03/09/2010  |  3794 chroniques, 114 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 01/09/2010 à 12:34:28
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Mo'Fo #5 - jeudi 30 juin

2005

Teenage Fanclub, The Pastels, Monade...

Saint-Ouen, Mains d'Oeuvres (France)
Glasgow l’industrielle a fait de la fabrication de groupes cultes une spécialité locale. Orange Juice, Jesus and Mary Chain, les Vaselines, Belle and Sebastian ou les Delgados, il n’y a bien que Manchester pour soutenir la comparaison. Culte sous-entend souvent rare, voire trop rare dans le cas des Teenage Fanclub et des Pastels, qui n’avaient pas pointé le bout de leurs guitares en France depuis huit ans.
Pour leur retour, ils ont choisi le Festival Mo'Fo organisé au milieu des puces de Saint-Ouen par les Herman Düne. Plus branchouille que Rock en Seine et moins à Belfort que les Eurockéennes, Mo'Fo permet à tous le Paris Indie de se claquer la bise dans une ambiance détendue autour d’une salade ou d’une tarte. Le chroniqueur toulousain se sent un peu seul comme un premier soir au Pop'in.

Officiellement, la soirée commence à 19h et d’autres groupes composent l’affiche, mais les potins s’arrêtent quand, peu avant 22 heures, Stephen McRobbie et ses Pastels font timidement leur entrée. Même adulé par Sonic Youth ou Kurt Cobain, ce discret quadragénaire a l’air aussi à l’aise face à un public – pourtant acquis à sa cause – qu’un lycéen à l’oral du Bac. Après vingt ans de carrière, les Ecossais restent des amateurs dans l’âme, malgré l’apport des potes de Teenage Fanclub, Norman Blake (guitare) et Gerard Love (basse) planqués à droite et à gauche de la scène. Accompagnés par un jeune homme à la flûte traversière, les Pastels livrent 45 trop petites minutes d’une pop enchanteresse toujours retenue. Katrina chantonne et caresse sa batterie, Stephen oublie les paroles d’une chanson et murmure parfois quelques mots entre deux titres. On regrette qu’ils ne piochent pas un morceau de leur époque plus noisy-pop.

Pourtant, la nostalgie fonctionne à plein régime. Le temps de jeter une oreille sur Monade, projet solo de Laetitia Sadier (ex-Stereolab) qu’il faut se frayer un chemin pour apercevoir les Teenage Fanclub. Pour rattraper le temps perdu, le groupe passe en revue le meilleur de sa power pop, en piochant aussi bien dans Grand Prix, Songs From Nothern Britain ou le dernier album Man-Made. Ultra-efficaces, les Ecossais font un peu toujours la même chanson. Oui, mais c’est un peu toujours un bijou. Le public en transe avancée reprend en cœur les refrains, des trentenaires risquent le claquage sur un pogo et un jeune homme termine son slam le nez dans un poteau. Qui a dit que la pop écossaise était uniquement l’affaire d’étudiants neurasthéniques ? Que rajouter, si ce n’est que Noël Gallagher a quand même prononcé une phrase sensée en interview, en disant qu’il crevait de jalousie devant le talent de ces garçons. Enfin, Norman Blake l’a assuré : il n’y aura pas huit ans à patienter avant le prochain concert français.


www.mainsdoeuvres.org
www.teenagefanclub.com

auteur : Alexandre Pedro - pedro.alexandre@wanadoo.fr
chronique publiée le 06/07/2005

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