25/03/2017  |  4778 chroniques, 159 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 25/03/2017 à 12:56:51
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eRikm & FM Einheit

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Fondation Cartier - Paris
mardi 16 octobre 2008

avec : eRikm & FM Einheit

C’est dans le cadre des soirées Nomades liées à l’exposition sur le sculpteur César, qu'a eu lieu, à La Fondation Cartier de Paris, une rencontre avec le duo de choc eRikm et FM Einheit. Ces deux artistes ont en commun, tels des magiciens du son, de dresser et de manipuler le bruit qui grince et qui vibre à travers nos sens. Pour ce faire, eRikm utilise des samples et deux platines-disques, sur lesquelles il manipule des 33 tours en vinyl usagés pour avoir le maximum de craquements. Quand à FM Einheit, ex. percussionniste des fameux Einstürzende Neubauten, il utilise une taule en acier et un ressort relié à des micros, des briques rouges, un marteau, une perceuse et des tiges en fer. Voilà pour le matos ! Le décor étant posé, vous vous imaginez bien, qu’ici on est plus près de la performance artistique que du concert rock, traditionnel.
Avant d'évoquer leur perf', juste une petite remarque : c’est dommage qu’il n’y avait pas une petite scène, car à partir du 3ème rang le public ne pouvait rien voir. Ce qui est regrettable, car presque tous les sons sont joués en live. Il était en effet très intéressant de voir comment ils étaient créés, transformés voire manipulés. Car regarder FM Einheit, tenir dans ses mains une perceuse qu’il frotte contre un gros ressort suspendu au plafond du musée, pour en sortir des ronronnements industriels, ou bien le voir éclater avec un marteau des briques sur une planche en métal, ça fait son effet ! Ensuite comme un enfant qui joue avec du sable, il fait glisser avec ses mains, ses bras, les restes des briques sur la taule en fer. Le résulta sonore est magnifique.
Certes par instant ça résonne, surtout quand il tape avec ses baguettes en fer sur la taule (mais le public était prévenu, via une petite affichette à l'entrée du site). Malgré tout le résultat est souvent plus proche de l’ambiant que du bruit que l’on pourrait entendre dans une usine. Petit atout pour le public qui ne voit rien. Ainsi en fermant les yeux il peut se faire tous les films possibles (en cinémascope ou en super 8 !). Quand à eRikm, à la fois décontracté et concentré, il manipule ses disques vinyles, en les posant sur les platines les uns sur les autres. Le bras des platines avec la pointe en diamant souffrira beaucoup. Avec eRikm c’est un peu "tout ce que l’on ne peut ou doit pas faire chez soi avec sa propre platine disque". A savoir coller un gros ruban adhésif marron (celui qui sert à fermer les cartons de déménagement) sur la pointe en diamant et tirer dessus comme un forçat -cela produit de jolis sons-, rayer les disques vinyles, taper ses disques sur la platine, bref maltraiter son matos.

Une fois présenté nos deux ouvriers en métallurgie, on pourrait penser que chacun joue de son côté dans son univers, et qu'au final il n'y a aucun morceaux. FAUX. Le mélange de ces deux univers -l'un proche de la musique indus, l'autre familier du scratch- est au final un pur bonheur sonique. Leur musique n'en fait qu'une et nous plonge, vers une transe organique et sensorielle. C'est un voyage vers l'obscurité, avec des éclats de lumière rouge. A la fois beau et tripant ! Par contre le trip ne fut pas très long, environ 45 minutes. Mais c'est peut être mieux ainsi, car cela évite de tomber dans la monotonie. Il vaut mieux un concert court et intense qu'un long set qui fini par lasser. Après le petit rappel de rigueur, le public quittera le musée. Les deux musiciens rangeront tranquillement leur matériel, en évitant de marcher sur les sculptures nommées Expansions de César. Cool et serein, FM Einheit, se change d'ailleurs dans la salle. Son pantalon de travail est sûrement très sale à cause de la poussière échappée des briques. Les personnes qui traînent un peu, peuvent d'ailleurs discuter et saluer nos artistes. C'est le pur concert de proximité. Au final une très bonne soirée pour tous les amateurs du SON qui ne respecte pas le son du moment. Je veux dire par là, un son hors des modes et des tendances. Bien que La Fondation Cartier soit parfois avec ses soirées Nomades un peu justement tendance !
Pour mémoire, un autre membre de Einstürzende Neubauten, était déjà passé à la Fondation Cartier en février 2001, à savoir le chanteur charismatique Blixa Bargeld. Il nous avait fait une performance vocale des plus stupéfiantes. Devant un public assis et très sage, il enregistrait en direct des sons avec ses cordes vocales, qu'il faisait graver à la technique. Le résultat lui servait de bande-son pour chanter dessus. Etonnant !

Sites à consulter :
http://www.myspace.com/fmeinheitfmeinheit
http://www.myspace.com/erikmofficial




www.fmeinheit.org/
www.erikm.com/
fondation.cartier.com/

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 26/10/2008

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