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Festival Chantons Sympa

2003

Les Wampas, Mickey 3d, Rita Mitsouko, Emilie Simon, Elista, Lofofora, La Tordue, Kana, Zebda

Melun (France)

du : 28 juin
au : 29 juin
En ce samedi 28 juin 2003, c’est la présence des inénarrables Wampas qui avait donné une irrépressible envie de rejoindre Melun et le site du festival « Chantons Sympa ». Programmé l’année derrière, Christophe Miossec aurait déclaré selon des sources proches de l’enquête : « Je sais pas chanter et je suis pas sympa ! » Espérons une édition 2003 aussi consensuelle !

En attendant l’arrivée des « vedettes », la petite scène située non loin du grand chapiteau a permis de découvrir le jeune groupe Elista. Ces quatre garçons dans le vent pratiquent une chanson pop du meilleur effet. Les guitares (sèches et électriques) soutiennent des textes et des rythmiques accrocheurs. La bonne humeur et les sourires du chanteur donnent envie d’en savoir plus sur ce groupe. Le public de 7 à 77 ans a apprécié le concert donné par Elista : la grand-mère du chanteur, assise sur un fauteuil, a même applaudi à tout rompre.

Un peu plus tard, c’est La Tordue qui vient gentiment nous casser les… oreilles ! Pourquoi ces gens-là ont-ils décidé de pratiquer une musique aussi ennuyeuse et sans saveur ? Le summum du ringard commercial est atteint avec le single opportunistement reggae (ça plaît aux jeunes coco !) : Avec denise

C’est bien gentil tout ça mais avant de voir Les Wampas, il faut encore subir les terrifiants Lofofora, déjà aperçus l’été dernier au festival Osmose. On vous rassure tout de suite : rien, mais alors rien n’a changé chez nos amis les Lofo !
Le concert débute par un solo de batteur lourdingue, ça commence bien ! Reuno est toujours (involontairement) drôle dans ses discours entre les morceaux ; difficile d’enfoncer des portes ouvertes avec autant de facilité en ratissant aussi large, bravo ! Enfin, la musique de Lofofora est toujours aussi originale, variée et fine…

Pour continuer dans la franche rigolade, Les Wampas arrivent sur scène et démarrent par un tonitruant For the rock : « Moi et Marie-Pierre, on n’a pas peur : on aime le rock ‘n roll… » Nous aussi, Didier, nous aussi…
Et c’est parti pour une heure de musique actuelle amplifiée et jouée à fond ! Même si on les a déjà vues et revues, les facéties de Didier Wampas fonctionnent toujours… En confiance, le monsieur se permet de jouer à la guitare électrique le gimmick de L‘aquarium tactile tout seul comme un grand ! Bientôt, un solo à la Jimi Hendrix ? Hurler avec le micro dans la bouche, surfer assis dans une chaise sur le public, chanter Vie, mort et résurrection d’un papillon au milieu de ses fans, jouer Trop précieux à la guitare sèche debout sur sa chaise fétiche, tout ça a l’air un peu bête mais on ne peut s’empêcher d'avoir un regard d’enfant sur ce spectacle jubilatoire… Il suffit de regarder autour de soi : tout le monde est heureux et sourit de toutes ses dents.
Mais, comme toujours, il y a des surprises ! Sur J’ai avalé une mouche, D.W. tire des feux d’artifice avec le manche de sa guitare. Didier, il faut arrêter de regarder des vidéos de Kiss en concert ! Sur Petite fille, c’est bien connu, la scène est réservée aux femmes… Mais une personne moustachue de sexe masculin ayant une surcharge pondérale assez prononcée décide d’enfiler sa plus belle robe, se fait des couettes et se retrouve sur scène à draguer Didier au même titre que de nombreuses représentantes de la gent féminine, pas insensibles au charme de l’homme en combinaison rouge ultra moulante.
Le rock ‘n roll, c’est vraiment la belle vie ! : après deux morceaux en plus, Didier traverse le public, monte sur les gradins, plonge sur le préposé aux lumières, va emmerder le monsieur à la poursuite, remonte sur scène et finit enseveli sous les corps moites de ses groupies hystériques !
Beaucoup de gens sont, semble-t-il, venus grâce au single Manu Chao, tant mieux : les Wampas vont jouer devant plus de monde et ce sera plus facile pour porter Didier.

Le lendemain, c’est Kana, un groupe français de reggae, qui nous accueille en entonnant ses tubes Plantation et Pas de problème… C’est à peine croyable d’arriver à écrire des textes aussi démagogiques et consensuels sur des musiques aussi éculées… Et en plus ça marche : tout le monde a le disque à la maison et chante ! Après Sinsemilia, Kana… Mais où s’arrêteront-ils ?

L’arrivée de Mickey 3d sur Tu dis mais ne sais pas réconcilie avec la musique… Les quatre musiciens originaires d’un petit village d’irréductibles indépendants ont donné un concert parfait en alternant les ambiances pop, rock, folk et chanson française. Les trois albums de Mickey 3d sont rapidement passés en revue à la grande joie d’un public conquis.
Si Repire a provoqué des cris enflammés dans la foule, Le grand Jacques et La France a peur ont, eux aussi, cartonné. Quatre ans après, ces deux derniers titres sont toujours autant d’actualité…

Contrairement à Mickey 3d qui a eu l’autorisation de jouer pendant seulement 50 minutes, Les Rita Mitsouko ont bénéficié d’une heure trente pour s’exprimer et défendre leur dernier album, La femme trombone. De nombreux morceaux de ce concert seront d’ailleurs extraits de ce disque. L’électro funk rock désormais pratiqué par les Rita passe bien la barrière du live ; grâce au talent de Fred Chichin et Catherine Ringer, le chapiteau se trémousse allègrement…
Bien sûr, les anciens tubes comme Les histoires d’A, Singing in the shower, Y’a d’la haine, Le petit train et Andy ont enchanté tout le monde mais les nouveaux titres des Rita Mitsouko ont prouvé la pertinence du groupe en 2003. Un seul grief : pourquoi le guitariste lead se permet-il des solos aussi démonstratifs ?

Juste après sur la petite scène, Emilie Simon a réussi à emporter le public dans son univers onirique. Comme au Café de la Danse pour le festival Les Femmes s’en mêlent, on se laisse bercer ou bousculer par la chanson électro de cette troublante jeune femme. Désormais armée d’un vocoder implanté sur son bras pour triturer sa voix, Emilie Simon réussit à captiver un auditoire pas forcément venu pour elle… Si on reconnaît aisément l’influence de Bjork (les intonations dans la voix et certaines musiques), c’est bien la présence d’Emilie Simon qui a permis un voyage musical interstellaire malheureusement trop court…

A côté, les Zebda ont commencé leur show festif… La première demi-heure de leur concert en octobre 2002 à La Coopérative de Mai de Clermont-Ferrand était tellement désespérante qu’on décide de partir sur une bonne note sans subir les outrages sonores de ce groupe. Comme ils défendent des idées intelligentes, les Zebda devraient se contenter de faire de la politique.

En mélangeant les genres, ce festival convivial (qui devrait changer de nom l’année prochaine) permet à tous les publics de se mélanger, à chacun ensuite de faire son choix dans cette atmosphère bon enfant…


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 30/06/2003

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