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La Route du Rock 2011 - vendredi 12 août

2011

Anika, Sebadoh, Electrelane, Suuns, Mogwai, Etienne Jaumet, Aphex Twin

Saint-Malo (France)

du : 12 août
au : 14 août
Pour cette 21ème édition du festival de la Route du Rock, je dresse un inventaire d’impressions et de coups de cœur pour chaque jour du festival. Cet inventaire est quelque peu écorché en raison d’un parcours semé d’embûches tels que les embouteillages à l’entrée du festival, la noyade du carnet de note le samedi, les dégustations de whiskey, l’ambiguïté des propos de Charles Rowell des Crocodiles à mon égard, le marathon de groupes à ne pas rater, les Anglais bourrés, etc.

Sebadoh

Vendredi est marqué par le retour de Sebadoh, retour qui va être l’occasion pour les vingtenaires dont je fais partie, de découvrir sur scène ce groupe phare de la scène Lo-fi. Pour ce retour, on regrettera l’absence d’Eric Gaffney remplacé avec adresse par Bob d’Amico qui s’est lui notamment illustré derrière les futs de Fiery Furnaces. Cette tournée accompagne la réédition des albums Bakesale (1993) et Harmacy (1994) et explique en partie l’absence de Gaffney qui avait à cette époque glorieuse déjà quitté le groupe.
Visiblement habillé chez Decathlon, le groupe apparait regroupé sur scène de manière à faciliter les échanges de rôles et d’instruments entre Lou Barlow et Jason Loewenstein. En effet, les deux Massachusettiens vont alterner leurs morceaux phares pour un set court mais éclairé. C’est avec beaucoup de générosité mais aussi de manière moins sophistiquée que Sebadoh reprend les titres phares de Bakesale. Malgré la discrétion des mélodies au profit d’un gros son de guitares, on ne peut qu’être ému par l’humilité et la simplicité avec laquelle s’affiche le trio, ce qui n’est aujourd’hui plus recherché par les groupes professionnels qui cherchent à se démarquer par une façon d’être qui n’est souvent qu’un faible déguisement. On préférera à Loewenstein les prises de chant d’un Lou Barlow facétieux, qui perdant incessamment ses lunettes, nous ferait rêver à reformer Folk Implosion… à condition qu’il comprenne l’utilité de gaffer la sangle au corps de sa basse pour éviter les chutes. La fin est cruelle : il suffit d’un signe de main sans discrétion d’un régisseur pour que le groupe abrège son concert 3 minutes après.

Electrelane

La dernière tournée d'Electrelane s'est arrêtée en France à Toulouse à la fin du mois de novembre 2007, moment inoubliable à la suite duquel il était difficile d’imaginer une reformation des 4 filles de Brighton. En effet, elles avaient décidé d’arrêter à un sommet de leur carrière, notamment fatiguées par les tournées suites à leur dernier album No shouts, no calls mais aussi pour s’accorder du temps pour d’autres passions. En outre, elles se sont depuis dispersées entre l’Angleterre et le continent américain. Aujourd’hui, elles se sont reformées le temps d’une tournée après s’être aperçues que leur groupe, longtemps resté confidentiel, suscite un regain d’intérêt.
Pour cette deuxième apparition sur les planches de la Route du Rock, Electrelane met l’accent sur l’album Axes sorti en 2005, Bells introduisant le concert. L’enchaînement qui suit se fait de la même manière que sur l’autre unique date en France au Glaz’art qui a eu lieu au mois de juillet. Les albums The Power Out et Rock it to the moon ont leurs minutes de gloire. En revanche, l’album No shouts, no calls, ne sera représenté que par To the East, mélancolique morceau marqué par une rythmique de boucles variées de coups de caisse claire associée aux gimmicks répétitifs de Mia Clarke. Guitariste de génie, cette dernière avait été redécouverte entretemps avec Andy Moor de The Ex pour une coopération intéressante autour de joutes de guitare et enregistrées sous le nom Guitargument. Appliquées, souriantes, détendues, headbangant parfois, les filles originaires de Brighton, n’oublient pas l’inévitable reprise de Léonard Cohen présente sur l’album Axes, ainsi qu’une surprenante reprise de Bronski Beat. Epurée au moment de l’intro puis enrichie de vocalises et de guitares, Smalltown Boy, se finie accélérée dans un déferlement de guitares mordantes. Couronnant le concert par Long Dark, les chansons d’Electrelane, dont certaines âgées de plus de 10 ans, ne prennent pas de ride, la magie peut être de leurs influences post-punk, on pense notamment à ESG… Mais l’histoire n’est pas finie, car quelques temps avant le concert les quatre demoiselles ont confié à la conférence de presse que leur aventure pourrait être marquée « probably » par la sortie d’un album en 2013…

Suuns

Après l’épouvantable et interminable set de Mogwai, pendant lequel je faisais éperdument la queue pour des pâtes thai, les claviers des américains de Suuns arrivent au-devant des rescapés. Démarrent ensuite la batterie et les guitares pour nous amarrer sur Arena, premier coup de fouet joué et titre phare entraînant de leur album Zeroes qc. Les montréalais en sont à leur deuxième coup d’éclat à Saint-Malo après leur passage à la Route du Rock hiver. Ils enchaînent quasiment l’intégralité des morceaux de leur unique d’album avec une fureur bien contenue. Suuns (prononcez sooons) propose un mélange subtil de voix susurrantes qui sont marques de fabrique de Clinic, de boucles électroniques répétitives propres à The Knife, de guitares tendues et tordues les rapprochant parfois dans le jeu des californiens de Health. Puis, en milieu de set, délaissant leurs claviers sur le titre PVC, le son des guitares des québécois rappellent les transitions et subtilités des Franz Ferdinand mais avec un tempo plus lent. Et malgré une baisse de tension sur le dernier morceau, Suuns se révèle être le deuxième meilleur moment de la soirée après Electrelane.

Etienne Jaumet

Croisé l’an dernier à la Route du Rock dans un rayon de disques désert pour se disputer un vinyle de Telex, ce n’est sans surprise que je retrouve de nouveau mais sur scène, Etienne Jaumet, moitié de Zombie Zombie, et éternel bidouilleur de matériel vintage. Notre Jean-Jacques Perrey des temps modernes est à l’aise sur cette deuxième scène inaugurée pour la 21ème édition du festival. Cette scène plus intime, idéale pour un dj, est donc étroite mais aussi basse limitant le contact visuel avec le public au-delà du 7ème rang. En dépit de cet aspect, Etienne Jaumet, distillant sa bonne humeur et son goût pour les sons rares, a allumé un incendie d’électronique minimale idéale pour combler les danseurs. La boum est lancée.

Aphex Twin

La boum du vendredi se clotûre avec un autre bidouilleur et musicien précoce : Richard David James aka Aphex Twin. Au cours d’un concert spectaculaire, grâce aux séquences vidéo projetées en progression avec le set, Aphex Twin revisite ses classiques en enchaînant sans surprise des séquences minimales avec des séquences drum, jungle, ou noise. Malgré le manque total de fantaisie et d’originalité à l’issue du concert, difficile de ne pas admettre qu’Aphex Twin est un artiste majeur de l’électronique et que son parcours restera classé dans les encyclopédies du XXème siècle. Mais pitié, Doc' renvoyez le s’il vous plaît dans les technivaux des années 90 avec lesquels il n’a pas évolué. D’autant plus qu'il faut l’aider à trouver sur le site du Boncoin un logiciel pour changer le bpm d'un morceau, en effet, il a été obligé de caler tout son set sur un unique tempo... ce qui a fait plaisir aux zombies venus parfois de très loin et seulement pour lui.

Photos live par Sylvain Silver


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auteur : Sylvain Silver - sylvainsilver ate hotmail.fr
chronique publiée le 21/08/2011

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