27/04/2017  |  4796 chroniques, 159 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 25/04/2017 à 17:16:33
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Craftmen Club : Rock'n'roll animal...

Paris
Hiver 2008

Bienvenue au club, non pas de foot mais des Craftmen. Ces trois gars de Guingamp ont préféré manipuler la voix (Steeve), la basse (Marco) et la batterie (Yann) pour la sauvegarde du rock’n’roll plutôt que le ballon et les crampons (très Cramps tout ça !) ! Après un excellent premier album produit par Matt Verta-Ray from Heavy Trash mais sorti exclusivement en Bretagne (et oui toujours cette "ligne Maginot" qui sépare la Bretagne du reste du monde !), le deuxième opus Thirty Six Minutes bénéficie d'une sortie nationale. Finalement le marché régional est un peu trop concentré (rires).
Cet album est un fameux exercice 100% rock’n’roll garage avec ambiance BO du grand Ouest. A croire qu’en Bretagne on n'est pas seulement inspiré par les cousins Irlandais mais aussi par le désert du Grand Canyon. Manuel Poirier avec son film Western nous avait déjà donné une vision du Grand Ouest Français. Comme le duo Bordelais Magnetix, Craftmen Club vit et respire la musique rock garage, comme si leur vie en dépendait 24 h sur 24. C’est clair, ce trio à tout compris au rock. Des titres sauvages avec une dose de mélodie bien sentie. Leurs modèles (Gun Club, Jon Spencer, Violent Femmes, Fleshtones) peuvent en être fiers.
Rencontre avec des mecs qui ont la rage aux dents et qui aiment les sirènes du générique TV de Starsky & Hutch.

Racontez nous l’historique du trio, dans quelle circonstance c’est formé Craftmen Club ?
Yann : Une aventure qui a commencé de manière très classique. On jouait dans le même local de répèt dans notre fief, à Guingamp, dans différentes formations. Et en attendant les autres on se retrouvait souvent là, à ne rien faire, donc on faisait de la musique et c’est parti comme ça. Rapidement on a donné quelques concerts dans le coin, puis on a enregistré une première démo que nous avons un peu diffusé. On a rencontré pas mal de gens qui nous ont permis de jouer en Bretagne, et on a monté une asso qui gérait les affaires du groupe. Le premier palier franchit, on a gagné un tremplin qui nous a ouvert les portes des Vieilles Charrues durant lequel nous avons donné un concert chaotique. Tout s’est enchaîné très rapidement, avec des hauts et des bas comme pour tout groupe de rock en France. Aujourd’hui, on a un tourneur national qui bosse bien pour nous et toujours un management associatif. On fait beaucoup de kilomètres pour jouer un peu partout sur le territoire et on espère que cela va durer encore un bon petit moment.

Pour les personnes qui ne vous connaissent pas. Quelle est votre particularité par rapport à un autre groupe de rock ?
On fait du PROTOTYPE ROCK’N’ROLL MUSIC. Prototype pour l’utilisation d’un sampler, chose qui n’est pas courante dans un groupe de rock, c’est souvent une seconde guitare samplée (on l’appelle notre « guitar hero »), des voix de vieux films à la Russ Meyer ou bien des sons électro. Sur scène, on utilise le sampler comme un véritable instrument. Les différentes boucles sont gérées par un clavier que Marco déclenche avec son pied tout en jouant de la basse. Parfois, Steeve vient aussi s’amuser avec le sampler, généralement en fin de set quand tout part en live.

Parlez-nous nous des conditions d'enregistrement de Thirty Six Minutes. Il s'est construit de quelle manière ? Quelle est l'inspiration, l'idée première qui a donné le ton de l’album ?
Marco : En fait, la création de l'album a pris un an, entre les compositions et les maquettes. Puis, on est allé enregistrer en Belgique au Studio Gam avec le producteur Scott Greiner (ingénieur du son avec Steve Albini et les Melvins). Le tout a été fait en moins d'une semaine pour le volet instruments, puis les voix ont été faites dans notre studio. Il s'est passé presque 2 ans entre l'enregistrement et la sortie de l'album, ça a été très long. L'inspiration est venu à l'écoute de groupes comme Gun Club, Violent Femmes, Sixteen Horsepower, Red, Nick Cave and the Bad Seeds, Johnny Cash, Hank Williams. Ces derniers inventent souvent des personnages dans leurs chansons, chose que l'on ne faisait pas avant. Après l'écriture de quelques textes, on a remarqué qu'une histoire se dessinait et qu'on pouvait y intégrer un personnage, d'où l'apparition de Gary Blood. Puis tout a découlé de lui.

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Niveau instrumentation (banjo, piano) et sons, l'album est plus étoffé et moins brut que sur le premier. C'est le résultat que vous espériez ?
On voulait passer une étape par rapport au "premier album". Rentrer dans la cour des grands, se faire remarquer. Il fallait un bon studio, le matos pour répondre à nos attentes et une personne qui avait de l'expérience dans de gros studios. On a tout eu ! Donc dans l'ensemble, on est satisfait.

Votre premier album était sorti confidentiellement (seulement en Bretagne). Thirty Six Minutes a une meilleure lisibilité, des chroniques et vous avez fait la UNE du supplément du journal régional Le Télégramme. C'est la consécration ?
La consécration, non pas encore, on commence juste à exister dans le paysage musicale français pour les médias et le grands publique. Cela viendra peut-être avec le prochain album ou celui d'après ou bien jamais. Tout ce qui arrive en ce moment fait du bien au moral, motive les troupes et nous permet de commencer à travailler pour la suite.

Vous êtes un excellent groupe live ! Que fait Steeve le chanteur pour se mettre dans cet état avant de monter sur scène ?
Yann : Il écoute Fire Of Love, il fait une prière pour Johnny Cash et Jeffrey Lee Pierce. Non sérieusement, il y a toujours beaucoup de pression avant le concert. On craint toujours le grain de sable qui viendrait perturber le spectacle comme un problème de son ou de matériel. On se concentre sur ce qu’on a à faire du mieux possible. Et si tout va bien, on se lâche !! Steeve, c’est un peu l’électron libre du groupe. Il fait ce qu’il lui passe par la tête. Le concert idéal de Craftmen Club, c’est un super son bien rock sur scène et en façade, un set qui roule et tout ce qu’il faut de folie et de sauvagerie scénique. Quand tout se passe nickel, le show devient vraiment musclé et hystérique. Le public est à bloc et nous sur scène, c’est la même chose. Steeve est assez imprévisible, il a la fâcheuse tendance à jouer avec tout ce qui lui passe entre les mains, c’est un instinctif. A chaque concert, on essaye de chauffer le public au fur et à mesure que le set avance pour qu’il puisse être très très chaud sur le final. Question jeux de lumière, on recherche plutôt la simplicité et l’efficacité. Du blanc, du rouge et beaucoup de noir en effet. On aime aussi bien utiliser des diapos avec des formes géométriques simples ou des symboles connotés comme la tête de mort. On ne mettra jamais ce genre de trucs sur nos pochettes, mais pour le show, c’est la classe ! On a rarement quelqu’un aux lights, du coup ces effets visuels restent assez exceptionnels. (à propos de leurs prestations live, lire le compte-rendu de leur concert au Printemps de Bourges 2005 . Cette chronique est approuvée par le groupe, qui trouve que le texte résume bien leur prestation).

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Avez-vous joué à l’étranger ? Si oui quels souvenirs en gardez-vous ? Où aimeriez vous jouer ?
Yann : On n'a pas vraiment joué hors de France. Seulement une fois en Belgique et une fois en Suisse sur une tournée commune avec Blacktime, ce n'est pas facile de s'exporter. On a très envie de jouer à l'étranger, maintenant il faut que ça se concrétise, on a quelques pistes. On aimerait beaucoup étendre notre terrain de jeu. Faire des milliers de kilomètres n’est pas une chose qui nous dérange vraiment et quand on voit que la plupart des groupes rock passent bien souvent plus de temps en Allemagne, en Scandinavie ou en Espagne, c’est qu’il y a forcément une raison. Actuellement le rock en France bouge plutôt bien.

Vous vous sentez proche de quels groupes Français ?
Sloy est notre référence française. Sinon on s’entend bien avec des groupes comme The Elektrocution. A ce sujet, c’est Max, le chanteur du groupe, qui a réalisé la pochette du premier album et notre affiche. On a déjà joué une dizaine de fois en ensemble. On a aussi pas mal joué avec The Film. Les Cowboys From Outerspace et BDK & The Rollercoasters sont deux autres groupes avec qui, humainement, cela se passe toujours très bien.

Pour vous quels disques traversent toutes les époques et restent indémodables ?
Fire Of Love du Gun Club, Johnny Cash at San Quentin, les albums de Fugazi et Mélodie Nelson de Gainsbourg.

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Lux Interior le chanteur des Cramps vient de mourir. Que représente ce groupe pour vous ? Un petit message à faire passer à titre posthume ?
Marco : C'est un groupe qui a inspiré le début du groupe, et encore au niveau de l'attitude scénique. C'est un nom qui restera dans l'histoire du rock a côté de tant d'autres.

Le noir est très présent chez vous. La pochette de Thirty Six Minutes, votre look, et la lumière très sombre en live. C'est la couleur qui vous ressemble le plus, c'est la couleur du rock ?
Je ne sais pas si le noir c'est la couleur du rock, mais c'est celle qui nous correspond le mieux. Elle est le reflet crasseux de nos âmes.

Vous habitez à Guingamp. Vous y sentez vous bien ? L’équipe de foot étant très lié à la ville, est ce que vous vous intéressez à ce sport ?
Yann : Oui nous y sommes bien, on y habite depuis toujours. Et puis, on en parlait tout à l’heure, il y a le Galopin (café-concerts). C’est le bar le plus rock’n’roll de tout les temps. On y a fait jouer des tonnes de groupes et pas des moindres : Atom Rhumba, BDK & The Rollercoaster, NRA, j’en passe et des meilleurs. Généralement les groupes se souviennent de leur soirée Guingampaise. Quand il y a un club comme ça, il y a tout.
Marco : Pour la sortie du nouvel album, nous y avons fait un concert. On a joué comme des pieds, le public nous a tourné le dos tout le concert et le patron nous a viré du bar. Très mauvais souvenir ! (LOL)
Yann : Par contre le foot, on s’en fout.

Parlez-nous de vos projets pour l'année 2009 ?
Tourner, faire connaître l’album, mûrir encore, et se préparer pour le prochaine album.

Album : Thirty Six Minutes (Upton/Discograph)

Photos signées Cathimini et Paskal Larsen

A lire : la chronique de Jesus is a hit and run, driver, man



www.myspace.com/thecraftmenclub
profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendid=127888458

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
interview publiée le 23/02/2009

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