29/03/2020  |  5333 chroniques, 171 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 28/03/2020 à 15:36:48
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Jean-Louis Murat (entretien à propos de l'album Taormina)

Des Lendemains Qui Chantent, Tulle
samedi 4 novembre 2006

Après avoir traversé une tourmente chargée d’énergie négative en 2005, l’année 2006 fut plutôt riche en événements positifs pour Jean-Louis Murat, avec la sortie fin août d’un très bel album intitulé Taormina, suivi d’une jolie tournée traversant la France entière d’octobre à décembre… Au printemps 2007, le tour de France de JLM (avec ses trois musiciens/porteurs d’eau) repartira sillonner les routes en passant par les villes non visitées en 2006, avant de se lancer dans des apparitions live dans les festivals d’été. De nombreuses occasions supplémentaires de découvrir Taormina sur scène, donc.

Rencontré à Tulle avant son concert dans la salle Des Lendemains qui Chantent, Murat lève le voile sur la genèse de Taormina, présente son nouveau groupe de scène, parle de la compilation MC1, Back in Clermont-Ferrand, explique ses choix musicaux (de JJ Cale à Otis Redding en passant par The Guillemots, John Lee Hooker ou encore le MC5), disserte sur ses coups de cœurs du moment et évoque même son rôle de con de service sur les plateaux de télévision ! Attention, Murat a beau avoir plus de vingt albums au compteur, il bouge encore… et si certains ne voient en lui qu’une tête de con, il a surtout la tête remplie de notes et de textes savoureux… Avec ses riffs de blues inoxydables et ses mots fleuris, Murat n’a semble-t-il pas fini de faire parler la poudre ! Tant mieux…


« Je ne suis pas sûr que ça soit toujours très bénéfique de trop réfléchir. Si tu es architecte, il faut peut être réfléchir, mais pour faire des chansons de 3 minutes, il n’y a pas besoin non plus de réfléchir pendant 107 ans ! »

Il y a eu beaucoup de changements dans ta vie privée et professionnelle pendant l’enregistrement de l’album… Est-ce cela qui explique le délai de deux ans entre ton dernier album et Taormina ?
Jean-Louis Murat : « C’est le changement de maison de disques (NDR : de Labels Virgin à V2 Music) qui explique le délai, le temps de discuter, tout ça quoi… Puis, je me suis calé sur le rythme de ma nouvelle maison de disques, et voilà, j’ai attendu un an et demi. Ça m’a paru un peu long mais bon, je n’en fais pas une affaire. C’était toujours la guerre avec Labels pour sortir mes disques et puis le business n’est pas vraiment fait pour encaisser autant de disques aussi rapidement. J’ai fait preuve de réalisme avec la sortie de Taormina

Est-ce que tu avais la volonté d’évacuer tes peines personnelles dans l’album ou est-ce que tu as abordé des thèmes plutôt sombres sans t’en rendre vraiment compte, inconsciemment ?
C’est venu naturellement, c’est après que je m’en suis rendu compte, avec ce qu’on m’en disait. Moi, bizarrement, je ne réfléchis pas tant que ça : je fais les choses et après les gens me disent ce qu’ils en pensent… Souvent, je découvre après ce qu’il y a vraiment dans le disque ; dans le fond, je ne réfléchis pas trop.

Tu as un peu changé de méthode de travail (tu as en particulier pas mal enregistré chez toi je crois)… On dirait que cela t’a plutôt stimulé puisque l’album est bon ; le changement de méthode semble avoir porté ses fruits.
Oui, on me dit ça souvent… Alors là je ne suis pas tout à fait d’accord : je ne vois pas en quoi Taormina est mieux que Moscou, je pense que cet album était vraiment bien. J’ai eu plus de temps pour chipoter, le disque est sans doute le résultat des hésitations. Je ne suis pas sûr que ça soit toujours très bénéfique de trop réfléchir. Si tu es architecte, il faut peut être réfléchir, mais pour faire des chansons de 3 minutes, il n’y a pas besoin non plus de réfléchir pendant 107 ans ! Je maintiens malgré tout que ce qui est intéressant dans le job que je fais, c’est l’espèce d’immédiateté, d’instantanéité des choses. Je trouve que c’est la dernière des différences entre ce que moi je peux essayer de faire et la variété : il faut être assez rapide, assez réactif et ne pas trop réfléchir. Plus s’oublier soi même, laisser monter l’énergie et faire les choses plus à l’énergie… Les grands disques qui ont donné leurs lettres de noblesse au job ont été souvent faits par des gens qui avaient 3 heures pour enregistrer et qui n’avaient pas le temps de se casser la nénette pendant des jours et des jours. Les hippies, les drogués, les Pink Floyd et compagnie, les Beatles, ils te mettent deux ans pour faire un disque et ça les tue. Donc, moi je suis plus pour une façon de travailler années 50 ou 60 où les mecs faisaient l’album dans la journée. Parce que quand on réécoute maintenant, c’est quand même vachement plus intéressant : un vieux Otis Redding fait en 2 jours, c’est quand même mieux qu’Ummagumma (NDR : double album de Pink Floyd) fait en 2 ans. Il faut de tout, mais ça devient un peu de la musique de bourges, je trouve que c’est bien si la musique que je fais reste un peu populaire et prolo. Quand, après, les étudiants en arts machin commencent à faire de la musique, ça prend une tournure qui ne me parait pas très catholique : tu commences par ça et tu finis à la Star Academy à la fin. Si on écoutait ce que disent les profs de la Star Ac, il n’y aurait plus de musique !


« Tous mes disques sont très intimes, il n’y a que moi qui comprend tout ce qui se passe dans mes disques, c’est ultra intime... »

En écoutant Taormina, j’avais l’impression que c’était ton disque le plus intime : pas de cordes luxuriantes, enregistrement à la maison, chœurs réalisés par ta femme, Laure...
Intime, oui, ça c’est de bosser chez soi. Tous mes disques sont très intimes, il n’y a que moi qui comprend tout ce qui se passe dans mes disques, c’est ultra intime, alors ça change pas non plus fondamentalement je crois, c’est plus la façon de chanter qui amène ça… C’était beaucoup plus relax de chanter chez moi, ça a beaucoup changé les choses.

Est-ce que cette méthode de travail t’a plu ? Tu la rééditeras l’avenir ?
Ecoute, je n’aime pas trop faire deux fois la même chose, donc ça changera obligatoirement. C’est plus l’état d’esprit que la méthode… Donc la méthode n’a pas tant d’importance que ça, c’est surtout l’état d’esprit qui importe.

Taormina sonne comme une rencontre rêvée entre deux de tes meilleurs disques, Mustango et Lilith…
Pas con, pas con (rires) ! Il y a sûrement un peu de ça, je dirais que Mustango, bizarrement, c’est sans doute l’album que j’ai le plus contrôlé : c'est-à-dire que c’est là que j’ai décidé de travailler seul plutôt que de continuer à travailler avec Denis (NDR : Clavaizolle). J’avais fait les démos tout seul sur Mustango ; c’est quand même un disque que j’ai fait seul, même si après il y a les musiciens bien sûr… Mais disons que pour la mise en place, faire les démos et réfléchir, j’étais seul ; c’est vrai que des démos depuis Mustango, je n’en avais pas vraiment fait, donc cela explique peut-être pourquoi ils se ressemblent un peu avec Taormina. J’aime beaucoup le premier jet, comme c’était le cas sur Lilith ou Le Moujik. Je me suis beaucoup plus impliqué sur ces disques ; faire les lignes de basse, les claviers, les batteries sur les démos, c’est beaucoup plus proche de moi. Même sur Taormina, j’ai pensé pendant un moment à tout faire tout seul, puis ça m’a paru un peu con, un peu ennuyeux. Mais l’idée au départ, c’était de tout faire tout seul.

Tu as fait des concert solo en début d’année (en Suisse et aux Sable d’Olonne), est-ce que ça te plairait de faire un disque totalement solo à la guitare sèche ?
Je ne dis pas que ça me plairait mais ça ne me poserait pas vraiment de problèmes je crois… Parce que par exemple, les démos de Taormina sont guitare/voix ou piano/voix, donc j’ai l’habitude de passer par cette phase là où je fais des trucs tout seul.


« Je ne crois pas trop à l’inspiration… Ça vient après coup : tu es bien, tu écris une chanson par hasard, ça s’appelle Taormina, tu ne sais même pas pourquoi ça ressort. Après, tu peux donner des explications mais c’est le fruit du hasard, plutôt qu’autre chose… »

Est-ce que tu peux évoquer ce qui te plait quand tu vas à Taormina, en Sicile ? Le côté volcanique, le fait que le lieu soit chargé d’histoire, est-ce cela qui t’a inspiré ?
En fait, ça m’a plus inspiré une chanson, c’est plus le nom même de Taormina. Pour le reste, je ne crois pas trop à l’inspiration comme ça… Ça vient après coup : tu es bien là bas, tu écris une chanson par hasard, ça s’appelle Taormina, tu ne sais même pas pourquoi ça ressort. Après, tu peux donner des explications mais c’est le fruit du hasard, plutôt qu’autre chose… J’aime beaucoup aller là bas, bien sûr.

Tu y vas souvent en villégiature ?
C’est privé, c’est un truc de couple d’aller là bas… C’est bien d’y aller quand ça pèle en Auvergne et que là haut à Douharesse, on attend le printemps, qui arrive à la Saint-Jean chez nous… Ça parait assez long et donc au Printemps, j’ai toujours envie d’aller voir ailleurs ce qui se passe parce que tout le monde profite de cette saison sauf nous : là haut, on est encore dans la neige… C’est plutôt ça l’habitude, sinon, je passerais bien mon temps à Douharesse, ça ne me dérangerait pas…

Je trouve les visuels de Taormina très réussis ; comment as-tu rencontré les graphistes qui ont réalisé la pochette, M & M ?
C’est Laure qui s’est occupée de ça… En fait, j’ai été très surpris parce qu’ils sont super fans, ils ont dit oui immédiatement, ça les branchait. Ils ont fait le clip de Caillou, l’affiche de la tournée, tout quoi… J’ai découvert des fans qui sont devenus des amis, mais je ne savais pas du tout ce qu’ils faisaient avant. Quand je vois tout ce qu’ils font, je suis assez flatté. Je trouve qu’ils bossent vraiment bien !

A l’intérieur du livret, on te voit dessiné, en train de jouer de la guitare électrique au milieu des éléments déchaînés (en haut d’un volcan en éruption), c’est une image romantique de musicien solitaire auquel tu es sensible, qui te décrit bien, ou pas ?
Ça c’est Michaël et Mathias, les deux M & M… C’est une idée de Mathias, comme il connaît bien ce que je fais, je l’ai laissé faire, c’est plus une idée de fan, je ne suis vraiment pas intervenu, je lui ai foutu la paix…


« On me parle toujours de Neil Young, mais je me reconnais beaucoup plus dans JJ Cale. S’il y a un artiste dont je me sens proche, c’est bien de lui ! »



Avais-tu des disques de chevet durant l’enregistrement de Taormina ?
En général, quand j’enregistre, je n’écoute pas grand-chose, sauf des vieux trucs… Si j’écoute quelque chose c’est du classique ou des « conneries » comme ça. Je n’écoute vraiment pas beaucoup de musique quand j’enregistre, c’est plutôt quand j’ai fini l’enregistrement que je dévore un an de nouveautés.

Il y a une chanson qui parle de JJ Cale sur Taormina… Peux-tu parler de cet artiste ?
Je suis fan de la première heure, j’ai tous ses disques ! On me parle toujours de Neil Young, mais je me reconnais beaucoup plus dans JJ Cale. S’il y a un artiste dont je me sens proche, c’est bien de lui !

Quels sont tes coups de coeur musicaux du moment ? J’ai lu que tu avais apprécié les albums des Raconteurs et des Black Keys
Ah oui, ça c’est super ! J’ai beaucoup aimé également le disque des Guillemots, ils ont d’excellentes compos ! Ils ont fait une Black Session qui était super. C’est la virtuosité du chanteur/compositeur qui me plait, il a une sorte de talent supérieur, il mélange tout, il a un sens mélodique tout à fait exceptionnel… C’est encore un peu confus, mais je trouve qu’il y a un potentiel terrible. Quand tu fais le même job, tu te dis « putain, lui, il est vraiment bon ! » J’écoute ça avec envie ! J’envie cet art de mélanger toutes les influences comme ça…

Ce qui me dérange sur le disque des Guillemots, c’est la voix à la Freddy Mercury… Ça ne te gène pas toi ? ?
Non, mais si tu veux Freddy Mercury, c’est une façon de chanter dans cette musique là qui s’est un peu perdue, parce qu’on est un peu tombé après Jeff Buckley et Radiohead, dans une sorte de gémissement sans fin… Je trouve que la façon de chanter de Mercury, ce n’est ni Deep Purple, ni David Bowie mais il y a quand même quelque chose d’un peu supérieur, d’un peu inégalé ; chaque fois que des personnes vont titiller cette façon de faire là, moi ça ne me dérange pas, je trouve que c’est vraiment la classe…

Avec Raie Manta et Gengis, je trouve qu'Accueille-moi paysage est un des meilleurs titres du disque (une évocation poétique de la mort, un au-revoir à tout ce qu’il y a de beau dans la vie sur fond de rock à la Creedence Clearwater Revival), est-ce que tu en es content ?
On est toujours très mal placé pour juger son travail... Parce que c’est plutôt Laure et mon entourage qui ont insisté pour que le titre apparaisse sur le disque ! Normalement, ce morceau ne devait pas être sur Taormina, c’est notamment Aymeric (NDR : Létoquart), l’ingénieur du son avec qui j’ai bossé sur tout le disque, qui m’a dit le dernier jour où j’ai enregistré le chant à Douharesse : « j’aime beaucoup ce titre, tu déconnes, tu devrais le chanter… ». Et je lui ai dit « tu m’embêtes avec ça… » et j’ai juste pris cinq minutes pour le chanter, alors qu’initialement je ne voulais pas faire de chant dessus, ça ne me plaisait pas ! Alors, tu vois comme on peut être très mauvais juge de ce qu’on fait. Aujourd’hui encore, on l’a jouée pour les balances, mais c’est Dom qui m’a dit « pourquoi vous ne faites pas Accueille moi paysage ? », sinon on ne la joue jamais.

Cela me rappelle l’histoire des Jours du jaguar, un de tes classiques, que tu avais mis sur bandes le dernier jour des sessions de l'album Lilith…
Oui, aussi, ouais, comme quoi hein (rires) !


« Je m’en rends compte : beaucoup de gens pensent qu’il n’y a pas plus con que moi sur Terre… Et il y en a qui ne se gênent pas pour me le dire, d’ailleurs ! »


La chanson Billy, au cours de laquelle tu traites quelqu’un de con, est assez drôle… Qui est ce fameux con ?
C’est moi ! Il y a beaucoup de gens qui pensent ça : « t’es vraiment qu’un con ! » Je m’en rends compte : beaucoup de gens pensent qu’il n’y a pas plus con que moi sur Terre… Et il y en a qui ne se gênent pas pour me le dire, d’ailleurs ! Ça vient de la télé je crois… Je ne sais pas si c’est rigolo cette chanson donc… En toute cas, c’est un peu ironique, c’est de l’autodérision : « T’es vraiment qu’un con Billy, prends garde à tes façons ! » De plus en plus, je rencontre des gens qui me disent : « j’aime bien ce que vous faites mais vraiment vous êtes un con ! »

Les gens te disent ça en face ?
Pas aussi ouvertement mais en gros, c’est ça… Alors j’ai bien conscience du problème, mais c’est le monde médiatique qui fait ça ; c’est bien beau de faire ton disque, de monter sur scène, mais il faut passer aussi sous les fourches caudines des médias… Et comme les médias, c’est hyper craignons et vulgaire, je n’ai pas trouvé d’autre façon de me comporter dans les médias que de craindre… S’il y a un truc qui craint, il faut craindre ! Tu ne vas pas dans les médias, chez Ruquier ou je ne sais pas qui, pour faire un cours de philosophie, tu vas là-bas pour déconner. Chaque émission de télé est une sorte de pièce de théâtre très mauvaise, et si tu acceptes d’y aller (t’es obligé, sinon, tu ne vends pas de disques… ), d’un seul coup, tu te retrouves dans une sorte de comédie de boulevard super mauvaise où tu as un rôle et où tu es obligé de rentrer dans le groove minable de ce truc là, sinon on se demande ce que tu viens faire ! Et, bon, après c’est un problème de responsabilité : t’as une maison de disques, il fait que tu te défonces un peu… Par exemple, quand tu fais l’émission de Ruquier, les ventes démarrent ! C’est dramatique bien sûr, mais c’est comme ça, on ne va pas refaire le monde… Alors je sais qu’il y a beaucoup de gens qui préféreraient que je reste tel l’ermite à Douharesse en attendant que ça se passe, en faisant des disques avec des cassettes autoproduites mais ce n’est pas du tout ma philosophie, ma façon de voir les choses. Tous les trucs que j’aime bien en musique, ils marchent, tu vois ce que je veux dire : les plus grosses ventes en musique, c’est les Beatles, c’est Elvis Presley, c’est Nirvana, c’est Michael Jackson… On ne peut pas dire que ce soit de mauvais trucs, non ? En France, on est peut être une l’exception, nous : ceux qui vendent le plus sont les plus mauvais, mais, ma foi, ce n’est pas pour ça qu’il faut tirer un trait sur les médias. Ceci dit, c’est un cauchemar quand même ; moi, ça me rend malade d’aller faire ça. En faisant de la musique, je n’avais jamais envisagé de devoir aller faire le con sur les plateaux de télé pour essayer de vendre des disques. Mais, bon, la notoriété a définitivement remplacé le talent donc on ne peut pas trop lutter, je ne me ses pas trop Don Quichotte : me battre contre les moulins à vent, ça va quoi !

Chaque fois que tu es sur un plateau de télé, ils se débrouillent pour inviter quelqu’un qui est là pour te provoquer…
Ah mais tout est provocant à la télé ! Dès que tu arrives sur un plateau, c’est toute l’absurdité du monde qui te saute à la gueule ! Tu vas toujours trouver un truc qui est effroyablement mauvais. L’autre fois, c’était cette pauvre nana de Closer (NDR : un magazine people genre torche cul) mais tout le reste était ridicule : Elizabeth Guigou, Laurent Ruquier, Michel Polac, tu peux rentrer dans le lard de tout le monde, ils sont tous au même niveau. Polac dit que la télé c’est de la merde, qu’il ne sait pas ce qu’il fout ici, alors que ça fait 50 ans qu’il en fait, et qu’il revient tous les samedi ! Ça me fait donc un peu marrer, et il y a de quoi s’énerver !


« Je pense que Burgalat, il commence à en avoir marre que je prenne ses musiciens à chaque fois ! »


On va reparler de musique et changer de sujet… Peux-tu parler de ton nouveau groupe de scène, avec David Forgione à la basse et Michaël Garçon à l’orgue, qui sont venus rejoindre Stéphane Reynaud à la batterie ?
C’est deux mecs d’As Dragon, on a répété un peu et puis voilà on fait le truc… Le trio, j’en avais un peu marre, et puis Fred (NDR : Jimenez) enregistrait son album pour faire une carrière solo – ce que je trouve très bien d’ailleurs – et As Dragon, ce sont de bons musiciens, c’est un bon groupe français, alors autant aller « taper » dans un bon groupe ! En plus, on s’entend bien, donc ça roule ! Je suis très content.

Tu as « débauché » à peu près tout le groupe As Dragon, sauf le batteur et la chanteuse Natasha... N’aurais tu pas des projets de duo avec la belle et douée Natasha ?
Non, non, je ne le sens pas… Enfin, sait-on jamais ! Je ne sais pas, a priori, non. Non, ça va, je pense que Burgalat, il commence à en avoir marre que je prenne ses musiciens à chaque fois (rires) !

Sur la dernière tournée tu reprenais joliment I heard it through the grapevine de Marvin Gaye au milieu de ton morceau Jeanne la Rousse, pourquoi ne fais-tu pas plus de reprises sur scène ?
Tu sais, j’ai un public très « chanson française » ! Et puis, j’ai plein de chansons à moi aussi… Des fois, lors des balances, on fait des trucs rigolos, comme Papa was a rolling stone… Ce matin, j’ai dit aux musiciens que j’aimerais bien faire Born under a bad sign, la version Albert King


« MC1, on a fait ça cet été, un jour de canicule avec Stéphane, tous les deux, comme des grands, pour donner un coup de main, c’était sympa à faire. La compilation est très bien… »

Justement, sur la compilation MC1, Back In Clermont-Ferrand, tu apparaîs sous le nom de Gengis avec une jolie version de Motor City is Burning du MC5… Est-ce que tu peux en parler ?
C’est Didier Veillault qui m’a demandé de le faire… On a fait ça cet été, un jour de canicule avec Stéphane (NDR : Reynaud, à la batterie), tous les deux, comme des grands, pour donner un coup de main, c’était sympa à faire. La compilation est très bien… On a enregistré une version de Motor city is burning à notre façon, plutôt inspirée par John Lee Hooker que par celle du MC5.

Quels sont les jeunes groupes clermontois qui ont particulièrement retenu ton attention sur la compile ?
Le groupe de filles, j’ai oublié le nom…

Eleasy ?
Oui, c’est ça, je me souviens surtout d’elles. Sinon, je trouvais que ce n’était pas très clermontois MC1, ils chantent tous en anglais, ça me paraissait un peu bizarre…

Dernière question, je voulais savoir si tu avais vu le film Quand j’étais chanteur qui raconte l’histoire d’Alain Chanone, un chanteur de bal clermontois ?
Non, je ne l’ai pas vu…

Est-ce que tu aurais pu finir comme lui - en reprenant des tubes des autres lors de galas - si tes chansons n’avaient pas eu de succès ?
Ah, non, sûrement pas… sûrement pas ! »


Merci à Laure Bergheaud.

A lire également : des entretiens avec Murat en octobre 2004 (sur A bird on a poire), octobre 2003 (sur Lilith) et juin 2003 (sur le concert pour Koloko), ainsi que les comptes-rendus des concerts à Clermont-Ferrand (Koloko juin 2006), Sédières, Clermont-Fd (pour Koloko 2005), Issoire en avril 2005, au Café de la Danse à Paris, à Aurillac

Sites Internet :www.jlmurat.com, www.leliendefait.com, www.v2.fr, www.taormina.fr, www.deslendemainsquichantent.org.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
interview publiée le 02/01/2007

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