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Les Côtes du Rock invitent le X Festival - dimanche 27 juillet

2003

Indochine, Mickey 3D, Dolly

Vienne (Théâtre Antique) (France)

du : 26 juillet
au : 28 juillet
Sans doute nostalgique de l’année 1985 où l’achat de l'album 3 avait provoqué quelques émois adolescents, on décide d’assister au concert d’Indochine audacieusement intercalé entre ceux de REM, le samedi, et Tindersticks, le lundi, cherchez l’intrus… Il fallait aussi vérifier si le grand retour de Nicola Sirkis méritait autant de récompenses du métier, de couvertures en compagnie de (vraies) stars, d'interviewes complaisantes et d'articles dithyrambiques dans Rock Sound ou Rolling Stone.

On constate immédiatement le concept incroyablement racoleur du X Festival : entre deux énormes logos « X » rouges, l’écran géant est bombardé de scènes pornographiques floutées… On ne voit pas bien quel est l’intérêt de diffuser cela à un public composé en majorité de gamins de quinze ans si ce n’est par pur opportunisme. Visiblement le petit Nicola n’a pas varié d’un iota son univers ; à 44 ans, il continue d’écrire des textes qui parlent de sexe aux adolescents - voire aux préadolescents -, c’est son fonds de commerce.

Relookée en groupe gothique (c’est très tendance), la troupe arrive sous un tonnerre d’applaudissements. C’est un peu attristant mais on constate qu’il y a plus de monde que pour REM, la veille. Galvanisé par cet accueil très chaud, Indochine se lance alors dans Paradize, un titre chanté avec l’aide d’un porte voix par l’éternel ado habillé en rouge et noir… Le texte est assez faible, le refrain est fédérateur, les guitares sont lourdes, les claviers sont planants, tout ceci est fait pour cartonner. Le leader d’Indo devrait garder son accessoire vocal pour la suite du concert car, par la suite, il faut vraiment tendre l’oreille pour l’entendre malgré la puissance de la sono…
Dès le début, la tension est à son comble, ce qui autorise une jeune fille hystérique à hurler toutes les dix secondes « Nicola ! », « Frédéric ! », « Boris ! »… Le deuxième morceau joué est tout simplement l’hymne d’une génération : Trois nuits pas semaine… On ne peut s’empêcher de ricaner, en total décalage avec la foule d’aficionados littéralement en transe.

En totale immersion dans l’Indochinemania, on se délecte du texte de Punker, sans doute écrit par Damien Saez, : « est-ce que tu viendrais faire le sexe avec moi, est-ce que tu pourrais faire le sexe avec moi ? Ben, je sais pas trop, t’es pas un peu jeune ? On nous inflige aussi le duo virtuel avec Melissa Auf Der Maur par écran géant et bandes enregistrées interposés. C’est quand même très émouvant ce slow au texte tendrement idiot, on verserait presque une larme si la fan de derrière ne hurlait pas, cassant ainsi la « magie » du morceau, « la température est montée de plusieurs degrés ! ». Si tu le dis ma grande… Le texte de Marilyn est, lui aussi, bouleversant de connerie : « embrasser le garçon sur la bouche et se mouiller ». Quelle ambiguïté sexuelle, on en frissonne presque ! Le point d’orgue textuel du show est atteint avec le medley Des fleurs pour Salinger/Canary bay/Les tzars/A l’assaut (des ombres sur l'O). Tout ça enchaîné et repris en chœur comme un seul homme par 8000 personnes, ça donne le mal de mer ! Seul, J’ai demandé à la lune réussi à convaincre car le texte de Mikaël Furnon, s’il est volontairement enfantin, ne sombre pas dans les travers habituels de monsieur Sirkis. De plus, la production sobre transforme cette chanson en berceuse propice à la rêverie câline. Ayant assuré une bonne première partie (mais un peu en roue libre) avec Mickey 3d, le compositeur de la chanson, Mikaël Furnon, a « l’insigne honneur » de venir jouer de la guitare avec Indochine. Cet événement se produit pendant que Nicola massacre Just like heaven de The Cure, le modèle insurpassable aujourd’hui détrôné dans son cœur par ce qui marche en ce moment : Placebo, le rock gothique, le metal…

Bien éclairé, très professionnel, le show se déroule sans encombre ; les musiciens font leur boulot derrière le maître de cérémonie. Seul le guitariste dénommé Boris, a assez d’aplomb pour se la jouer à mort comme s’il venait d’inventer le rock ‘n’ roll. Son deuxième rôle dans Indochine est de ramasser les banderoles, peluches, soutiens-gorge, posters, strings, lettres qui jonchent la scène. Et oui, c’est important, sinon le spectacle ne pourrait pas continuer et les musiciens s’entraveraient. The show must go on coûte que coûte

En rappel, nous avons droit à L’aventurier, le tube parmi les tubes opportunément sorti en single par le groupe américain Nada Surf ces jour ci. Désireux de surfer sur la vague du succès d’Indo, Matthew Caws et son groupe délivraient sur scène, un jour avant, une version sympathique de ce tube. La version Indochine est moins convaincante que celle des américains, on décide donc d’aller dormir. L’aventurier deux fois en deux jours, ça fait beaucoup, même si on est un peu nostalgique. Pourvu que les Tindersticks, Arno ou The Eighties Matchbox B-Line Disaster ne décident pas de reprendre cette chanson compromettante demain soir !


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auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 28/07/2003

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