22/07/2019  |  5212 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 21/07/2019 à 18:30:55
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Les Nuits Botanique

2004

Matthew Herbert, DAAU, Susheela Raman, Rokia Traoré, Marc A.Huygens, Girls in Hawaii, Colder, Minimal Compact ...

Bruxelles (Belgique)

du : 7 mai
au : 15 mai
Lundi 10 mai 2004. Une Chimay (bière) au bord d'une terrasse ensoleillée, le festival Les Nuits Botanique ne pouvait guère mieux commencer pour moi. C'est donc le coeur léger que je me dirige au Cirque Royal, très belle salle certes, mais plus adaptée au théâtre qu'à des personnes qui veulent dandiner du corps et de la tête.
C'est peut-être parce que j'avais le coeur léger que j'ai eu du mal à entrer dans le concert de Dani Siciliano. Un début de concert un peu trop raide et linéaire avant que les 2 derniers morceaux (aux accents plus électroniques) ne remportent mes suffrages.
Quelques semaines après un excellent concert à Toulouse, mon chemin recroisait à nouveau les belges de DAAU. Et je n'allais pas être déçu, au contraire, leur prestation renforçant mon avis positif les concernant. Ez3kiel était également invité à apporter ses influences pour un mélange détonant. De plus, la très belle (au niveau physique et voix) Angelique Kidjo est venue chanter sur 2 morceaux plus reggae-dub. Magnifique !
Et la soirée atteint son summum avec Matthew Herbert et son Big Band, composé de 17 personnes et ressemblant à un orchestre de Jazz des années 40 (musicien tous habillés en costard / noeud papillon), qui aurait remonté le temps avec une machine inventée par le professeur Herbert. Véritable génie qui triture et travaille le son en direct. A un moment donné, il déchira le journal USA Today, puis sampla le son pour le mettre en boucle; derrière son groupe déchira des journaux 1 à 1, ce qui créa une symphonie toute particulière. Il fit la même chose en gonflant et dégonflant un ballon de baudruche. On retrouva à nouveau Dani Siciliano, mais en robe de soirée. Elle sembla cette fois-ci transcendée par la musique d'Herbert et se transforma en véritable jazzwoman avec une voix claire et puissante. Herbert revisita son classique, Café de Flore, en version jazzy. Succès assuré auprès d'un public belge enchanté.

Mardi 11 mai 2004. La nuit des femmes. Avec tout d'abord l'anglo-indienne Susheela Raman et un concert qui reliera 3 continents : l'Europe pour le côté flamenco, l'Afrique avec 2 musiciens originaires de là-bas et l'Asie bien sûr. En plus d'être belle, fraîche et spontanée, Susheela Raman a une très belle voix, rauque et émouvante, dôtée d'une puissance incroyable, rarement entendue. Le public du Cirque Royal n'hésita pas longtemps à tomber sous son charme et se mit rapidement debout.
La soirée continua sur de bons rails avec Rokia Traoré, qui a l'instar de Susheela Raman, a une très belle voix. La malienne nous proposa une musique riche, à la fois authentique et moderne. Sur certains morceaux, la rythmique nous fit rentrer dans une transe africaine et on admira les magnifiques danses de Rokia et de ses acolytes. Sensuel.
Par contre je fus déçu par la prestation d'Amparanoia. Malgré une énergie incroyable, la muse de Manu Chao n'a pas retenu mon attention. Sa musique festive qui fusionne plusieurs genres (ska, latino, rock...) ne vole pas très haut. Mais pourtant elle compte ici déjà de nombreux fans et sa sympathie en a regagné d'autres. De mon côté, je reste hermétique à la musique dite « festive ».

Mercredi 12 mai 2004. J'arrive éméché aux Jardins Botaniques. La dégustation de plusieurs bières m'a été fatale. Mais le contexte veut cela. Ce soir, c'est la « Sacrée nuit », soit 4 scènes ouvertes aux groupes belges. 17 groupes, impossible de tout voir bien sûr. Séduit par le nom, je commence par aller voir Cloé du trèfle. Et je suis vite séduit, aussi, par ses chansons pop légères et son univers familier. Charmant.
Sur les conseils d'une amie belge, je pars, direction le Museum, pour voir Superlux et son élecro-rock jouissif. Ce groupe a la bougeotte sur scène et l'apport de cuivres, mais aussi d'une flûte traversière, rend leur musique intéressante.
On finira la soirée à l'Orangerie, pour assister tout d'abord au nouveau projet solo de Marc A.Huygens, le chanteur de Venus. Et l'on assista à un spectacle hors normes et expérimental. La très belle voix, douce et fragile, du chanteur était entourée d'instruments peu communs dans la pop : contrebasse, violoncelle, ondes martenot, bandonéon, accordéon, vibraphone. Marc A.Huygens sut créer une atmosphère particulière, que l'on pourrait transposer dans un cabaret imaginaire de Kurt Weill. Chapeau l'artiste.
J'eus ensuite la mauvaise idée de sortir de la salle à la fin de sa prestation, et ce fut un véritable chemin de croix que d'entrer à nouveau dans une Orangerie pleine à craquer, pour le concert le plus attendu de la soirée : Girls in Hawaii. Malheureusement, quelques problèmes techniques dans le changement plateau nous firent attendre trop longtemps. En plus, le groupe eut la mauvaise idée de passer un court métrage d'un ami avant le set. Ce n'était ni le bon endroit ni le bon moment, ce qui rendit certains spectateurs exaspérés. J'eus donc du mal à rentrer dans leur concert, malgré des mélodies très bien ciselées et un chanteur qui ne triche pas dans les émotions. Cela a par contre du mal à sortir du commun, mais c'est peut-être cela qui va emmener ce groupe très loin (un futur Coldplay ?). De toute façon, à revoir dans d'autres conditions pour se donner une idée définitive.

Jeudi 13 mai 2004. Soirée retour dans les années 80, avec les français de Colder et Minimal Compact. Déception du côté de Colder avec un set brouillon et bruitiste. Avec une voix trop linéaire et sans émotion. Le côté électro ne ressort quasiment pas sur scène. Je partis d'ailleurs avant la fin du concert et réussis à m'introduire à la Rotonde (sans billet) pour aller voir Jesse Sykes. Son country-folk apaisant me fit du bien aux oreilles. On sent en plus que cette dame dégage quelque chose.
Je repartis aux Grandes Serres pour le retour du groupe culte des années 80, Minimal Compact. Eux prennent plaisir à jouer et nous à écouter leur post-punk nous faisant penser à Gang Of Four, Joy Division et même parfois aux Pixies.


www.botanique.be/

auteur : Nicovara -
chronique publiée le 17/05/2004

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