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Printemps de Bourges - mardi 20 avril

2004

Thomas Fersen, I Monster, Dj Zebra

Bourges (France)

du : 20
au : 25 avril 2004
Comme tous les ans, dès notre arrivée dans la bonne ville de Bourges, les concerts s’enchaînent à une vitesse assez incroyable, pour notre plus grand plaisir… Le festival 2004 commence pour nous avec le concert de Thomas Fersen au Palais d’Auron. Toujours nonchalant, provocateur et en verve, Monsieur Fersen et ses excellents musiciens ont provoqué les premiers frissons d’un festival qui en a compté quelques-uns ! En mélangeant habillement dans la set list les grands moments issus de son dernier album (Deux Pieds, Pièce montée des grands jours ou encore le toujours aussi hilarant Borborygmes joué avec son guitariste aux yeux pétillants) et ses tubes aux sonorités « fanfare tzigane », le chanteur à la veste caramel convainc son public au-delà de ses espérances. Son secret ? Une belle voix nicotinée qui sent bon le vécu et des orchestrations percutantes et entraînantes… Ce n’est pas une surprise, on l’avait déjà constaté avec joie à la Coopérative de Mai en décembre 2003, Thomas Fersen se révèle toujours aussi facétieux et décontracté sur cette nouvelle tournée : après seulement quelques morceaux il chante avachi sur sa chaise pour « récupérer » en prenant la voix traînante d’une personne épuisée, il enfile ensuite une redingote noire et un immense chapeau pour danser comme un dandy sous les vivas. Enfin en rappel, il demande au public s’il connaît la fin de la chanson, comme celui-ci répond un « oui » tonitruant, le chanteur se fend d’un « bon, ben salut alors ! »… avant de finir son « travail », en faux paresseux bien campé sur ses deux pieds. On n’est vraiment pas prêt de se lasser des concerts de cet homme là !

Le sourire aux lèvres et les chansons de Fersen dans la tête, on se rend ensuite au 22 pour assister au concert d’I Monster, qui évolue dans un style radicalement différent… Le groupe de Sheffield n’est pas exactement composé de bêtes de scène : planqués derrière leurs vieux Korg, leur guitare ou leur basse, les musiciens ne semblent pas très à l’aise sur les planches. Peu importe car I Monster s’y entend parfaitement pour créer des ambiances assez fascinantes, qu’elles soient émouvantes, planantes ou bruitistes. Tout ceci est possible grâce à la voix éthérée de la charmante chanteuse (qui semble tombée là par hasard) et aux prestations vocales vocoderisées de ses acolytes. L’electro pop lancinante et inquiétante distillée par le groupe au grand complet permet d’effectuer un délicieux voyage psyché, une sorte de rêve éveillé (qui tourne parfois au cauchemar) qu’on quitte à regret.

« Debout là-dedans ! », voilà le cri que l’énervé Dj Zebra aurait pu pousser dans l’autre salle du 22... Bien campé derrière ses platines avec un light show aveuglant et un mix virevoltant, le Dj aurait mérité un public plus chaud et plus nombreux… Ce n’est pourtant pas faute d’avoir mouillé le maillot : lors d’un morceau de Nirvana, Zebra ira même jusqu’à descendre pogoter avec son public, entre deux hurlements dans son micro et autres sauts… En voilà un qui n’a pas envie de se borner à faire semblant de tourner des boutons en prenant un air concentré, c’est réconfortant ! Sa sélection de titres remixés façon bastard pop et de perles rock (qu’on retrouve sur son disque Dance to the underground) semble élaborée pour réveiller le punk qui sommeille en tout fan d’électro et le danseur frénétique qui dort dans les tréfonds de l’âme d’un amateur de rock pur et dur. Voici quelques exemples des bombes qui déchirent la sono surpuissante du 22 : un remix de Dance to the underground de Radio 4, Franz Ferdinand et son méga tube Take me out, Uminsky (Harder, better, faster, stronger, une reprise rock ‘n roll de Daft Punk), The Hives et leur hit Hate to say I told you so, le Fight for your right to party des Beastie Boys, le tout entre deux accouplements bruyants et sauvages entre The Rapture (House of jealous lovers) et Diams (DJ) ou Madonna et Lenny Kravitz (aie !), enchaînés avec quelques passages électro bien sentis. Le mix se termine en beauté avec I wanna be your dog des Stooges et Too drunk to fuck des Dead Kennedys, excusez du peu… Certes les 2 Many Dj’s sont déjà passés par là, mais DJ Zebra fournit des prestations absolument imparables destinées à faire voler en éclats les frontières entre le rock et l’électro. On regagne donc la sortie avec les oreilles en bouillie, les pieds en compote et la cervelle éclatée ; décidément le printemps commence bien…

A lire également : une interview de Thomas Fersen


www.totoutard.com
djzebra.free.fr/


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 06/05/2004

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