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Jazz à Luz - dimanche 11 juillet

2004

Boumag Connexion, Guy Villerd, Beessies, Le Tigre des platanes...

Luz-Saint-Sauveur (France)

du : 10 juillet
au : 13 juillet 2004
Après une courte nuit, direction la colline de Solferino ou nous attendent les premières festivités de ce second jour. Mais avant de s’y rendre, petit détour obligé par l’office du tourisme de Luz-St-Sauveur, histoire de se faire préciser, avec plan et joli sourire à l’appui, où se situe l’endroit. Après une petite ballade au cœur de la montagne, nous atteignons la dite colline ou se perche une église aux charmes agrestes.

Temps couvert, ambiance pique-nique (Ah, les merveilleux sandwichs au magret !!), le tout servi par le jazz festif du quatuor. Le mystère des éléphants (caisse claire, saxophone soprano, saxophone alto/flute, saxophone baryton). Déguisé en coloniaux (façon Tartarin de Tarascon) le quatuor joue sur les genres musicaux, à la croisée du mambo, du cha-cha-cha et de l’esprit des fanfares, accompagné de ci de là de touches d’humour bien senties.

A la fin du concert, le temps devient de plus en plus chaotique comme pour mieux accueillir la table ronde « Albert Ayler, free jazz et politique ». Un tour de questions/réflexions sur la création du free jazz et sa connexion avec la politique. Tandis que les grands noms du free font surface - Ornette Coleman, Cecil Taylor, Charles Mingus - le débat plonge dans la conception de la musique improvisée comme défiante aux gouvernements puisque hors normes et non formatée d’où un certain engagement, une certaine forme d’art politique non dénuée de textes comme on pourrait le croire. Enregistrements sonores à l’appui.

Après les débats, place au concret avec quelques mètres plus loin tranquillement installée dans des transats la chantefable d’Aucassin et Nicolette écrite au XIIIème siècle. Projet électroacoustique où l’auditeur se trouve plongé au cœur d’un dispositif de huit enceintes disposées en cercle pour une écoute transversale et aléatoire. Le caractère électroacoustique s’opère au niveau du texte en forçant le trait des personnages entrant en scène : voix cristalline pour la douce Nicolette, voix métallique pour les infâmes méchants, etc. L’auditeur ainsi captivé n’a plus qu’à se laisser bercer par le fil de l’histoire.

Après un café bien serré et surtout bien chaud, direction la maison de la vallée pour une nouvelle découverte sonore : Boumag Connexion. Composée à l’origine du duo Véronique Magdelenat (Saxophone) / Luc Bouquet (batterie), la formation s’accompagne ce dimanche d’un trio à cordes (chant, piano, contrebasses). Cordes pincées, chantées, triturées, chahutées, frappées pour des compositions denses, parfois retenues, souvent libérées. Un quintet assez inédit pour une musique qui l’est tout autant.


Boumag Connexion

A peine sortie de la maison de la vallée qu’un coup de fil anonyme (mais il se reconnaîtra) nous sort de notre torpeur en nous indiquant de nous rendre immédiatement voir les Beessies au Café du Centre. Comment résumer un tel épisode ??? Pas facile... Les Beessies , ce sont trois filles et un gars pour autant de possibilités. C’est une robe années 60 de couleur canari, un body rose fluo extrêmement moulant et une paire de collants bicolores. C’est aussi une power-pop sous influence punk, des claviers minimalistes et rigolos, et une chanteuse survitaminée. Bref un groupe terriblement pop, jouissif qui en a marqué plus d’un. En un mot « We love Beessies !!! »

Pause dîner avant d’entamer cette seconde soirée. En poursuivant le débat de l’après midi, Guy Villerd (Saxophone) investit la grande scène du chapiteau en compagnie de Xavier Garcia (sampler), de Christian Rollet (Batterie) et d’Eric Brochard (contrebasse) pour un hommage vivant et vibrant au compositeur Albert Ayler. Libre de toute forme, de tout dogme, le quartet nous propulse vers des sommets sonores jamais atteints. Tout en puissance, les musiciens nous livrent un magma sonore incroyablement dense et riche aux confins des genres. Une sorte de grand huit sonore avec sensations fortes garanties. Le quartet finit sa prestation par une composition personnelle sur laquelle Albert Ayler par la magie des samples dialogue avec les musicien tout en laissant cette phrase précepte « I feel quiet free ».


Guy Villerd

Un peu plus loin au Verger, nous assistons pour la seconde fois à la prestation du groupe Le Tigre des Platanes. Deux fois n’est pas de trop pour apprécier la musique du tigre. Une musique à l’image de son répertoire (Fela Kuti, Tom Waits, Marc Ribot, Medeski Martin and Wood ou encore John Lurie), éclectique et groovy. Impossible de ne pas se remuer devant ces quatre musiciens à la maîtrise parfaite de leurs instruments. Mention spéciale pour « Le Yak », une chanson déjantée, furibarde, qui fera date dans l’univers de la musique. Deux fois n’auront donc pas été de trop pour le Tigre des platanes, et puis quand on aime on ne compte pas...


Le Tigre des Platanes

Pour finir la soirée tout en son, nous nous dirigeons vers la salle des voûtes pour aller voir Api Wizz un trio de post-punk (car pas de paroles) fou furieux (même s’il s’en défendent), histoire de bien nous achever auditivement. Après ça, une petite pause bien méritée.


www.luz.org/

auteur : DrBou - drbou31@hotmail.com
chronique publiée le 15/07/2004

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