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Printemps de Bourges - jeudi 21 avril

2005

The Kills

Bourges, le Palais d'Auron (France)
Rodeo town

C’est dans un Palais d’Auron chauffé à blanc, et tout acquis à leur cause, que le duo americano anglais The Kills a une nouvelle fois démontré toute l’efficacité de son furieux show punk ‘n blues déjà apprécié cet été à la Route du rock 2004 et à la Coopérative de Mai en première partie de Franz Ferdinand. La tête d’affiche de la soirée était le groupe français Luke (rires), pourtant l’accueil du très jeune public pour les Kills était celui réservé aux (vraies) stars.

Il faut dire qu’Alison Mosshart (VV) et Jamie Hince (Hotel) ne ménagent pas leur peine sur scène : ils enchaînent les titres accrocheurs (superbement cradingues) aux ambiances troubles. On a certes envie de danser, mais on reste un peu coi devant un tel déchaînement de violence guitaristique et vocale. Tel des Bonnie & Clyde modernes fascinés par les assassinats perpétrés par Audry Maupin et Florence Rey (le nom du groupe « The Kills » vient de là), Alison et Jamie jouent aux voyous sauvagement amoureux, et ils le font bien. Hotel fait mine de flinguer tout le monde avec sa guitare, VV mime admirablement la camée sur le point de faire une overdose, - elle ne pourra finir un morceau, prostrée aux pieds du micro -, et le concert se terminera par la traditionnelle baise mimée sur scène… Numéro d’acteur ou réalité ? Peu importe, le show des Kills fonctionne. Car avant de se lancer dans une tournée, le duo a pris de soin d’écrire une collection de tubes imparables pour son deuxième album, le très marquant No vow. The good ones, I hate the way you love, No vow, Rodeo town se succèdent à un rythme effréné, entrecoupés par les morceaux toujours pertinents du premier effort du groupe (Cat claw, Fuck the people etc), sorti en 2003.

« This song is for Florence Rey »

La boite à rythme métronomique, les guitares surdistordues et le chant malade (on pense fortement à Lou Reed, Nico, PJ Harvey, Courtney Love... ) des deux jusqu’au boutistes sonores font un incroyable effet, un peu comme si l’on assistait au testament musical d’un couple parti pour un rodeo meurtrier sans but précis, sans aucun sens, si ce n’est une quête nihiliste, suicidaire. La chanson Rodeo town sera d’ailleurs dédiée à Florence Rey, cette jeune femme aujourd’hui en prison pour le meurtre inexpliqué et gratuit (commis à l’âge de 19 ans, avec la complicité de son compagnon Audry Maupin, mort dans la tuerie) de quatre hommes en plein Paris. Sans glorifier ces terribles assassinats, il faut avouer que ce fait divers a de quoi interpeller à cause de la jeunesse des assassins et du manque de mobile. Le visage juvénile et hagard de la jeune femme sur les photos de l’identité judiciaire provoque une incroyable tristesse, il reste en mémoire ad vitam aeternam. Elle vient de tout perdre (son amour, sa vie) et de commettre l’inexcusable, elle semble ne pas comprendre, elle est déjà ailleurs. C’est le côté dramatiquement romantique de l’histoire qui a sans doute ému VV et Hotel, au point d’en faire une chanson magistrale, ce Rodeo town qui vous hante dès la première écoute…

The Kills seront en concert le 29 mai 2005 à Lyon, le 30 mai à Ramonville et le 2 juin à Angers.

A lire également sur le Printemps de Bourges 2005 : les chroniques des concerts de Soldout, The Craftmen Club, The BellRays + Nashville Pussy + The Ex, The National + Herman Düne, Interpol + Bloc Party + Gomm, Low + Ray Lamontagne, Nancy Sinatra + Alexandra Roos et Marianne Faithfull + Françoiz Breut...

Photo Flore-Anne Roth


www.thekills.tv
www.printemps-bourges.com


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 19/05/2005

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