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Eurockéennes de Belfort - samedi 1er juillet

2006

Depeche Mode, Morrissey, Katerine, Camille & Pascals, I Love UFO, Teitur & Orchestre, Hushpuppies

Belfort (France)

du : 30 juin
au : 2 juillet 2006

Après le feu d’artifice du premier jour et une nuit un peu courte, on se dit que la journée va être longue et rude ; il va en effet falloir choisir entre le foot (France - Brésil) et Morrissey, Camille & Pascals et Depeche Mode. Aie, aie, aie, quel choix cornélien ! Sans regrets, on rate un match mémorable pour assister à des concerts enthousiasmants, les yeux rivés sur scène en guettant les différentes annonces faites par les téléphones portables des membres du public. L’atmosphère de fête, déjà impressionnante à Belfort en temps normal, prend alors une nouvelle dimension, pour se transformer en communion totale sur la fin du set de Depeche Mode et sur la totalité du méga show de l’allumé de service, Philippe Katerine, littéralement en transe ! Et hop, voici la chronique du samedi 1er juillet 2006 aux Eurockéennes de Belfort…

Hushpuppies :

La journée démarre à fond, comme toujours avec les Hushpuppies, avec un set percutant et enthousiasmant des Perpignanais émigrés à Paris… De bons morceaux, une jolie reprise des inestimables Kinks (I’m not like everybody else), une attitude classieuse, un slam final du chanteur qui ruine sa jolie veste ceintrée et son impeccable foulard pour se donner à son public (très en joie à la fin du concert), les Hushpuppies provoquent l’hystérie générale, comme au Printemps de Bourges ! Les concerts en tête d’affiche dans les festivals ne sont plus très loin…

Teitur & Orchestre :

Malgré toute la bonne volonté du monde, et le talent de Teitur (qui avait donné un bon concert solo au festival Europavox), impossible d’apprécier la folk music du monsieur : entre les basses du sound system situé à l’entrée du site et les gueulantes risibles des charlots d'Enhancer sur la grande scène, on entend difficilement Teitur. Ou plutôt, on entend très bien ce qu’il joue mais, c’est un peu comme si sa musique intimiste était remixée façon dub/néo métal à dreadlocks, une véritable torture donc. La présence de l’Orchestre de Dole à ses côtés ajoutera encore au sentiment de gâchis…

I Love UFO :

Ce n’est pas le genre de problèmes qui risquent d’arriver aux trois Français d’I Love UFO : vu le volume sonore de leur prestation, impossible de les couvrir, sauf peut être en faisant décoller un avion juste à côté… Et encore ! L’effet que produit I Love UFO est tout simplement hallucinant ; dès les premières notes, on se laisse emporter par une déferlante de décibels vrillants. Ce divin raffut est provoqué - volontairement - par un chanteur/guitariste de feu, un bassiste ultra violent et un batteur déchaîné. On pense à Gun Club (cette voix incantatoire) jammant avec Sonic Youth (ce mur de guitare en fusion) et les Queens of The Stone Age (ces rythmiques énormes) : une sorte de rock bruitiste psychépathe. A rendre n’importe quel humain complètement maniaque. La preuve : AHHHHHHHHHHH !

Morrissey :

Changement radical d’ambiance avec le set de Morrissey, en plein jour et devant un public de fans et de curieux… Avec son gang de musiciens anglo irlandais habillés comme lors des bals donnés dans les bases américaines après la deuxième guerre mondiale, l’ex chanteur des Smiths peut crooner à loisir, cabotiner avec son micro et affoler ses admirateurs des deux sexes avec ses poses suggestives. Le Mozz chante à la perfection les morceaux les plus marquants de son répertoire, et c’est un véritable régal, tout simplement. Les titres - soigneusement - sélectionnés tiennent la route, et provoquent même des frissons de bonheur ! Ah, ces mélodies superbes, ces morceaux ensorcelants entre pop et rock… En interprétant très peu de titres de son ancien groupe, Morrissey a enchanté son auditoire.

Camille & Pascals :

Racontée en direct live par le groupe japonais Pascals et la fée chantante française Camille, l’histoire en français et en japonais de Nohara a emmené loin, très loin, des rivages habituellement fréquentés dans notre beau pays… Quand des musiciens aventureux et drôles se mettent au service d’une vocaliste complètement partie dans son monde, cela aboutit à la création d’un univers onirique, fou, naïf et rafraîchissant. Ce spectacle mériterait de tourner en France et à l’étranger.

Depeche Mode :

Pendant que certains regardent la deuxième mi temps de France - Brésil, la majorité des festivaliers réunis à Belfort tient à assister au méga show des Anglais de Depeche Mode. Scénographie futuriste, vidéos torturées, look gohiques, Dave Gahan, Martin Gore et Andy Fletcher (accompagnés par un batteur et un pianiste) ont sorti le grand jeu et l’artillerie lourde. L’electro pop de DM est en effet plus musclée en live, et c’est une très bonne chose : les morceaux mémorables de la discographie du groupe (entrecoupés des sympathiques clones du dernier album) n’en ont que plus d’impact ! La voix puissante et marquante de Dave Gahan fait merveille ; les chœurs et les interventions guitaristiques de Martin Gore font un effet considérable ; pendant ce temps-là, Andy Fletcher envoie des bidouillages électroniques qui sont sa marque de fabrique ; et les musiciens additionnels font leur boulot comme il faut. Malgré le côté archi pro et réglé au millimètre, le show de Depeche Mode fonctionne à plein régime. On regrettera seulement les interventions incessantes de Mr. Gahan pour haranguer le public (déjà à fond !), le morceau dispensable de Martin Gore joué avec le groupe, mais, à part cela, le best of DM présenté sur scène nous a ravi. A l’heure actuelle, qui d’autre peut se permettre d’enchaîner autant de tubes aussi populaires qu’artistiquement réussis (Enjoy the silence, Shake the disease, Never let me down agin, Behind the wheel, Personal Jesus etc etc. ) une heure et demie durant ? Pas grand monde. Un large sourire aux lèvres (l’ambiance est ultra festive et triomphale pour Depeche mode), Dave Gahan conclut en hurlant « Vive la France et Allez les bleus ! », saluant ainsi la victoire de la France sur le Brésil. Une bien belle journée donc ce 1er juillet !

Katerine :

Et ce n’est pas Katerine et ses acolytes rebaptisés Les Raymond Domenech qui vont gâché la fête ! Comme à Rennes, Bourges et Clermont-Ferrand, la troupe branché sur le 220 volts a propulsé le chapiteau (plein à craquer!) dans la stratosphère, avec ses tubes funky punk irrésistibles. Comme le dit l’ami Philippe, « on est tous des Thierry Henry, répétez après moi : on est tous des Willy Sagnol, répétez après moi : on est tous des imbéciles ! » Certes, mais des imbéciles incroyablement heureux… Grâce au show aussi improbable que puissant de cette bande de fous furieux, boosté par des guitares en furie et des improvisations drolatiques (comme un morceau inédit intitulé « Et 1, et 1 et 1 - 0 ! »). Du grand art, ce concert de Katerine. Celui qui s’emmerde en présence de ce gars-là s’ennuiera toute sa vie… C’est sûr à 100% !

A lire également, la chronique de la journée du dimanche 2 juillet.

Site Internet : www.eurockeennes.fr.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 12/07/2006

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