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Rock en Seine - dimanche 26 août

2007

Kings of Leon, Bat For Lashes, Björk, Devotchka, Bromheads Jacket, Mark Ronson, Housse de Racket

Saint-Cloud (France)

du : 24
au : 26 août
Troisième et dernier acte pour l’édition 2007 de Rock en Seine, après deux journées bien remplies… Un ras de marée humain (un peu moins important toutefois que celui constaté pour Radiohead l’an passé) a submergé le site du parc de Saint-Cloud pour assister au concert – décevant – d’une Björk en pilotage automatique. Le seul concert des surpuisants Kings Of Leon sur la grande scène était néanmoins de nature à justifier le déplacement. Retour sur une belle journée ensoleillé riches en bons moments…

Bat For Lashes : immédiatement captivant.

© Nicolas Joubard

Dès 14 heures, Bat For Lashes place les débats à une altitude très élevée… Sa musique, entre Björk, Kate Bush et CocoRosie, provoque des sensations inédites, grâce à une voix prenante, des arrangements audacieux et des musiciennes inspirées… Les tenues des quatre protagonistes sont futuristes et plutôt avant gardistes/branchées, mais l’attitude est naturelle, simple et décontractée. Pas de caprice de star donc, mais des morceaux bien écrits, plutôt originaux et immédiatement captivants. Un début de dimanche après-midi comme on aimerait en passer plus souvent…

Housse de Racket : jeu, set et match !

© Nicolas Joubard

L’annulation des extraordinaires The Horrors (un groupe à voir absolument sur scène !), prévus à la même heure que Housse de Racket nous contrait à nous rabattre sur le jeune groupe francilien fan de tennis… Contre toutes attentes, et même si l’on se demande pourquoi ce groupe parodique prend la place de jeunes autres groupes écrivant de meilleures chansons, Housse de Racket a proposé un concert hilarant, décalé et assez enthousiasmant. Ils écrivent des titres anecdotiques, ils pompent leurs contemporains à tout va, ils chantent faux, ils se la pètent, non ce ne sont pas les Naast, ce sont bel et bien les… Housse de Racket, un croisement audacieux entre les Naast, le nouveau rock parisien de privilégiés sans talent, Phoenix, Air, Daft Punk et -M-. Cela pourrait être nul, ça l’est d’ailleurs eu (beaucoup) quand même, mais c’est fait avec un talent certain pour l’autodérision, un sens du spectacle inné, une conviction hallucinante et un humour ravageur. Les facéties, et autres discours débiles sur le tennis (« on fait de la musique de stade ! », « c’est super d’être sur la même affiche que Bjorn Björk » etc) se succèdent donc à un rythme effréné, à la grande satisfaction du public, conquis. Jeu, set et match donc pour Boris Bockor , Aleksander Passinshov, Tennis Mat, Vico Vix et Repi Rep.

Devotchka : émouvant et festif.

© Nicolas Joubard

Changement radical de style juste après, avec la musique d’Europe de L’Est des Américains de Devotchka. En plein jour, avec un son médiocre, une batterie beaucoup trop forte, ce quatuor basé à Denver n’a eu pourtant aucun mal à convaincre le public avec ses compositions tout à tour émouvantes et festives. Proche de Beirut dans l’esprit, Devotchka a la chance de posséder en son sein un vocaliste chantant comme un Jeff Buckley des Balkans, un violoniste virevoltant et une multi instrumentiste douée (trombone etc). Agrémenté de deux ou trois danses slaves, de quelques parties de Theremin (tout en jouant de la guitare, s’il vous plaît !) bien senties, le set de Devotchka a permis de prolonger un après midi divin au soleil. A revoir avec un meilleur son, dans une salle plus appropriée…

Mark Ronson : de bon aloi...

© Miller

Collaborateur d’Amy Winehouse, Mark Ronson a fait plutôt bonne impression avec sa revue soul présentée sur la grande scène. Les morceaux instrumentaux évocateurs (parfaits pour des BO de films) et les titres chantés par différents interprètes se sont succèdés sans temps morts. La remplaçante d’Amy Winehouse était plus convaincante sur les titre soul Rhythm & blues que le sosie de M Pokora, mais l’ensemble était de bon aloi…

Kings Of Leon : guitares génialement basiques, chant habité, solos chromés et rythmiques énormes.

© Miller

Le grand moment de la journée fut constitué par le set hargneux et sec des Kings Of Leon, quatre gamins aux allures de gravures de mode jouant comme des baroudeurs à la Creedence Clearwater Revival. Pas une trace de mauvaise graisse ici : que du bon rock ‘n roll près de l’os avec riffs de guitares génialement basiques, chant habité, solos chromés et rythmiques énormes. Pas de fioritures, juste ce qu’il fait de poses et des morceaux en acier trempé, voilà les points forts de ce groupe américain béni des dieux… Doués comme c’est pas possible, les quatre desperados aux gueules d’anges savent varier les ambiances, changer de rythme et se la jouer psyché (comme sur le premier titre de l’excellent dernier album) quand c’est nécessaire. Inutile de dire qu’on passe un moment de rêve, comme la grande majorité du nombreux public d’ailleurs, en compagnie de ce groupe d’exception. On attend la suite de leurs aventures musicales avec une grande impatience…

Bromheads Jacket : ça déménage sévère !

© Nicolas Joubard

Comme au Printemps de Bourges cette année, ce jeune groupe a fait montre d’un abatage, d’une énergie et d’une bonne humeur rafraîchissantes. Son punk rock nirvanesque à base de hurlements, de guitares sauvages et de rythmiques ne tenant pas en place est un hommage permanent à l’histoire du rock ‘n roll hystérique. Sur scène, ça déménage sévère, dans le public, tout le monde est positivement ravi… Que demande le peuple ?

Björk : ne sait plus trop quoi inventer pour épater le bobo…

© Nicolas Joubard

Tête d’affiche incontournable ayant rameuté le gros des troupes sur le Parc de Saint-Cloud, Björk a offert au public, visiblement sous le charme, un concert déjà vu, facile et sans chaleur. A l’image de son dernier album, très fade et constamment soporifique, la diva islandaise – qui possède toujours un joli brin de voix, il faut lui accorder ça – semble avoir fait le tour de la question sur scène : elle ne sait plus trop quoi inventer pour épater le bobo, et toutes les chansons se ressemblent… Très rapidement, un sentiment d’ennui apparaît, et les images du concert magique de Radiohead - l’année dernière au même endroit - reviennent en mémoire.

Rock en Seine 2007, comme les autres éditions de ce festival sponsorisé par Jean-Paul « coeur de rocker » Huchon (encore à créditer d’un édito jeuniste assez risible dans le programme du festival), a permis de passer un week-end parisien riche en concerts mémorables. Le passage à trois jours de festivités a un peu dilué la qualité, mais la programmation reste quand même extrêmement classe.

A lire également, les chroniques des deux premières journées : (Arcade Fire, The Hives, The Shins, Dinosaur Jr, Hey Hey My My, Rodeo Massacre, Dizzee Rascal, M. I. A. et Rock & Roll, le vendredi, The Jesus And Mary Chain, Cold War Kids, Jarvis Cocker, CSS, The Fratellis et Hellogoodbye, le samedi)

Sites internet : www.rockenseine.com, www.myspace.com/rockenseine.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 27/08/2007

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