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Les Eurockéennes - samedi 3 juillet

2004

Daniel Darc

Belfort, Presqu'île de Malsaucy (La Plage) (France)
Dans la lumière étincelante de la Plage de la presqu’île de Malsaucy, Daniel Darc a prouvé que son retour était aussi pertinent sur scène que sur l’excellent Crèvecœur, son dernier disque en date… Ce concert dédié à l’immense acteur Marlon Brando - idole de tous les mauvais garçons de la Terre - restera comme un moment extrêmement fort des Eurockéennes 2004.

Tour à tour inquiétant, drôle, fascinant, émouvant ou violent, l’ex chanteur de Taxi Girl est désormais porté par un groupe soudé et puissant ; Frederic Lo (Guitares), Alice Botte (guitare flamboyante), Denis Clavaizolle (claviers parfaits et toujours a propos, 14 ans d’expérience chez J.L. Murat, ça sert) et une section rythmique au taquet. Bien campé dans ses jeans et pouvant compter sur ses musiciens pour créer des ambiances chanson, pop, rock, new wave ou folk, Daniel Darc peut poser sa voix aux accents Gainsbouriens pour un rendu souvent touchant, parfois déchirant, mais toujours marquant… Si l’ex junkie semble apaisé et en meilleure forme que lors de son dernier enregistrement (voir le documentaire de Marc Dufaud Rêve cœur en dvd bonus de l’album), on sent qu’il est toujours à deux doigts du dérapage non contrôlé, le spectateur peut ressentir presque à chaque instant qu'il émane de sa personne une révolte sourde et inextinguible. Des éclairs de colère traversent même parfois le regard de celui qui a choisi de mettre une terrible phrase de Johnny Cash sur la pochette de son disque : But I killed this man In Reno just to watch him die. Le différent final avec son groupe (qui se lance dans un morceau qu’il ne veut pas jouer) manquera même de mal tourner mais tout s’arrangera après un temps de flottement un peu stressant. Il aurait été bien dommage qu’un concert aussi parfait que celui-là soit gâché. Car de La pluie qui tombe à Je me souviens, je me rappelle et de Un peu c’est tout à Mes amis (tour à tour) (et sa citation des célèbres riff et refrain de You really got me des inestimables Kinks), en passant par Cherchez le garçon et Nijinski ou encore Psaume 23 (une adaptation de la Bible), Quelqu’un comme toi et N’importe quel soir, le public - ravi et enthousiaste - aura droit à un brillant florilège d’une carrière aussi chaotique que gorgée de morceaux mémorables.

Ce soir du samedi 3 juillet n’était vraiment pas N’importe quel soir, c’était celui d’une première rencontre scénique avec un artiste authentique et touchant ; espérons qu’elle sera suivie de bien d’autres moments d’exception en compagnie de Daniel DarcYou really got me, D.D. !

(Photo JP Blache)


www.danieldarc.net/
www.eurockeennes.fr/


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 12/07/2004

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