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Les Nuits de Fourvière - mercredi 18 juillet

2007

Arcade Fire, Herman Düne

Théâtre romain de Fourvière, Lyon (France)

du : 8 juin
au : 4 août
AUX ANGES...

Le temps s’est arrêté l’espace d’une heure et demi pour le concert mémorable offert par Arcade Fire aux 4500 personnes réunies dans le magnifique théâtre romain de Fourvière… Dans un cadre enchanteur, chargé d’histoire et permettant une proximité incroyable avec les artistes, le groupe de Montréal a littéralement transporté de joie son auditoire, littéralement aux anges.

Un combo dont la passion pour la musique et la joie de jouer sur scène sont quasi palpables...

Après une première partie bien assurée par Herman Düne, un invité de dernière minute qui a présenté sobrement au public ses jolies chansons folk pop malgré un son approximatif, c’est au tour de la tête d’affiche de faire son entrée sur scène. Quelques rapides réglages (il y a dix musiciens sur scène : deux cordes et deux cuivres, en plus d’un groupe de rock « traditionnel ») et Black Mirror commence à charmer les oreilles du public… C’est parti pour un voyage homérique au pays magique d’Arcade Fire, un combo dont la passion pour la musique et la joie de jouer sur scène sont quasi palpables. Régine Chassagne (accordéon, vielle à roue, batterie, claviers, chant) et Win Butler (guitare, basse, orgue, chant) sont entourés par un groupe (Richard Reed Parry, William Butler, Tim Kingsbury, Sarah Neufeld, Jeremy Gara, Owen Pallett, plus deux renforts pour la tournée) unique en son genre ; les instruments passant de mains en mains le plus naturellement du monde, pour un résultat toujours aussi impressionnant. Et si une bagarre éclate sur scène entre deux musiciens autour d’un casque et de cymbales, c’est uniquement pour le show ; car il faut vraiment être très proche pour jouer à la perfection ces morceaux accidentés, mélodiques, bruitistes et stellaires.

Les compositions du groupe, superbement alambiquées ou d’une simplicité magistrale, emportent tout sur leur passage, font passer par tous les états d’esprit et laissent presque exsangue.

Dans ces conditions de proximité artistique, et dans ces conditions seulement, caresser l’espoir d’arriver à une transe sonique n’est pas utopique. Les compositions du groupe, superbement alambiquées – Black wave/Bad vibrations et ses deux titres très différents en un seul, l’enchevêtrement de cordes de No cars Go, l’enchaînement de Neighbourhood #1 (Tunnels) et Neighbourhood #3 (Power Out), le féérique The well and the lightouse – ou d’une simplicité magistrale – Keep the car running, Ocean of noise, My body is a cageet Wake up –, emportent tout sur leur passage, font passer par tous les états d’esprit et laissent presque exsangue. C’est un tonnerre d’applaudissements sui salue la fin de chaque titre, le public se lançant même souvent dans de touchants chants a capella, prolongeant ainsi la magie des morceaux et témoignant d’une sincère reconnaissance envers les musiciens canadiens dotés semble-t-il de super pouvoirs…

Tout le monde repart en ayant la sensation d'avoir effectué un vol plané collectif au son des mélopées saisissantes extraites de Funeral et Neon Bible

Visiblement ravie de se produire en France dans un lieu aussi propice à la communion avec son public, Arcade Fire a proposé un set différent de celui des Eurockéennes de Belfort, début juillet : plus long, avec plus de morceaux, avec moins de titres chantés par Régine (pas d’In the backseat ce soir) et agrémenté d’une divine surprise, une reprise enflammée de Poupée de cire poupée de son de Serge Gainsbourg. Comme les orgues s’envolant vers les cieux du quasi biblique Intervention et les martèlements hystériques sur un innocent tambour effectués par un des musiciens le suggéraient déjà, on a très envie de chanter des Alléluias païens en tapant comme un furieux sur un tambour à la fin du show. Après une prestation aussi géniale, tout le monde repart en ayant la sensation d'avoir effectué un vol plané collectif au son des mélopées saisissantes extraites de Funeral et Neon Bible

Photo : Laurent Baillet (Belfort, 1er juillet 2007), pour www.tasteofindie.com

Sites internet : www.nuitsdefourviere.org, www.blognuitsdefourviere.fr, www.arcadefire.com, www.myspace.com/arcadefireofficial, http://arcadefire.net/, www.hermandune.com, www.myspace.com/davidivarhermandunesyaya.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 21/07/2007

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