15/10/2019  |  5244 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 14/10/2019 à 17:26:14
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Trans Musicales - Bilan

2004

Beastie Boys, Kraftwerk, Kasabian, Hot Chip, Dj Mo, Teddybeards Stockholm, The Real Tuesday Weld, Evil 9...

Rennes (France)
À chaque édition des Trans Musicales revient la même question : alors, c’est qui la révélation ? Car avec le Printemps de Bourges, le festival rennais est le seul à être avant tout destiné aux professionnels qui viennent y faire leur marché de Noël.
Pas étonnant donc que la moitié (à peine) des spectateurs paient leur billet, les autres étant invités à découvrir des artistes qui feront ensuite les affiches des autres festivals.

À ce petit jeu là, Kasabian, coqueluche du moment, est attendu. Selon les échos ramassés, « ça allait » me confie un ami. Selon les échos, car au même moment passe Kraftwerk dans le gigantesque Hall 9 (contenance : 10 000 personnes) et à vrai dire, il n’y a pas pour moi d’hésitation sur le choix à faire.
D’autant que les quatre Allemands (dont deux seulement composent le groupe depuis l’origine) ont démontré que le travail paie. De tous les concerts vus aux Trans cette année, les pionniers de l’electro techno pop offrent la meilleure définition sonore, et de loin. Voix – samplées ou ne direct – basses, nappes, rythmes et mélodies occupent tout le spectre sonore. Il faut dire que l’installation était prévue à partir de 10 h 30 le samedi matin (dont leur propre console son) et la fin des balances à… 20 h 30 ! Dix heures de travail aboutissant à un show bien huilé, à la précision d’horlogerie : hypnotique.

Mais revenons à la question : alors, cette révélation ? Des trois jours de Trans, je ne garderai que quelques noms, écartant ceux bien connus, tels les Beastie Boys qui, à vrai dire, n’ont livré qu’un set certes tout à fait correct, mais rien de plus que cela. Et un Sabotage « saboté » : quand la mayonnaise ne prend pas, rien de sert de tourner dans tous les sens. Ca ne prend pas.

Place donc aux inconnus qui méritent de ne plus l’être : jeudi, les Hot Chip. Pour ma part, il s’agit là d’une vraie révélation. Hors branchouille. Hors tendance. Hors facilité mais de plein pied dans une expression personnelle. Cela fait penser à du Schneider ou New Order revu par Prince. Electro pop funk et je ne sais quoi… On a déjà vaguement entendu mais pourtant il s’en dégage une drôle d’impression.
Cinq Londoniens écartelés entre Pet Shop Boys et Kraftwerk. Cinq machines sur leur support, dont un Casio et un Teisco. Des nappes et de mélodies qui s’enchevêtrent, se décalent, explosent ou s‘assagissent. Des musiciens qui changent de rôle. Et ce petit freluquet, coiffé d’une casquette qui lui mange le crâne et de lunettes roses en forme de coeur, assurant le chant sur la plupart des titres avec une de ces voix… Sitôt le concert fini, je fonce acheter l’album en vente au fond de la salle. Le lendemain, il aura déjà disparu des rayons. Ne restait plus qu’un maxi trois titres. Hot Chip : mon coup de cœur de ces trois jours de Trans.

Vendredi, rien…. Sinon le Malien Dj Mo, qui, sur un rythme bateau, joue en direct sur les pads d’une vieille boite à rythmes et… ça sonne terrible. Lui, pendant ce temps, siffle une bière, lance quelques samples, toujours à la main. De l’électronique artisanale comme les Dj n’osent plus en faire. A tort.

Samedi, on retiendra trois noms (allez, la maison est bien bonne !) : les Teddybeards Stockholm. Malgré un nom à coucher dehors, ces Suédois livrent un pop rock électro bien équilibré et des titres en formes de bombinettes tubesques assurées. Pas original, mais sacrément bien foutu et percutant : le hall 4 est resté comble du début à la fin. La seule fois (à ma connaissance) durant ces Trans.
Autre bonne surprise, The Real Tuesday Weld. Un Anglais romantique livre une musique lounge et jazzy, harmonique et sensible, avec une reprise de la Javanaise en langue de Shakespeare « we we were in love, until the end of… our sun. » Joli détournement. Jolie musique. Le public ne quitte plus la salle. Jolie découverte.
Et tandis que Vitalic cassait les oreilles dans le hall 9 (un set qui ne restera pas parmi les plus grands moment de ces Trans, assurément), Evil 9 (un nom à retenir) jouait devant quelques centaines de personnes seulement. Dommage, car à l’écoute d’un seul titre, ce hip-hop se fait tout autant rock et électro, dans un drôle de mélange bizarrement harmonieux, alterne les paroles rappées à celles chantées. Et là, on a vraiment envie de danser. Enfin !

Fallait pour cela attendre presque 6 heures du matin ce dimanche matin. Les oreilles en charpie.

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www.transmusicales.com

auteur : Ronan Le Monnier - ronan@foutraque.com
chronique publiée le 08/12/2004

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