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Les Effervessonne - samedi 4 juin

2005

Iggy & The Stooges

Bondoufle, Stade Robert Bobin (France)

Iggy & The Stooges forever

A peine un an après un furieux concert parisien, Iggy & The Stooges reviennent relever les compteurs du punk rock en France, avec une série de prestations scéniques lucratives dans les festivals. Le premier à avoir l’honneur d’accueillir Iggy Pop et son mythique combo est le festival Les Effervessonne, qui se déroule désormais début juin en plein air dans un stade rappelant celui de Munich (en plus petit). Après les performances de Nic Armstrong (excellent malgré la pluie, et le son… ), Piers Faccini (absolument superbe), Daniel Darc (égal à lui-même, c’est à dire très bon), Louis Bertignac (de bons moments mais assez moyen dans l’ensemble) et DJ Zebra (joli warm up juste avant la tête d’affiche), Iggy apparaît pour donner un set quasi identique à celui, mémorable, du Zénith 2004.

Voir débouler sur scène le massif guitariste Ron Asheton est un nomment d’intense bonheur renouvelé car on sait qu’il va déverser dans nos oreilles des torrents de riffs de guitare fuzz/wah wah sonnant divinement. Et le tout sans bouger d’un iota… C’est son frère, Scott Asheton qui passe derrière les fûts ; il a l’air méchant et ressemble à Neil Young mauvaise période avec ses lunettes de soleil et sa casquette à l’envers. Sur la gauche, Mike Watt est là, fidèle au poste de « nouveau » bassiste : on sait que tout va bien se passer, cet homme a foi en les Stooges… Le tapis rouge peut désormais être foulé par Iggy, son jeans taille basse, sa longue chevelure blonde… et son micro. C’est parti pour une heure cinq de bonheur stoogien. En guise de décollage, Loose déchire la sono avec une violence à peine croyable. Et l’on se dit qu’Iggy reste le plus grand chanteur de rock vivant sur la planète Terre. Quel organe ! Les cris et autres aboiements sonnent comme dans un rêve humide de fan. Sur Down on the street, l’extase n’est pas loin. Iggy & The Stooges sont en grande forme, c’est désormais une certitude. Et ce qui ne gâche rien, le son est meilleur qu’au Zénith de Paris l’année dernière. Nous sommes en plein air, le temps s’est éclairci, il fait bon et le stade Robert Bobin à Bondoufle (ce nom, quand même) est en ébullition…


Dans une ambiance de feu, Iggy sort le grand jeu : il escalade les amplis basse, puis fait mine de les prendre sauvagement. Pendant ce temps-là, Mike Watt s'agenouille à ses pieds, comme pour rendre hommage à son maître ès larsens. Plus tard, il a une envie pressante de jouer au lasso avec son micro, provoquant la surprise de Ron Asheton. Ce dernier a bien failli prendre l’objet en pleine figure ! Mais cela ne l’empêche nullement de délivrer avec une classe intacte les plans de guitare crées en 1969 et 1970 pour les deux premiers albums historiques des Stooges. La public, ravi, voit alors arriver l’hymne qui propulse au paradis : I wanna be your dog. Quel pied ! Plus lent, le titre Dirt permet, quant à lui, de se reposer - un peu - en se délectant des vociférations malsaines d’Iggy. Sur les survoltés Real cool time et No fun, comme le « protocole » le veut, la jeunesse monte sur scène se prosterner devant l’iguane, l’embrasser, chanter avec lui. Déjà dans une forme étincelante, l’infatigable quinquagénaire et ses amis se retrouvent galvanisés par ces incroyables marques d’amour (certains fans se mettent à genoux devant les musiciens pendant qu’ils jouent !).

La fin du show est donc menée tambour battant avec le renfort de l’exceptionnel Steve McKay au saxophone et aux maracas. 1970 et Fun house sont délivrés intacts ; pour un peu, on se croirait presque à Detroit il y a 35 ans… Les deux nouveaux titres des Stooges joués par la suite n’ont pas le même impact : si Skull rings reste efficace, Dead rockstar sonne assez horriblement, on dirait du hard rock FM. Mais fort heureusement, le final avec Little doll et une nouvelle version d'I wanna be your dog (avec un sax parfaitement dans le ton) emporte tout sur son passage. Après moult cris, jets de pieds de micro, cabrioles en tous genres et autres facéties hystériques, Iggy et ses acolytes quittent la scène. Et l’on se dit qu’on vient de voir pour la deuxième fois l’un des plus grands groupes de l’histoire du rock, un groupe sans aucun doute immortel. Une fois encore, Iggy & The Stooges ont offert un concert d’anthologie à leur dévoué public, chaud et enthousiaste, même si moins nombreux que prévu.

A lire également, les chroniques du nouvel album des Stooges, The Weirdness (sorti en mars 2007) et du dvd Live in Detroit.


www.iggypop.com
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auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 06/06/2005

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