26/09/2017  |  4874 chroniques, 162 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 22/09/2017 à 10:32:39
    webzine
    recherche
    newsletter
    liens
    proposer
    chronique festival
Festival BBMix - vendredi 26 novembre

2010

The Warlocks + Bonaparte + Bobby Conn

Boulogne-Billancourt (France)
Première soirée réjouissante, roborative et rafraichissante à l'occasion du très conseillé festival BBMix au Carré Bellefeuille à Boulogne-Billancourt avec les concerts de Bobby Conn, un excentrique groupe punk 'n soul glam barré composé de fous furieux en treillis, de Bonaparte, une troupe punk 'n cirque extrême et surtout le très attendu show magistralement psyché de The Warlocks, brillants disciples du Velvet Underground !

Bobby Conn

Vision surréaliste que celle proposée à notre arrivée au Carré Belle-Feuille alors que la prestation de Bobby Conn a déjà débuté : un théâtre pouvant contenir 600 personnes assises, un public un peu endormi et, perdus sur l'immense scène, cinq musiciens hystériques et poseurs qui défouraillent du punk rock débridé habillés en soldats... Ouch ! C'est Bobby Conn (chanteur, guitariste pétant le feu et ayant de faux airs de Mick Jagger jeune) et sa troupe de musiciens : un batteur acharné sur ses fûts, une violoniste qui colore joliment le son, un organiste qui se contorsionne comme un dingue et, enfin, un bassiste qui sait ce qu'il faut faire pour groover. Si la tonalité est souvent punk et rock, le combo de Chicago aime à expérimenter en ajoutant des lichettes de soul pop glam, de la musique d'Europe de l'Est et de l'avant garde bizarro. En clair, c'est inclassable ! Et ça gagnerait à être vu dans un lieu plus petit, avec un public pouvant gesticuler debout. Mais de nombreux titres donnent des fourmis dans les jambes et l'envie de rejoindre les rangs de la révolution Bobby Conn ! Ce qui fait passer au second plan les quelques titres un peu anecdotiques. Le must du show : le très explosif titre White Bread.

Bonaparte

Juste après, les Allemands de Bonaparte envoie l'artillerie lourde spectaculaire avec leur cirque ambulant punk : musiciens masqués et déguisés, figurants mimant des scènes inspirées des paroles, nombreux déguisements et autres strip teases ou poses porno ravissant les premiers rangs et les photographes... Les premiers titres, du punk rock façon Sex Pistols et Nirvana avec un soupçon de post punk à la Gang Of Four et The Fall ou d'électro punk, bottent sévèrement les fesses et emportent dans un grand tourbillon festif. Puis au fur et à mesure que le show défile, l'ennui s'empare progressivement de nous (alors que le public commence, lui, à se jeter partout, excité qu'il est par ce show punk pseudo osé) : c'est quand même un peu toujours la même chanson et le cirque provoc à deux balles nous fatigue à la longue... Trop de spectacle tue le spectacle.

The Warlocks

Le final de la soirée est magistralement jouissif et apocalyptique, une invitation - imprimée sur papier sombre - pour un très dérangeant aller simple direction l'enfer psyché des Warlocks... Le public est désormais debout, nombreux et visiblement super fan, et il va se prendre un génial vol plané en compagnie de dignes disciples du Velvet Underground de Lou Reed. Ambiance " noir, c'est noir, il n'y a plus d'espoir ", déluge de guitares distordues gorgées d'effets spatiaux, riffs tétanisants, rythmes rouleau compresseur, voix de camé anesthésié par la prise massive de drogues lysergiques (Shake The Dope Out !!!! ), c'est réellement parfait pour finir la soirée sur une admirable mauvaise note et ainsi cauchemarder toute la nuit en voyant des fantômes déambuler dans un épais brouillard. Les entrelacs de guitares marécageuses, les parties de basse vrombissantes et les mots déclamés d'une voix revenue de tout font très forte impression, propulsant illico presto en Californie ou à New York en 1969. Si ce n'est déjà fait, les fans de Brian Jonestown Massacre, Black Rebel Motorcycle Club et Black Angels doivent impérativement venir communier en live avec cet exceptionnel combo, qui est magistralement emmené par un terrifiant gourou au cheveux de jais du nom de Bobby Hecksher. Une fois qu'on a vu The Warlocks en live, on devient adepte à vie. Mince alors !

Liens : www.myspace.com/bbmix, www.myspace.com/bobbyconn, www.myspace.com/bonaparte, www.thewarlocks.com, www.myspace.com/thewarlocks.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 02/02/2011

Partager


    foutraque
      
      
l'association  |  devenir partenaire