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Mo'Fo#4 - mercredi 30 juin

2004

Minor Majority, Acetate Zero, Married Monk, Temple Temple, Shannon Wright, Wilfried*, Jack Lewis

Saint-Ouen, Mains d'Oeuvres (France)
Ca y est, l'Antifolk redébarque en force à Paris, avec une sélection d'artistes du meilleur goût. L'objectif de Mains d'Oeuvres cette année a été autant de savoir se renouveler que de reconduire le succès de la précédente édition. Avec la grande nouveauté que constitue l'utilisation de deux scènes, des concerts qui s'enchaînent donc, ce tempo resserré saura bénéficier autant aux musiciens qu'aux spectateurs. Ainsi on va direct à l'essentiel, à la musique, sans fioritures.

Ce sont des norvégiens hébergés par les bordelais de Vicious Circle qui ouvrent sagement le bal, trop tôt. Le folk boisé de Minor Majority est tout de même une bonne (courte) surprise.

Les parisiens d'Acetate Zero enchaînent avec un post rock plaisant, de la pop noisy respirant entre les montées, et jouent même, configuration de la soirée oblige, sur un tempo plus rapide que d'ordinaire. Quelques touches de flûte traversière donnent un aspect planant à leur univers, surtout sur les 3 derniers morceaux.

Après des Married Monk fidèles à eux-mêmes (à vrai dire pas trop ma tasse de thé), la fulgurante bourrasque Temple Temple déboule, et les filles suent de plus en plus. Une batterie démoniaque, jouée debout par un David-Ivar Herman Düne déchaîné, deux guitares acérées et groovy en même temps. Cet énergique croisement entre le Velvet Underground, les Stooges et New Order, est sans aucun doute un des possibles futurs du rock. Ce soir le trio célèbre le rock vibrant, guitares pied au plancher, les guitares crachant des flammes et les filles en sueur. Ne pas oublier non plus l'omniprésent Neil Young au jeu des influences : effet rétroactif, entendu à peu près chez tout le monde, notamment en compagnie de la sublime Shannon Wright, seule au piano puis hystérique à l'assaut de sa guitare. D'un coup on bascule de la grâce vers la rage et la fièvre animale. Un moment magique ponctué de tressauts et d'aboiements rauques.

Quand Wilfried* présente son vrai groupe, ses comptines acoustiques prennent tout de suite une autre ampleur : en particulier, d'excellentes versions de Coccinelle, Annie et Milky Melo Man hantées par l'amour vache et triste.

Il faut au moins "Jack" Lesser Lewis pour finir en beauté cette excellente soirée. Accompagné par les Herman Düne au grand complet, le p’tit frère de Jeffrey, déjà invité en 2003, nous enchante avec son rock franc proche des gens. Entre un morceau punk, une reprise a capella, une version lo-fi, ce concert fait ressentir une vraie joie d'être là. Jack est heureux sur scène, ça se voit et ça s'entend. Un grand mec tout simplement maigre et bercé de rock et de folk, de toute cette musique qui sait donner du sens à nos existences.


www.mainsdoeuvres.org/

auteur : Stanislas de Guillebon - stan@foutraque.com
chronique publiée le 04/07/2004

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