22/11/2017  |  4911 chroniques, 162 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 20/11/2017 à 16:13:07
    webzine
    recherche
    newsletter
    liens
    proposer
    chronique festival
Jazz à Luz - samedi 9 juillet

2005

Pulcinella, Fred Frith, Chris Cutler, Tobrogoï, GIGM, Koun Koun, Abdelatef Bouzbiba, André Dion...

Luz-Saint-Sauveur (France)
Loin des grosses machines festivalières que peuvent être Marciac ou Montauban, il existe aux creux des Pyrénées un village d’irréductibles allumés qui chaque année se réunissent à Luz St Sauveur pour fêter, le temps d’une programmation surprenante et enthousiasmante, le Jazz sous toutes ses formes. Placée sous le signe des percussions et des cordes, la 15ème édition de Jazz à Luz s’ouvrit, comme à son accoutumée, par un spectacle surprenant : Essaouira Et Eclats D'ombres, entre danses contemporaines, musiques arabe et électroacoustique. Une rencontre par delà les continents, où la trame organique d’André Dion (compositions électroacoustiques) croisa le oud et le chant d’Abdelatef Bouzbiba sous fond de chorégraphies improvisées.


Essaouira Et Eclats D'ombres

Après cette étonnante entrée en matière nous nous dirigeâmes vers le Casino de Luz pour la traditionnelle ouverture du festival. Cette année point de groupe imposé ou sponsorisé, mais un coup de cœur de Jean-Pierre Layrac, directeur du festival, répondant au nom de Pulcinella. Déjà aperçu à Toulouse, Pulcinella est un quatuor féerique (saxophone, accordéon, batterie/percussions et contrebasses) sortant des sentiments maints fois rabattus. L’inventivité du saxophone de Ferdinand Doumerc, l’apport mélodique de l’accordéon et les facéties du batteur ne sont pas étrangers à cette magie qui éblouit à chaque prestation un public sans cesse plus nombreux. Et ce n’est pas celui de Luz ce soir là qui le démentira. Lors de sa première partie, le groupe entama Je Suis Dans La Déche, tandis qu’au loin l’une des machines à sous du casino vibrait au son d’un jackpot. Un étrange paradoxe, amusant, mais reflétant assez bien l’univers jazz aujourd’hui.


Pulcinella

Après la première partie de Pulcinella, le GIGM (Groupe d’Intervention du Génie Marionnettiste) fit son apparition. Inaugurant à sa manière le festival, le GIGM rendit hommage, non sans humour, à John Cage et au thème du festival. Percussions de CD d’auteurs classiques (Haydn, Schubert, Liszt), cage dorée, cordes en tous genres, le GIGM, pour sa première intervention, interloqua plus d’un spectateur médusé. S’en uivit le toujours très attendu discours d’ouverture qui fut exceptionnellement plus émouvant que politique, évoquant avec respect l’ancien maire de Luz aujourd’hui décédé.


le GIGM

Après une pause de dégustation de Madiran, nous reprîmes nos places pour voir la seconde partie de Pulcinella. Entamant Sale Gosse puis La Danse du Déhanchement des Gobelins, le groupe termina par Ultima Tango, une longue complainte métronomique à l’accordéon finissant en apothéose.

Sur la grande scène du soir, c’est Fred Frith et Chris Cutler qui inaugurèrent la thématique de cette 15ème édition. Longtemps désiré par les festivaliers tout autant que par les organisateurs, Fred Frith ne déçut pas une seule seconde. Toujours aussi novateur à la guitare, l’artiste américain distilla tout son savoir-faire au cours d’une improvisation incroyablement visuelle : cordes grattées, frappées, triturées à coup de serviettes de chaînes en métal et autres instruments métalliques. Chris Cutler fit également une grosse impression, ravissant à quelques passages la vedette à son compère. Tout aussi à l’aise derrière ses fûts que derrière ses dispositifs électroniques, le batteur déploya une vaste palette de sons tout en maintenant un rythme et une énergie incroyable. Du grand art, vivant et bouillonnant, qui se décrit plus par des émotions que par des mots.


Fred Frith

Après tant de profusions sonores, ce fut un régal que d’entendre le délire sonore des Tobrogoï. Fanfare de jazz deglingo, Tobrogoï est, avant tout, une machine à danser, un delirium ludique et jouissif, à l’image du Cachalot, titre tonitruant qui ne laisserait pas indifférent le dit animal. Parmi les autres compositions farfelues du groupe on notera la reprise du thème principal de Pulp Fiction et le très sexe Fakir (Fuck here ?!) qui nous laissa à bord d’un hélicoptère rose très haut dans le ciel de Luz.


Tobrogoï

Pour finir cette soirée, nous primes le chemin de la salle des voûtes pour y entendre un autre ovni sonore en la présence de Koun Koun. Devant la déferlante de guitares électriques que produisit le groupe, nous dûmes battre en retraite lassés et fatigués mais heureux de la journée écoulée
 

(Photos : Nicovara)


www.fredfrith.com
www.ccutler.com
www.tobrogoi.com

auteur : DrBou - drbou31@hotmail.com
chronique publiée le 19/07/2005

Partager


    foutraque
      
      
l'association  |  devenir partenaire