à point et un ingénieur du son parfait, Florent Marchet a pu recueillir les suffrages d’un public rapidement conquis par sa musique et ses interventions drolatiques entre les chansons. Même s’il a grandi en écoutant les Forbans (c’est lui qui le dit !), on décèle plutôt dans ses compositions l’influence de Dominique A, jusque dans la manière de chanter parfois. Un peu plus tard, Florent Marchet adopte un ton évoquant de manière surprenante Albin de La Simone ou -M-… A revoir très vite !

Même si la pluie ne tombe pas sur Sédières, Daniel Darc semble moins en forme qu’aux Eurockéennes de Belfort , où il avait joué avec un soleil couchant du meilleur effet devant une plage entièrement acquise à sa cause… En Corrèze, la majorité des gens se sont déplacés pour le chanteur catalan Cali, désormais superstar incontournable de tous les festivals. Ne se sentant pas soutenu comme il le mériterait, Daniel Darc peine à se décontracter et à se lâcher, toutefois ses chansons sont toujours aussi bouleversantes, sa voix est plus que jamais touchante et ses musiciens sont, une fois encore, irréprochables… Que les fans de Cali ne soient pas enthousiasmés par ce spectacle et ces chansons, pourtant d’une qualité peu commune, n’est finalement ni surprenant ni gênant ; ils trouvent leur bonheur dans les gesticulations continuelles de l’ex rugbyman devenu chanteur à succès (mais sans sobriété), c’est leur droit le plus strict ! Pourtant, quand on compare les sets de messieurs Darc et Caliciuri, il n’y a pas photo ; les morceaux de Crèvecoeur, de Darc en solo (Nijinsky) et de Taxi Girl (N’importe quel soir, Cherchez le garçon, Quelqu’un comme toi) sont d’un autre niveau et joués de manière beaucoup plus sur le fil du rasoir que ceux de Cali, assez fades et consensuels pour la plupart, malgré quelques réussites. Peut-être est-ce dû à la différence d’âge et d’expérience entre les deux artistes ? En tout cas, le public - qui a toujours raison, on connaît la chanson - ne s’y trompe pas et fait un triomphe à Cali alors que plus tôt il applaudissait poliment Daniel Darc. Cherchez l’erreur…

A lire également : une interview de Daniel Darc réalisée à Sédières.


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auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 29/08/2004

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