22/01/2020  |  5294 chroniques, 171 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 15/01/2020 à 17:55:02
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Villette Numérique - 1ère édition



LFO, Slam, François K, Ellen Allien, Metro Aera, The Rapture, 2 Many Dj's...

Grande Halle de la Villette - Paris (France)

du : 27 septembre
au : 29 septembre 2002
Les 27 et 28 septembre dernier, se déroulaient, à Paris, les nuits électro du festival Villette Numérique, biennale consacrée aux arts multimédia et à la création musicale contemporaine. Kraftwerk en était la tête d’affiche inattendue. Si la programmation du vendredi allait se référer au combo de Düsseldorf, celle du samedi laisserait, elle, la place à des artistes qui ont digéré l’héritage des hommes-robots...

Sur la scène centrale, après un set éclectique de Pedro Winter, manager des Daft Punk, les belges 2 Many Dj’s enflammèrent littéralement le dancefloor avec leur amalgame foutraque de bootlegs et de classiques techno et rock. Passant allègrement de House of Pain à New Order, des Stooges à Laurent Garnier, ils réussirent brillamment à lancer le festival dans ce magnifique mais impersonnel "Central Hall".

Pendant ce temps, 2 groupes new-yorkais débarquaient de la Big Apple pour conquérir Paname. The Rapture dans le "Club", jouait un rock brut et psychédélique, et Metro Area (Morgan Geist & Darshan Jesrani), dans une salle surchauffée par Seb des Scratch Massive, distillaient à une public de connaisseurs leur délicate électro-house teintée de disco et de dub. Les clubbers se régalaient sur les beats techno/house du déjanté Ark, au sous-sol, et sur le set léché de Jacques Lu Cont. Le directeur artistique de la dernière tournée de Madonna, découvert par Wall of Sound, tirait son épingle du jeu, contrairement à Thomas Bangalter, pénalisé, il est vrai, par la rupture d’une enceinte.

Stuart Price aka Jacques Lu Cont fut suivi par Erol Alkan, qui retourna facilement le dancefloor avec des bombes imparables telles que H.I.A des Chemical Brothers, Blue Monday des mancuniens New Order, et la version maxi de You Spin me Round de Dead Or Alive, groupe produit dans le milieu des années 80 par le trio Stock, Aitken et Waterman…

Eh oui, le kitsch ne tue pas ! Il plaît, même, aux trentenaires attardés, venus en masse assister à la plus grande fête électronique de l’année. Dans le Central Hall, John Thomas régalait les amateurs de techno minimale et funky avec un set cousu main dont il a le secret. Plus tard, Mark Bell (LFO), achevait nos neurones déjà meutries par un mix sur CD impeccable et implacable.

Le lendemain, une population moins hétéroclite que la veille se pressait à la Grande Halle de la Villette pour danser sur les rythmes endiablés des meilleurs dj’s actuels... L’américain John Tejada ne tardait pas à lancer les hostilités, avec une techno racée et mélodique, très proche de ses propres productions. Il fut remplacé aux platines par le plus français des new-yorkais, François Kevorkian, ex-ingénieur du son de Kraftwerk et de Depeche Mode, qui, à la manière d’un Larry Levan, commença son set par un morceau d’une douzaine de minutes, extatique et spirituel. Quant à Derrick Carter, à l’image du barré Where Ya At ?, il sut faire danser les parisiens avides de sensations à ses beats hard house délurés.

Dans le Club, aux boules à facette rafraîchissantes, Tampopo et Sasha Funke chauffaient progressivement la piste, pour laisser la place aux auteurs du classique Positive Education, patrons du label Soma et parrains de la scène techno écossaise, Slam. Epaulés du MC Envoy (également dj-producteur), les deux compères donnèrent en 45' un aperçu convaincant du récent album Alien Radio, et de leurs tubes d'hier, comme l'énorme Clashback.

Malgré le feu mis par le groupe de Glasgow, Ellen Allien prit progressivement possession des platines comme du public, avant de lâcher avec talent une série de morceaux explosifs, oscillant entre techno minimale, électro new school et techno pop. Patronne de BPitch Control, la berlinoise est sans aucun doute la révélation de ce festival. Les dj’s la connaissent depuis longtemps. Elle a notamment participé à une compilation Love Parade de 1995, a été résidente de grands clubs comme le Tresor, et depuis 2000, réjouit sortie après sortie les amateurs de son label, mélange rigoureux et pointu de techno et d’électro.

N’en déplaise aux amateurs de Ricardo Villalobos ou d’Uwe Schmidt, en Live ce soir-là sous le nom d'Atom et responsable de reprises cha-cha-cha et mambo de Kraftwerk sous le pseudo de Señor Coconut, je n'ai pu résister au charme de la belle allemande ni à l’énergie communicative de Slam... Un bien beau sacrifice, vous me direz !


www.villette-numerique.com/


auteur : Geoff -
chronique publiée le 09/10/2002

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