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Jazz à Luz - lundi 10 juillet

2006

69 Sex Tet, La Face Cachée des Sous-Bois, Ambitronix, Herb Robertson...

Luz Saint Sauveur (France)

du : samedi 8 juillet
au : mardi 11 juillet
Troisième jour de festival et déjà le dernier pour nous... Même si nous aurions bien voulu rester jusqu'au mardi soir, nous fûmes contraints de partir précipitamment et contre notre volonté, bien entendu... En tout cas, non sans avoir profité au maximum de cette journée. Elle commença d'ailleurs de fort belle manière en faisant notre petit marché. Et oui pour la petite histoire, le marché de Luz est le lundi et il est parfois déconcertant de rencontrer plus de monde ce jour là que tout le week-end réuni. Bref, après un repas teinté de formages et de saucissons du terroir, nous nous mîmes en route, direction le Café du Centre, le café le plus révolutionnaire de Luz car bourré d'effigies du Che et où se trouve le plus petit babyfoot du monde à quatre cannes (milieu et goal). Accompagné d'un petit soda (pour cause de fortes chaleurs) nous écoutâmes l'une des deux conférences du festival qui fut consacrée à la thématique du souffle. Cette année Jean-Paul Ricard nous gratifia d'un blind-test corsé autour du souffle faisant intervenir à la fois musiciens et festivaliers. Autour d'écoutes cachées et souvent ardues à découvrir, les musiciens exprimèrent leurs impressions et leurs sentiments sur les extraits choisis, passant de Louis Armstrong à Count Basie, de Cecil Taylor à Lester Young. Heureusement pour notre honneur de mélomanes novices, la Foutraque Team (merci Nicovara) réussit, in extremis, à découvrir le dernier morceau de cette conférence (Patty Watters), non sans mal d'ailleurs...

Suite à cette plaisante écoute, nous réussîmes à prendre en aparté Jean-Pierre Layrac président du festival pour une petite interview... Après celle-ci, nous prîmes la grande décision d'aller voir l'exposition des dessins de Claude Nougaro Et Me Voici aux Thermes de Luz, en oubliant fortement la température extérieure et la distance à parcourir. Donc ce fut dégoulinants de sueur et complètement extenués que nous arrivâmes aux Thermes. Le temps d'enfiler de jolis chaussons bleus et nous pûmes entrer au coeur de l'exposition. Etrange lieu d'ailleurs puisque la rétrospective des dessins du chanteur s'étendait au centre d'une grande pièce de marbre gris qui tenait plus du tombeau que de la salle d'exposition. Malgré cela l'exposition mettait en lumière les dessins/croquis/brouillons réalisés par le chanteur toulousain vers la fin de sa vie. Fortement inspiré par Cocteau, ces derniers témoignaient de bien des obsessions de son créateur entre vieillesse pesante et femmes entêtantes... Pour ma part seuls quelques dessins au fusain attirèrent mon attention ainsi qu'une très belle citation (alors que d'habitude je n'aime pas çà) : Se jeter à l’eau, la poésie c’est se jeter à l’eau, se noyer s’il le faut pour respirer la vie.
Après ce petit périple thermal, nous rejoignîmes la maison de la vallée pour un concert qui ne manqua pas de souffle. Au rendez-vous de cette nouvelle découverte musicale, trois musiciens (Herb Robertson, Frank Gratkowski, Mathias Schubert) et tout autant d'instruments à vents : trompettes, saxophones, clarinettes. Variant les ambiances, les trois musiciens offrirent un spectacle surprenant avec quelques incroyables moments comme celui ou les saxophones se livrèrent un duel d’improvisation sous le regard arbitraire de la trompette de Herb. Il fut aussi question de mime, d’eau dans la trompette et d’une kyrielle de sourdines pour un résultat par toujours convaincant mais surprenant à coup sûr.
A-bout-de-souffle2

Herb Robertson, Frank Gratkowski, Mathias Schubert


Après un petit repas toujours aussi réussi, ce fut au tour de 69 Sex Tet de faire son apparition sur la grande scène. Malheureusement pour moi, fatigue et léger surmenage m’empêchent de pleinement profiter de la soirée et je cède donc ma place à mon éminent confrère. Encore sous le choc, un ami festivalier m’interpelle et me parle d’ « éjaculation sonore ». J’acquiesce volontiers trouvant la métaphore bien trouvée puisque le groupe que l’on vient d’écouter s’appelle 69 Sex Tet. Après un départ aux allures de jazz éthéré, le concert monte en puissance pour ne jamais retomber. Une intensité et une puissance folle, un magma sonore pendant près d'une heure trente d’improvisation non-stop. Certains passages me font penser à du Miles Davis Jazz-Rock ou à du Steve Coleman. Les basses claquent, agrémentées de petits sons électro, les cuivres éructent. Mais le spectacle est aussi visuel : l’emplacement des musiciens forme quasiment un rond où 2 batteurs et 2 bassistes se font face de façon symétrique. Le trompettiste et le saxophoniste sont quasiment dos au public. Je suis hypnotisé par les gestes du batteur Edward Perraud et admiratif de l’effort physique produit par les musiciens. Assurément le meilleur concert du festival.
69 Sex Tet

69 Sex Tet


Tellement abasourdi que j’en oublie l’intermède musical de Lux Nox Mix et Mon Beau Miroir, préférant me remettre de mes émotions en buvant un verre au bar du verger. A peine remis que déjà les sympathiques toulousains de La Face Cachée des Sous-Bois entament leur concert. Leur musique est une sorte de Jazz-Fusion assez funky et proche du Herbie Hancock des 70’s ou d’un Stanley Clark. Cela groove donc sévère même si parfois quelques rythmes chaloupés viennent ralentir le rythme. Au final c’est peut-être un des concerts les plus jazz du festival avec son côté Jam Sessions et ses quelques longs solos. Je préfère d’ailleurs quand les trois musiciens jouent ensemble. La dynamique est plus forte. On notera une surprenante et réjouissante reprise de Metallica.
La face caché des sous bois

La face cachée des Sous-Bois


Je rate volontairement la fin du concert car je suis impatient d’aller aux Voûtes. Ambitronix est l'un des concert les plus attendus du moment, au moins pour moi. De nouveau El Doctor Livingston nous fait patienter avec du bon hip-hop Old School. Ambitronix enchaîne merveilleusement. Benoît Delbecq sample en direct la musique du groupe. Au niveau sonore le travail est fascinant et hypnotique. Notamment le jeu du batteur Steve Argüelles qui travaille énormément avec les cymbales, ce qui donne beaucoup de légèreté à l’ensemble même quand Delbecq, par derrière, rajoute des sons de basse lourds et des sons acides du clavier. Au final un savant mélange de jazz, classique, électro et électroacoustique pour un résultat fort réussi et encore totalement improvisé. Chapeau les artistes !

Ambitronix Ambitronix2
Ambitronix


Top 5 Nicovara :
1. 69 Sex Tet
2. Ambitronix
3. Un Mec Une Porte
4. Ramon Lopez & co
5. Géraldine Keller & Jean-Luc Cappozo

Top 5 DrBou :
1. Speeq
2. Géraldine Keller & Jean-Luc Cappozo
3. Ramon Lopez, Gianni Gebbia, Dominique Regef
4. No Try No Fail + Lauren Newton
5. Limousine

PS : Les chroniques 69 Sex Tet, La Face Cachée des Sous Bois et Ambitronix ainsi que les photos ont été réalisées par Nicovara.


www.jazzaluz.com
www.plush-internet.org/artist_ambitronix.htm

auteur : DrBou - drbou31@hotmail.com
chronique publiée le 30/07/2006

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