21/11/2017  |  4911 chroniques, 162 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 20/11/2017 à 16:13:07
    webzine
    recherche
    newsletter
    liens
    proposer
    chronique film
Control

Anton Corbijn
Etats-Unis - Sortie en France le 26 septembre 2007
scénario : Matt Greenhalgh
avec : Sam Riley, Samantha Morton, Craig Parkinson...
durée : 1h59
Il était très risqué de faire un film sur la vie de Ian Curtis, mais la sortie du livre de sa veuve Deborah Curtis « From Touching A Distance », apportait un nouvel éclairage sur la vie personnelle d’un artiste, admirable parolier et performer hors-pair.
Déjà dans le magazine « Mojo » de juillet 1994, le journaliste Jon Savage abordait ce que tout le monde savait sans jamais l’avoir dit, la « Love Affair » de Ian avec Annick Honoré (co-créatrice de la compilation « From Brussels with Love » et du label belge « Les Disques Du Crépuscule ») et ses difficultés insurmontables à gérer une vie de couple en pleine déliquescence, une célébrité grandissante et des crises d’épilepsie à répétition.
Le film tourné dans un noir et blanc immaculé donne une sensation surannée, qui ne dépaysera pourtant pas les fans, qui, eux, n’ont connu que les photos bicolores de Kevin Kummins et d’Anton Corbijn (prises respectivement à Hulme et au TJM Rehearsal Studio).
C’est avec beaucoup de soin, même si certains dialogues ont été inventés, que le réalisateur suit le fil conducteur du livre de Deborah Curtis ; mais la nouveauté vient des lettres qu’Annick Honoré a fait lire à Anton Corbijn pour compléter et enrichir le portrait d’un artiste bouleversé par ses tiraillements amoureux et un traitement médicamenteux encore peu efficace pour lutter contre l’épilepsie.
Au-delà du mythe romantique qui sied à Joy Division et surtout du suicide (annoncé ?...) de Ian Curtis, il y a la vie banale d’un couple qui se déchire et d’un esprit (celui de Ian) qui lutte contre un corps qui le dépasse et le fait souffrir. Un fait divers qui aurait pu sombrer dans les limbes de l’anonymat mais qui n’a malheureusement pas échappé à l’implacable inertie tentaculaire du Rock’N Roll Bussiness.
« Control » est grand film par sa très belle qualité esthétique, par une interprétation remarquable (Sam Riley et Samantha Morton en particulier), une reconstitution minutieuse de cette époque et par un rendu des concerts absolument saisissant (tous les comédiens jouent réellement de leurs instruments, voire déjà dans des groupes).
Il marquera surtout à jamais tous ceux qui ont vécu par procuration les errements de 4 Mancuniens dans les circonvolutions du « Crescent »...

PS) Le « Crescent » est la partie de Hulme (banlieue Sud-ouest de Manchester) où une grande partie des musiciens de Manchester de l’époque de Factory habitaient et jouaient... Maintenant il n’en reste rien ou presque.


chronique publiée le 10/06/2007

Partager


    foutraque
      
      
l'association  |  devenir partenaire