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Printemps de Bourges - vendredi 23 avril

2004

Tokyo Sex Destruction, Ghinzu, Baby Woodrose, The Bambi Molesters, Danko Jones, Bikini Machine, No One Is Innocent

Bourges, le 22 (France)

du : 20
au : 25 avril 2004
Et une soirée rock ‘n roll servie bien chaude au Printemps de Bourges, une ! Description par le menu :

Tokyo Sex Destruction : groupe de garage rock espagnol dont les membres ont semble-t-il mis les doigts dans des prises de courant (alternatif) dès leur plus jeune âge… Leur album Red soul communitee le prouve de manière irréfutable : ils aiment l’électricité et ça les rend complètement fous. Habillés en noir avec des pantalons et chemises bien taillés, les Tokyo Sex Destruction prennent un malin plaisir à froisser leurs tenues de scène en gesticulant de manière frénétique pendant toute la durée de leur set. Ces jeunes gens veulent qu’on parle d’eux et qu’on les regarde, ils n’arrêtent donc pas de vociférer des slogans - comme l’intelligent « Free Michael Jackson » - en prenant de multiples poses sensées faire fantasmer les femmes. Heureusement, ils n’oublient pas de reprendre magistralement les Sonics et leur mémorable Have love will travel puis de rendre hommage à la soul music en interprétant brièvement a capella quelques tubes soul. Oh yeah !

Surprise : No One Is Innocent : Si l’on en croit les affiches, flyers etc, l’événement de cette soirée était la reformation surprise et le concert non annoncé sur le programme de No One Is Innocent à 23 h 30 au 22. Permettez-moi de rire… Ah, ah ah ! Même si on avait apprécié les concerts déchaînés du combo français en leurs temps, on se contrefout un peu du retour du chanteur Kemar sous ce nom vendeur (après une expérience solo catastrophique à tous points de vue). Un album est même prévu en août, l’attente va être insoutenable ! Pour être franc, on trouverait une nouvelle session de Danièle Gilbert pour le magazine Lui presque plus bandante, c’est dire. On passe la tête dans la salle où le groupe se produit : lumières aveuglantes, sauts de cabris de Kemar (plus que jamais en colère contre les méchants de la Terre entière), c’est du No One toujours aussi inspiré et novateur, pas de doute là dessus…

Ghinzu : groupe belge inquiétant dont le leader (assis aux claviers) fait très peur quand il hurle violemment dans le micro… Les morceaux commencent pourtant calmement mais à chaque fois la pression monte crescendo pour obtenir une sorte de metal pop hyper puissant… et troublant. Comment peut-on passer en l’espace de deux minutes du statut de gentil groupe pop à celui de méchant combo ultra violent ? Seul les taciturnes membres de ce projet ont la réponse… Une chose est sûre : le chanteur de Ghinzu a incontestablement sa place au panthéon des grands psychopathes du rock ‘n roll, et son groupe mérite sans conteste la palme de l’originalité…

Baby Woodrose : « Affreux, sales et méchants », l’expression semble avoir été inventée pour décrire ce conglomérat de graisseux en goguette sur la scène du 22. Vous aimez la bière, le sexe et Motörhead ? Alors vous aimerez Baby Woodrose ! Pendant la totalité de ce set assez jouissif, le chanteur (dont les cheveux n’ont pas dû voir le shampooing depuis le début de la tournée et un coiffeur depuis 10 ans) hurle des inepties dont le thème principal est le triptyque « sex and drugs and rock ’n roll ». Perdu dans ses « pensées », il n'oublie toutefois pas d'usiner des riffs pachydermiques sur une guitare dont le son évoque un décollage d’avion finissant en crash. De temps en temps, l’imposant leader de Baby Woodrose se risque au périlleux exercice du solo de guitare dans les aigus, aïe ! De son côté, la section rythmique cogne aussi fort qu’elle le peut sur ses instruments. Ah, que c’est rafraichissant un power trio sans autre prétention que de faire du bruit, tirer des groupies et boire des litres d’alcools... Contrairement aux regrettables Phoenix ou Texas, Baby Woodrose ne fera jamais la couverture de Magic!, pas plus qu’il n’accordera un entretien philosophique de 12 pages aux Inrockuptibles comme Jacques Derrida. C’est peut-être aussi bien finalement !

The Bambi Molesters : Ces Croates ont tout compris au rock : ils jouent une sorte de surf rock énergique avec conviction - mais sans grande originalité - en prenant soin de mettre à la basse et au milieu de la scène une superbe blonde dominatrice. Celle-ci toise en permanence le public masculin avec un air de « Je t’attends dans les loges… ». Et ça marche, on partirait bien sur le champs en Croatie apprendre avec elle les rudiments du surf, de la basse, du solfège ou de n’importe quoi ! Heureusement que la belle est là pour apporter une touche visuelle car ses comparses ont des têtes de vieux gangsters prompts à sortir leurs flingues à la moindre contrariété. En fait, ils ne dégainent que leurs six cordes pour exécuter des solos gorgés de reverbe ou des rythmiques enlevées propices à la danse lascive. Ouch !

Danko Jones : groupe de rock/metal puissant mais légèrement casses burnes à la longue… Au début, on apprécie les riffs, les hurlements et la puissance de feu de Danko Jones mais rapidement, le chant - trop metal - énerve, l’attitude hautaine et grande gueule du leader exaspère et les morceaux ennuient… Ça tombe bien dans l’autre 22, Bikini Machine a commencé à jouer.

Bikini Machine : quintet français d’electro rock qui rend furieusement heureux (voire hystérique) si on le voit sur scène… Grâce à un son mêlant le garage rock, la surf music et l’électro, Bikini machine est le groupe idéal pour danser sur du rock en fin de soirée. Il manque peut être seulement au groupe un leader un peu plus charismatique pour décoller, sinon on ne voit pas ce qui pourrait l’arrêter. Essayer leur disque 11, An introduction to Bikini Machine, c’est l’adopter !

On ressort du 22 rassasié par le nombre de décibels ingurgités, en souhaitant être convié rapidement à un nouveau festin sonique de ce type.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 01/05/2004

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