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Route du Rock - samedi 15 août

2009

The Kills, Peaches, Papercuts, Camera Obscura, ST Vincent, Forest Fire

Saint-Malo (France)

du : 14
au : 16 aout
Une bonne nuit de sommeil n’est pas de trop pour se remettre des délicieux excès sonores de la première journée de la Route du Rock 2009… Après ce passage obligé, l'on se lève du bon pied avec dans les oreilles quelques restes des jubilatoires larsens de My Bloody Valentine et A Place To Bury Strangers.

Mais aujourd’hui, on ne se fera pas exploser les tympans : la journée s’annonce divine avec une programmation plus calme, mais toujours aussi classe, et il fait toujours beau temps sur Saint-Malo. Compte rendu du samedi 15 août :

Forest Fire

On commence au Palais du Grand Large avec le set bien envoyé des New Yorkais de Forest Fire, encore une brillante découverte de Talitres Records. Même si le concert n’atteint pas tout à fait les sommets du disque Survival (vivement recommandé !), le quatuor américain arrive à propulser l’auditeur dans son univers étrange, versatile et sur le fil du rasoir. L’ajout de parties bruitistes un peu anecdotiques et l’absence de violon font légèrement retomber la niveau d’un set, par ailleurs puissamment agréable avec ces allers retour entre pop, folk et rock. Ce cocktail enlevé et marquant semble être réalisé par des membres du Velvet Underground, des Beatles et d’Arcade Fire réunis pour une jam session débridée. Ce jeune groupe possédant le petit truc en plus après lequel courent des milliers de congénères musiciens devrait se bonifier à chaque concert. Ça promet !

ST. Vincent

Superbe set en solo à la fois très pop, très singulier et ouvert aux dérapages soniques pour St. Vincent en ouverture de soirée au Fort de Saint-Père… Retranchée derrière sa guitare électrique et ses pédales d’effets, la jolie brune de Brooklyn se fait fort de provoquer des sentiments contradictoires avec des superbes morceaux aux humeurs changeantes. Cela peut commencer comme une ballade folk pop onirique avant de basculer en trip hop délétère puis en orage bruitiste distordu. Très surprenant de voir ce petit bout de femme faire toute seule un raffut de tous les diables ! Les atours versatiles de la musique de St Vincent ne sont toutefois pas là pour masquer des mauvaises chansons et une voix quelconque ; cette dernière est très prenante et à la chance d’évoluer sur des morceaux réellement bien écrits. Entre PJ Harvey, Anima Collective, Bjork et Cocteau Twins, excusez du peu…

Papercuts

Malgré la qualité des concerts précédents et de ceux à suivre, c’est bien celui des Californiens de Papercuts qui nous a le plus bouleversé. Frissons ressentis sur tout le corps, envie de faire l’amour avec la terre entière, violent désir de voler avec les mouettes et les ULM dans le ciel malouin, voilà ce qu’on a ressenti lors du set magique de ces as du songwriting touchant. La pop planante de ce groupe peu sexy (physiquement) en provenance de San Francisco se situe à l’exact point de friction entre Phil Spector, Grandaddy, Bob Dylan, The Hidden Cameras et les Beach Boys, c'est-à-dire entre le rock indé stellaire, la pop sautillante, la folk bien née et la surf pop dégageant de bonnes vibrations communicatives.

Avec une voix génialement douce, des chœurs élégiaques, des synthés stratosphériques et des rythmiques souples, le groupe du divin barbu Jason Quever fait pousser des ailes à ses auditeurs, tout en contribuant au repeuplement de la planète… Ahhhh, écouter Papercuts en fricotant langoureusement en compagnie de celui ou celle qui fait battre son cœur sur une plage de sable fin avec les étoiles au dessus de soi, le pied ! La pop nimbée de mystère de ces dignes successeurs de Brian Wilson est à découvrir sans plus attendre !

Camera Obscura

Difficile de se remettre de ce moment à part, mais fort heureusement les excellents écossais de Camera Obscura sont là pour enchanter avec leur très fraîche pop sixties à la Belle And Sebastian et à la Lloyd Cole (une très jolie chanson parle de lui). Les voix féminines suaves, les rythmes catchy, les trompettes captivantes et l’énergie positive de cette troupe bigarrée entraîne d’irrépressibles envies de bouger son corps, de sourire béatement et profiter de la vie.

Camera Obscura submerge l’assistance de tubes bien foutus et hyper accrocheurs, tant et si bien que les musiciens de Glasgow obtiennent un triomphe mérité auprès du public. Cette pop sucrée et cuivrée est de nature à redonner du tonus pour une très longue période…

The Kills

Changement de registre peu après avec le set rock ‘n roll des têtes d’affiche de la soirée : The Kills. Rien de changé dans le show proposé mais toujours une énergie nocive complètement prenante, des attitudes hargneuses et des morceaux imparables. Le concert carré, tétanisant et marquant des VV et Hotel fait presque oublier qu’on a déjà vu le même concert en début de tournée.

Avec deux ou trois problèmes techniques vite expédiés, une belle série de hits crachés à la face du public et une reprise anecdotique mais bien envoyée d'I put a spell on you de Screamin Jay Hawkins, les Kills font le job, sans en rajouter. Pas la peine, ils ont la classe. Il faut juste qu’il s’attèlent à écrire la suite de leurs aventures en évoluant intelligemment.

Peaches (With Sweet Machine)

La soirée se termine pour nous par le set ébouriffant et gratiné de Peaches avec son nouveau groupe, Sweet machine. Visuellement, on croit assister à une clinquante reformation de Kiss (les visuels glam trash, les perruques, le show putassier et les guitares flying V), mais au niveau du son c’est un mélange délicieusement clinquant et sexy entre de l’électro bien sale, du heavy rock vrillant du hip hop trash et un peep show déluré.

Relocalisée à Berlin, la Canadienne - arborant une muletta assez discutable et des tenues bariolés que n’auraient pas reniés les meneuses de revue Zizi Jeammaire, Line Renaud, Nina Hagen et Gene Simmons - s’en donne à cœur joie. Elle vocifère, donne au public ce qu’il veut (qu’elle soit grossière, fasse peur aux bourgeois et se lance des chorés très osées avec sa troupe), slamme allègrement et finit debout, portée à bout de bras par le public telle une Iggy Pop sans pénis. Le show à l’américaine fait son effet, les titres fonctionnent à plein et l’on se dit que cette jeune femme possède une santé de fer et une inspiration sans limites pour choquer et faire bouger ses fans. Après cette belle série de titres violemment sexuels, le public présent – très enthousiaste – sait ce qu’il lui reste à faire quand il aura regagner ses pénates. Faire de beaux rêves épicés ou... Crac, Boum, Hue !

Sites internet : www.grandcrew.com/2009/route-du-rock (vidéos et interview sur la Route du Rock 2009), www.blogotheque.net/Route-du-Rock (nombreux live acoustiques à la Route du Rock 2009), www.laroutedurock.com, www.myspace.com/laroutedurock, www.facebook.com/routedurock, www.myspace.com/fuckforestfire, www.myspace.com/stvincent, www.myspace.com/thepapercuts, www.myspace.com/cameraobscuraband, www.myspace.com/peaches, www.thekills.tv, www.myspace.com/thekills.

Photos live : Sidonie Gaucher, sidonie@silencio.fr




auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 03/09/2009

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