15/09/2019  |  5229 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 01/09/2019 à 18:56:09
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Les Nuits de Villette Numérique - vendredi 24 septembre

2004

TV On The Radio, Tuxedomoon, Spektrum, Home Video, Kim Hiorthoy, Ivan Smagghe, Felix Da Housecat...

Paris, Grande Halle de la Villette (France)
La Villette organisait cette année son second festival multimédia pluridisciplinaire, et Manu Barron était de nouveau aux manettes d’une programmation rock impec', alerte et défricheuse, pour les deux soirées du vendredi et samedi. Moins axée club et techno qu’en 2002, l’année du grand retour, génial, des inoubliables Allemands de Kraftwerk, cette année 2004 était marquée du sceau de l’excellence avec les têtes d’affiche TV On The Radio et Tuxedomoon.

On peut même affirmer que le pari a été payant et entièrement réussi. Comme vous le savez, le rock, autant que la pop ou l’electro n’encourt qu’un seul risque, celui de tourner en rond ! Mais avec la diversité et la recherche musicale offertes par cette aventureuse sélection, on apprit à trouver les pépites cachées, et à apprécier des groupes encore inconnus ou tout simplement sous-estimés.

Comme tout groupe new-yorkais, TV On The Radio s’était fait désirer sur la scène principale, entamant leur magic voodoo show avec près d’une heure de retard. Mais ne soyons pas mesquin, les versions hallucinées, triturées et sacrément allumées de Dreams, Staring at the Sun, ou autres The Wrong Way furent sans aucun doute la matrice du déjà premier et meilleur concert de cette édition, nous achevant avec un Ambulance à cent à l’heure, tous riffs dehors, pour un morceau normalement délicat a capella. Ils étaient cinq sur scène, au milieu de leurs larsens et autres distorsions, sacrément complices les uns des autres, avec plus d’un sourire aux lèvres. Leur son bourdonnant enflait au fur et à mesure qu’ils nous délivraient leur noisy-funk soul généreuse et sombre. Comme si Jesus and Mary Chain avaient été noirs et appris à jouer le blues pervers des Rolling Stones circa 68-72. Ainsi que me le confirmait un voisin de fosse, ces cinq gars-là étaient bourrés d’idées sur scène, entre leur utilisation originale des pédales de distorsion, un jeu de batterie alternativement félin ou rugueux, des guitares en cavale et des versions méconnaissables donc géniales du dernier Desperate Youth, Blood Thirsty Babes. Un concert totalement terrassant, d’une énergie rare.

Puis nous quittions le hangar au décor évolutif pour une petite salle intimiste, la Salle Boris Vian, salle de cinéma réaménagée pour l’occasion, où on découvrît coup sur coup le rock lugubre et remuant de la dernière signature Warp : le trio US Home Video, et l’électro dansante, inclassable et revigorante du prodige norvégien Kim Hiorthoy.

Home Video, à l’allure, ne payait pas de mine : un gringalet, mini Ian Curtis sapé classe, en guise de chanteur, un très jeune batteur au jeu diaboliquement sec et nerveux, et un guitariste en retrait. Par contre, leur musique hypnotique, des Rapture version mollusque, mutant en magnifiques Franz Ferdinand en bien mieux, leur rock noir et urgent, répétitif ou immédiat, nous ravît les neurones et les hanches. Tout de même autrement plus glamour que les interminables jams session des imposteurs et presqu’inaudibles !!!.

Nous appréciâmes aussi le show sexy et foutrement efficace de Spektrum, délivrant une house réfrigérante mais dynamitant le dancefloor, groupe comptant parmi ses membres une chanteuse black furieuse vêtue d’une robe blanche ultra moulante aux seins magnifiques, ce qui peut aider à apprécier leur triviale vitalité.

Dans un rare moment moment de répit, on s’abandonnait avec délice à la sublime new wave sans âge et sans ride des Tuxedomoon, heureux revenants d’actualité. Ils surent nous offrir un rock froid jazzy très classieux, se laissant guider par leur piano, leur saxophone ou autres cordes. Par moment, ce fût apaisant et planant, à d’autres instants, effrayant comme la cold wave brut de décoffrage d’un Minimal Compact enragé.

Nous pousuivîmes notre odyssée avec un impeccable set d’Ivan Smagghe (Kill The DJ) puis ne fûmes plus en état de suivre grand chose et surtout pas un set téléphoné et ridicule du désespérant Felix da Housecat, ni encore moins une suprise de 5 h difficilement identifiable.

Les plus courageux ou les moins fatigués (les mêmes ?) revinrent le lendemain pour la seconde nuit du samedi.


www.villette-numerique.com/

auteur : Stanislas de Guillebon - stan@foutraque.com
chronique publiée le 27/09/2004

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