12/12/2019  |  5280 chroniques, 170 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 11/12/2019 à 13:47:36
    webzine
    recherche
    newsletter
    liens
    proposer
    chronique festival
Festimad

2004

Pixies, Korn, The INC, Patti Smith, Ben Harper, The Datsuns...

Mostoles (Espagne)

du : 28 mai
au : 29 mai
Vendredi 28 mai 2004

On se retrouve dans le magnifique parc de Mostoles (à quelques kms au sud de Madrid), bordé par un lac. Que ce soit le lieu ou l'ambiance qui y règne, on a vraiment l'impression d'être dans un festival. Et en plus, le soleil était avec nous. Cela sentait bon l'été.

Est-ce que la danse de saison sera celle initiée par le danseur attitré d'Atom Rhumba ? Eh oui, ce groupe basque, sorte de Jon Spencer Blues Explosion en plus groovy (avec l'apport d'un sax), se paye le luxe d'avoir dans ses rangs un danseur fou (physique à la Beck avec une coupe afro et une scintillante chemise rouge) jouant seulement des maracas. Ce qui donne un attrait supplémentaire à la musique énergique d'Atom Rhumba.

Akwid, groupe originaire du Mexique mais résidant à L.A., réussit avec son hip-hop chicano à mettre de l'ambiance. Pas facile à faire, à 17h45 et devant un public rock. Il fallut attendre 20h45 pour voir quelque chose retenir mon attention, en l'occurrence les Dirty Americans et son chanteur Myron, qui fit un nombre incroyable d'aller-retours sur la scène. Très heureux d'être là, il offrit plusieurs litres de bière aux spectateurs de devant. Son manteau en fourrure lui allait à merveille. Leur stone-rock aux relents de Led Zep, Stooges ou Black Crowes passa très bien l'exercice de la scène. On eut même droit à une très bonne reprise d'Ohio de Neil Young.

A défaut de voir PJ Harvey à Barcelone, on a pu découvrir sa mère inspiratrice, madame Patti Smith! La poètesse du rock arriva sur scène décontractée, et avec le sourire. Les premières notes de Trampin (titre tiré du dernier album) commencèrent, et la voix magnifique de Patti Smith se posa dessus telle une abeille sur une fleur. Elle remercia avec sincérité et sans démagogie le peuple espagnol d'avoir pris en main sa destinée lors des dernières élections. Elle leva le poing et People have the powerdémarra. Au milieu d'innombrables classiques (Gloria, Free money...), les morceaux du dernier album firent très bonne figure. Elle dégage une énergie incroyable, se mettant par terre sur scène, allant dans la fosse. Elle chanta avec émotion et regarda le public avec le sourire d'un enfant. Patti Smith dédia Peaceable kingdom aux victimes de l'attentat d'Atocha, tout en pudeur, imitant avec ses mains une colombe blanche prenant son envol dans le ciel. La grande classe !

Avant le concert de Ben Harper, je partis voir Jet sur la scène sol musica. Ce concert confirma qu'en dehors du single Are you gonna be my girl (bien pompé sur le Lust for Life d'Iggy Pop), Jet appartient à une compagnie low-cost.

00h15 : Ben Harper débarqua accompagné de ses fidèles « Innocents Criminals ». Si je dois bien avouer que Ben Harper n'est pas trop ma tasse de thé, il faut reconnaître que ce véritable artiste ne se fout pas de la gueule de son public. 2H30 de concert ! De très bons moments, Higher Ground comme les morceaux joués seul à la guitare acoustique. Mention spéciale au bassiste, énorme physiquement et techniquement.

Samedi 29 mai 2004

On arriva à la fin du concert de Tokyo Sex Destruction. Leur punk soul sembla intéressant. Mais on l'oublia vite à côté de l'énorme prestation des suédois de The (International) Noise Conspiracy. Tout d'abord, s'il y avait un championnat du monde de gymnastique pour chanteurs rock, celui de The (I)NC l'emporterait haut la main. Secondé par ses camarades pour le concours du saut à la poutre (malgré une mauvaise chute du guitariste sur les genoux), ces derniers dégagent sur scène une énergie incroyable. Outre leurs aptitudes physiques, les mélodies sont très bonnes (dont les nouvelles du prochain album Armed love), accompagnées de textes politiques qui font plaisir à entendre. Sur le déjà classique Capitalism stole my virginity, Dennix Lyxzen se jeta dans la fosse et monta sur le public. Sur le dernier morceau, il enfila un passe-montagne (à l'instar du sous-commandant Marcos), finissant la chanson avec larsens et poings levés. Que la lucha vive!

>


The (International) Noise Conspiracy - Photos : Jérominus - jerominus@foutraque.com

22h15 : On a rendez-vous avec la légende : The Pixies. Se fichant bien de savoir si la reformation du groupe avait un but purement financier, le public s’était déplacé en masse. Dès la première chanson, ce dernier reprit en choeur Where is my mind avant d’entamer un po-go général sur Nimrod's song. C'est parti pour 1 heure de plaisir. Chaque morceau est un classique. Le guitariste Joey Santiago fit pleurer sa guitare, maîtrisant son instrument avec classe et jouant avec dextérité des pédales d'effets. Franck Black (ou Black Francis) vociféra comme un dératé (Tame) et Kim Deal fit vrombrir sa basse comme personne (Gigantic). Et Pixies de rentrer définitivement dans la légende du rock

Après la bonne prestation des Datsuns, je fus curieux de voir Korn sur scène. Une phrase pour résumer leur prestation : « cela envoie sec ! ». Ce fut impressionnant de voir quasiment tout le public reprendre toutes les chansons du groupe et de sauter en même temps. Jonathan Davis fut presque tout le temps courbé sur lui même, gueulant toute sa haine dans le micro. Les guitaristes sortirent par bribes des sons intéressants à la limite du noisy expérimental. Force est de reconnaître que Korn a inventé son propre son et que beaucoup d'autres groupes ont suivi. Expérience intéressante !

Au final de ces deux jours, une sélection impeccable, passablement bruyante mais profondément réjouissante.



www.festimad.es/


auteur : Nicovara -
chronique publiée le 04/06/2004

Partager


    foutraque
      
      
l'association  |  devenir partenaire