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Les Eurockéennes - dimanche 3 juillet

2005

Kraftwerk, Sonic Youth, Le Tigre, The Killers, TTC, Louise Attaque, Mass Hysteria...

Belfort, Presqu'île de Malsaucy (France)
Temps au beau fixe pour cette troisième journée des Eurockéennes. Et programme copieux en perspective. Avec même quelques affreux dilemmes pour cause de chevauchements : que choisir entre Tom Zé et The Killers ? Le Tigre et Andrew Bird ? Kraftwerk et Slum Village ? Röyksopp et TTC ?

Pour le match du début d’après-midi, c’est Tom Zé qui passe à la trappe. On lui préfère le rock de stade des Killers. Les Killers ? Voilà un groupe qu’on n’attendait pas sur NRJ. Pourtant, le titre Somebody Told Me est devenu un véritable tube, potentiellement chantable par des hordes d’adolescents en sueur. Et c’est bien ce qui s’est passé aux abords de la Grande Scène cet après-midi là. Les Killers ont fait juste ce qu’il fallait pour contenter un public forcément acquis. Cela étant, malgré quelques belles réussites, comme l’excellent Mr Brightside, le festivalier de plus de 18 ans s’est quelque peu ennuyé.

Le Tigre prend le relais, juste après, sous le Chapiteau. On sait que les Américaines sont capables de saborder un concert si quelque chose ne leur plaît pas. On ne sait donc pas trop à quoi s’attendre. La surprise n’en est que meilleure : Le Tigre livre un superbe concert à l’énergie jamais démentie et à la bonne humeur communicative. Aussi à l’aise dans les titres dancefloor (I’m So Excited) que dans les bombes punk (Seconds), les filles n’ont pas fait le déplacement pour rien. Nos épaules meurtries s’en souviennent encore.

Un petit tour par le gros show de la fin d’après-midi, Mass Hysteria sur la Grande Scène. Histoire de se rendre compte que ce n’est pas si nul que ce qu’on pouvait penser. Si leurs titres récents n’ont visiblement plus la vista, leurs débuts paraissent plus intéressants. De toute façon, on ne peut que remercier Mass Hysteria d’être venu. Surprise de dernière minute, ils remplacent en effet... Sum 41.

Retour au Chapiteau pour la prestation de The Bravery. Auteurs d’un premier album controversé, les New-Yorkais se prennent pour les New Order du revival rock. Une musique très dansante, donc, mais avec l’énergie des vrais rockers. Une dichotomie qui passe avec succès l’épreuve de la scène, quoique les Américains privilégient assez largement l’aspect rock. Comme des enfants gâtés du binaire, ils se lâchent complètement sur scène, sortant le grand cirque des clichés : slam dans le public, concours de crachats… Au final, une performance sans temps mort des plus agréables.

Pour cause de conférence de presse houleuse avec TTC, on rate les indispensables Sonic Youth. Revenus de ce pugilat verbal, on peut attaquer le concert dont tout le monde parle aujourd’hui, celui des Allemands réunifiés de Kraftwerk. Que peut-on sérieusement attendre d’un groupe mythique des années 70 ? Qu’il donne une leçon d’électro aux jeunes DJ’s d’aujourd’hui ? Ou qu’il joue gentiment son best of ? C’est malheureusement (ou heureusement ?) cette dernière hypothèse qui a été retenue. Les 4 Allemands se présentent sur scène parfaitement alignés et munis chacun d’un laptop posé sur une table. Dénuement parfait et ambiance post-technologique : un dispositif scénique qui rappellent leurs anciens faits d’arme. Passé le choc visuel, musicalement, c’est donc un simple best of que Kraftwerk a joué. Un peu comme quand Thierry Ardisson présente la carrière musicale d’un grand invité dans Tout Le Monde En Parle : on se tait et on écoute religieusement tous les monuments défiler les uns après les autres. En oubliant un peu qu’en anglais, concert, ça se dit « live ».

On enchaîne sur la Grande Scène avec un autre retour improbable, celui des Louise Attaque. On avait tout fait pour les oublier et bam !, ils nous reviennent en pleine face dans un festival rock. Faut dire qu’apparemment, ils sortent un nouvel album. Pour ce qu’on a en entendu, ça ne vaut rien de plus qu’avant. Sans conteste, le plus mauvais concert de la journée.

Plus assez de forces pour écouter les douceurs électroniques d’Amon Tobin. On se repose pour tenir le dernier pogo de la soirée, celui des TTC. Dans une Loggia moins remplie que prévue, pour cause d’horaire tardif, les Français ont sorti leur grand show, à la frontière entre hip-hop et dancefloor pop. Malgré un son un peu crade qui empêche de comprendre les paroles, les TTC parviennent à prouver qu’ils sont définitivement un groupe à part dans le paysage français. Si leurs chansons ne sont que des purs fantasmes (Girlfriend, Dans le Club), leurs concerts sont dans la même veine : les filles du public sont invitées à se rendre sur scène pour danser autour des 3 MC’s. Et Teki Latex, Tido et Cuizinier jouent à fond leur rôle de branleurs érotomanes, palpant à tout-va dans une ambiance survoltée. Paradoxalement, le concert le plus rock du festival.


www.eurockeennes.fr

auteur : Vincent Glad - vincent[at]foutraque.com
chronique publiée le 23/07/2005

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