29/03/2020  |  5333 chroniques, 171 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 28/03/2020 à 15:36:48
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24 Hour Party People

Michael Winterbottom
Angleterre - 2002
avec : Steve Coogan, Andy Serkis, Shirley Henderson, Lennie James, Paddy Considine ...
durée : 112'
"Plus fort ! Plus fort le son !"

C’est sur cette apostrophe hautement cinéphilique lancée par un spectateur sur le générique que débute 24 Hour Party People. Le public présent dans la salle n’est de toute évidence pas là pour découvrir une œuvre destinée à marquer son époque et à générer multitude de petites soeurs innovantes dans son sillage. Non, les jeunes gens qui me côtoient veulent simplement se repaître d’une bande-son familière et jouer au blind-test toute la soirée avec leurs voisins.

Eh bien, c’est raté car le volume ne sera jamais à la hauteur alors que le cinéma sera au rendez-vous. Michael Winterbottom, réalisateur surprise de ce film-documentaire (fan transis ou historien en musicologie du week-end), traite son objet sous un angle particulièrement intéressant. C’est un certain Tony Wilson qui occupe la place du héros, plongé au cœur de la scène musicale anglaise de la fin des années 70, et non les artistes qui apparaissent en second plan. Il vit des aventures palpitantes au rythme des larsens irritants et des bières tièdes (crachats répétés au visage, menaces de mort par le chanteur "fragile" de Joy Division, fellation compensatrice à l’arrière d’une fourgonnette aux cloisons « moquettées » ….).

Pas de doute, la scène de Manchester est un univers glauque où les paillettes ne règnent que sur les rebords de lavabos et on comprend mieux comment les hymnes revêches des sex-ratios, les comptines glacées de Joy Division et les bouffonnades "dance" des Happy Mondays ont trouvé leur terreau dans ces lieux.

Mais n’oublions pas l’essentiel. Ce film regorge d’humour décalé, les acteurs sont criants de vérité (Shawn Rider est plus con que nature et Ian Curtis est réellement possédé), et la passion se lit dans tous les regards des habitués de l’Hacienda.

Dommage que le projet perde un peu d’ intérêt et de rythme vers la fin, c’est pourquoi je me permets un conseil : n’hésitez pas à vider quelques godets avant la séance, ça vous aidera à rester dans le coup, mais buvez avec modération, sinon vous risquez de crier rapidement "plus fort le son".


auteur : Sympathy for the DJ - sfdj@foutraque.com
chronique publiée le 09/10/2003

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