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Trans Musicales - vendredi 8 décembre

2006

Albert Hammond, Jr, Klaxons, Cold War Kids, Nicole Willis and The Soul Investigators, Serena Maneesh, Son Of Dave, The Bishops, Orville Brody and Good Fellas

Rennes (France)

du : 7
au : 9 décembre

Après une bonne entrée en matière jeudi avec Cat Power, I'm From Barcelona, The Horrors, Razorlight, Viva Voce, Izabo, Porcelain et The Sunshine Underground, la deuxième journée des Trans Musicales de Rennes 2006 s’annonçait sous les meilleurs auspices, avec une programmation riche et variée. C’est donc tout émoustillé qu’on se rend à la salle de la Cité puis au Parc des Expos de Rennes… Compte rendu non exhaustif, étant donné le nombre incroyable d’artistes programmés au cours de cette soirée marathon.


Nicole Willis and The Soul Investigators :

La longue soirée commence pour nous peu après 18h dans la salle de la Cité, avec le concert de Nicole Willis and The Soul Investigators… Le groupe – impeccable debout en bout – arrive avant la diva soul pour chauffer une salle déjà bien émoustillée par le début de soirée (il y avait deux premières parties). Et d’un claquement de doigts, comme ça, l’on se retrouve transporté à l’Apollo Theatre d’Harlem du temps de la splendeur de James Brown. Les sonorités de soul ultra vintage distillée par les Soul Investigators et le cachet de la salle éclairée idéalement contribuent à la réussite du voyage dans le temps… La guitare Wah wah, les cuivres, la rythmique, l’orgue, chaque instrument contribue à propulser l’infernal groove des morceaux vers la stratosphère. L’arrivée de Nicole Willis, avec sa voix superbe (on pense à Tina Tuner, Aretha Franklin et Nina Simone) est la dernière étage de la fusée, celle qui va au-delà des étoiles… Toutefois, même si la noire Nicole chante divinement et bouge bien son corps, elle manque un peu de sourire et d’entrain. Est-ce le public, un mauvais soir ou autre chose ? Mystère… S’il manque un (tout) petit quelque chose, l’ensemble n’en demeure pas moins dansant et idéal pour divaguer dans des chaudes pensées, inavouables en société… Ce concert de bon aloi ne peut que nous encourager à conseiller l’album Keep reachin’ up à tous les fans de soul.


Orville Brody and Good Fellas :

Choc des cultures amusant, l’arrivée au Parc des Expos se fait au son de la country alternative d’Orville Brody & Goodfellas, un groupe rennais sonnant comme une bande d’Américains hors la loi… Avec un accent US à couper au couteau, des morceaux très joliment country, une forte odeur de grands espaces et une joie de jouer ensemble quasi palpable, Orville Brody & Goodfellas contribue à mettre dans les meilleurs conditions pour aborder une soirée qui s’annonce chargée. Une apéro country bien corsé !


Klaxons :

Quasiment au même moment, les très branchés Klaxons font une entrée plus que tonitruante dans notre univers musical… Ce groupe anglais simple, content d’être là et survolté mérite la palme du combo rock le plus furieusement dansant à l’heure actuelle. Très frais, le mélange proposé fait un effet du tonnerre : le rock indé grinçant rencontre la dance music sur un dance floor transformé en salle de concerts rock (ou inversement)… et ça fait des étincelles ! Les guitares stridentes (à la Gang Of Four) s’amourachent des rythmes hystériques, la basse cartonne (au point qu’une corde en subira les conséquences), les deux chants duetisent à merveille dans le style aigu/grave, tout le monde à l’air de s’éclater… Comme les morceaux sont diablement déstructurés par des changements de rythme et d’ambiance incessants, il est bien difficile de rester en place. Tout au long du concert, Klaxons remercie chaleureusement le public rennais (très en forme !) et avoue n’avoir jamais joué devant autant de monde… Souhaitons à cette bande de petits agités encore humbles de rester longtemps aussi naturels et de ne jamais prendre le succès de manière blasée !


The Bishops :

Attention, voici un groupe avec un concept qui tue la mort : jouer des pop songs sous influence Beatles/The Jam avec l’attitude et l’énergie d’AC/DC. Il fallait y penser, les Bishops l’ont fait ! Habillés comme les Fab Four (et Angus Young donc) en costards cravates, deux jumeaux martyrisent leurs micros, guitare et basse, soutenu qu’ils sont par un batteur sec et nerveux… On a très envie de dire que ça envoie le bois, mais c’est pop ! Les moues et les gestes du guitariste sont un hommage incroyable au fou Angus : même quand il exécute un mini solo de deux secondes, il grimace comme un dingue en balançant le haut de son corps de haut en bas. La musique du diable a encore de beaux jours devant elle avec de pareils psychopathes, littéralement envoûtés par le rock ‘n roll. La plupart des titres composés par The Bishops sont efficaces et concis, tant et si bien qu’on passe ce réconfortant concert à headbanguer comme un décérébré devant ces gentils malades laissés en liberté… Yeah !


Albert Hammond, Jr :

Ce doit être l’air de Rennes qui rend tous les groupes sympa et hystéro, car le taciturne guitariste des Strokes, Albert Hammond, Jr, se transforme dès son arrivée sur scène en une bête de scène, souriante, drôle et affable avec le public… Il faut dire que l’accueil est à la mesure du succès des Strokes : une horde de gamins en furie pogotent, slamment et crient à s’en faire péter les cordes vocales. Dans cette ambiance de feu, les excellents titres composés par Albert Hammond, Jr font mouche. Le chant à le John Lennon/Lou Reed/Julian Casablancas, les morceaux entre rock survolté à la Strokes et pop folk plus calme sont bien écrits et ressemblent déjà à des classiques. Bien aidé par un groupe au taquet, le lead guitariste du groupe le plus influent depuis 2001 (et la sortie de son toujours exceptionnel premier disque) propose un set des plus percutant. Non content de savoir trouver le riff qui tue, ce gars-là sait écrire et chanter des chansons, c’est un fait ! Ceux qui aiment les Strokes ne devraient pas rester insensible à sa musique, dans la droite lignée de leur groupe préféré…


Serena Maneesh :

Très belle surprise que la prestation envoûtante de Serena Maneesh, un groupe entre Jesus and Mary Chain, The Brian Jonestown Massacre et My Bloody Valentine, rien que ça ! Du rock planant et bruitiste, idéal pour décoller vers les paradis artificiels et/ou perdus… Les nuages de guitares sauvagement malmenées, le chant captivant, les atmosphères apocalyptiques créées à grands coups de nappes musicales successives, l’univers ce combo norvégien est aussi singulier que familier. En tout cas, il enveloppe l’auditeur sans délai dans une sorte de bien être spatial. Une grande blonde au corps sculptural a, en plus,le mérite de jouer de la basse en se trémoussant langoureusement à droite de la scène… Aucun doute là-dessus, on devrait entendre parler de Serena Maneesh très bientôt !


Son Of Dave :

Juste à côté, dans le hall 3, un one man band réussit à se mettre dans la poche un public ultra chaud… Son Of Dave n’a pourtant à sa disposition qu’un micro, un harmonica, un tambourin et une pédale sampler, mais son talent pour trousser des morceaux soul ‘n blues, mais sa bonne humeur communicative et son sens du spectacle en font une bête de scène à ne pas manquer. Un club serait plus adapté qu’un immense hall pour apprécier les mimiques et le travail du musicien… Quoi qu’il en soit, ce monsieur en costard cravate (qui finira rapidement en bras de chemise) propose une musique sexy, vintage et authentique… La transe qu’il arrive à créer dans le public (hyper réceptif à chacune de ses injonctions rythmiques) est un signe qui ne trompe pas : Son Of Dave a une mojo qui marche à plein régime ! Seul petit détail qui nous a un peu manqué lors de ce show, le manque de guitare (ou de ukulélé) pour changer de son et éviter un léger sentiment de monotonie à la fin du set…


Cold War Kids :

La soirée se termine pour nous avec un set très prometteur des Américains de Cold War Kids, un groupe qui dégage une ferveur incroyable sur scène. Les morceaux - entre pop jouée au piano maltraité et rock déjanté avec guitare barbelée - sont remarquables par leurs côtés surprenant et classique (en même temps). La voix du chanteur (qui ressemble à un empereur romain avec ses traits taillés à coups de serpe) est très versatile, elle oscille entre celles de John Lennon (d'ailleurs brillamment repris par le groupe) et Tim Buckley, en dégageant un lyrisme souvent impressionnant. Comme les compositions tiennent la route et que les trois autre membres du groupe sont aussi doués qu’habités par leur musique (ils évoluent souvent les yeux fermés, l'air complètement parti dans leur trip), on a là sans aucun doute un groupe promis à un bel avenir…

A demain, pour de nouvelles aventures rennaises avec CSS, Kaiser Chiefs, Justice, Keny Arkana, Peter Von Poehl et Marie Modiano !

A lire également, les chroniques des Trans 2005 et 2004 : • vendredi 9 décembre 2005 : Primal Scream, The Brian Jonestown Massacre, Duels, Kill The Young, The Undertones, Engineers, Hayseed Dixie, Juliette & The Licks...
• samedi 10 décembre 2005 : Gang Of Four, Clap Your Hands Say Yeah, Katerine, The French Cowboy & The German Dudes, Missill, Messer Chups & Lydia Kavina, Pure Reason Revolution...
• jeudi 2 décembre 2004 : Carbon Silicon, The Rakes, Kaizers Orchestra, Power Solo, Hush Puppies, Gomm, The Infadels...
• vendredi 3 décembre 2004 : Beastie Boys, The Hidden Cameras, Plantlife, Lars Horntveth, Republic of Loose, Nosfell...
• samedi 4 décembre 2004 : Yann Tiersen & Shannon Wright, Santa Cruz, Modey Lemon, Kraftwerk...
• le bilan 2004 : Beastie Boys, Kraftwerk, Kasabian, Hot Chip, Dj Mo, Teddybeards Stockholm, The Real Tuesday Weld, Evil 9

Site Internet : www.lestrans.com.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 14/12/2006

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