21/11/2017  |  4911 chroniques, 162 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 20/11/2017 à 16:13:07
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Clair Obscur : En technicolor

Paris
Printemps 2009

Formé en 1981 à Creil par les frères Demarthe, Clair Obscur fait parti de ses groupes en marge, difficile à classer, malgré le fait que dans les années 80, leur public était majoritairement cold-wave/indus. A l'époque, avec des groupes tel que, Die Bunker, Norma Loy, Complot Bronswick, Nox, Die Form, Dazibao, Von Magnet, Clair Obscur a la particularité de mélanger coter influences, musiques et cultures (peinture, littérature, classique, baroque, théâtre, danse) avec force et singularité.
Alors Clair Obscur un groupe arty réservé à des intellos? Non, car musicalement, la rage et l'excitation issue de l'after punk leur donnent des couleurs certes clairs et obscurs mais aussi tous feux tous flammes et imprévisibles. Avec eux on n'est pas dans le cérébral (quoique…), mais bien dans le rock qui se vit par l'instinct. La preuve encore vivante aujourd'hui avec leur nouvel album "We Gave A Party For The Gods And the Gods All Came" (chronique ici) sorti après 10 ans d'absence discographique. Et bien, même s'il reste des couleurs et des tics "années 80", ce disque sonne vraiment actuel. C'est une pure réussite, qui ne décevra pas les fans du groupe, et surtout il est recommandé aux jeunes pousses de le découvrir.
Ce disque donne du baume au cœur, ce qui n'était pas gagné d'avance, car ce n'est pas toujours évident de les suivre, ces hommes là. Déjà leurs carrière discographique composé de K7, de maxi, de 45t et 33t vinyles, de CD et DVD, le tout sur divers labels, sans oublier des titres dispatchés sur de nombreuses compilations. Des concerts qui ne rentrent pas dans la logique tournée/promo pour la sortie du disque, et qui sont joués dans des lieux inhabituels comme les théâtres. Très peu d'articles dans la presse mainstream, sur eux c'est plutôt du côté fanzines et blogs que l'on trouve des infos. Oui Clair Obscur est un groupe en marge, c'est donc avec plaisir que nous avons quelque éclaircissement sur leur démarche et sur leur étonnante carrière, grâce à Christophe Demarthe qui n'a pas la langue de bois.
 
 
Tout au long de votre carrière, la formation Clair Obscur a eu pas mal de variantes côté personne. Présentez-nous la formation 2009.
Depuis sa reformation en 2004, Clair Obscur est un duo constitué de Nicolas Demarthe, guitariste et membre fondateur du groupe, et de moi-même. Pour nos concerts live, nous avons invité plusieurs artistes (Mimetic, Phil Von, Flore Magnet, Dorota Kleszcz, Pierre Beloüin). Pour notre nouvel album, nous avons fait appel à Bruno Dupont qui a été l’ingénieur du son, le batteur et le troisième Clair Obscur, ainsi qu’à Sabine Martel (voix) et Aline Montfort (flûte).
 
Clair Obscur, c'est le travail de deux frères. Un peu comme une famille du cirque unie par la même passion. Vous avez toujours aimé la musique ? Et côté goût de style, pas trop de friction entre vous ?
Clair Obscur est une entité qui se transforme et se déforme autour d'un noyau dur composé de Nicolas, mon frère, et de moi-même. Ces dernières années, j'ai composé l'essentiel des musiques : je propose un titre à Nicolas qui le valide ou non et en compose les parties de guitare. Il y a une alchimie entre nous à la Faux-semblants de Cronenberg (sourire) et un système de sauvegarde permanent, alterné, suivant nos expériences personnelles. Nous avons réalisé un album de darkdisco l'année dernière sur un label allemand et je voulais le signer Clair Obscur: Nicolas a refusé, et il a eu raison. Personne ne sait que c'est nous et le disque marche très bien. Nous n'avons pas les mêmes goûts mais nous partageons une discipline et une vision du monde qui se retrouve dans les choix du groupe. Je suis beaucoup plus éclectique et lui électrique.

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Cela faisait dix ans que vous n’aviez pas fait d’album ("Nulle aide" 1999). Quelle fut la motivation première pour vous plonger dans le projet "We Gave a Party…" et pourquoi êtes-vous restés discrets côté nouvelles compos ces dernières années ?
Depuis la fin des années 90 je me suis plongé dans un travail plus personnel et électronique sous le nom de Cocoon (à ne pas confondre avec le duo pop/folk de Clermont-Ferrand), une approche plus conceptuelle de la musique. Clair Obscur me manquait physiquement. C'est une question de rythme. Je travaille dans la durée - plus comme un plasticien ou un écrivain qui construit un dispositif sur un temps long, par opposition à la combustion fulgurante des groupes de rock. Je me suis toujours refusé, par paresse peut-être mais aussi par refus d'un système qui ne me correspondait pas, à enchaîner jusqu'à l'épuisement sorties de disques, concerts, tournées. Nous avons aussi beaucoup sabordé notre image et notre musique afin peut-être de la protéger. Faire de la musique - comme la nôtre - est une sorte de sacrifice, de machine infernale qui peut te détruire en te marginalisant et en t'enfermant dans un cadre qui finit par pourrir. J'essaie d'être le plus lucide et le plus résistant pour préserver et mon énergie présente et ce que nous avons mis en place dans le passé.
 
Sur cet album on trouve ce curieux titre "Mon ami mon frère" où vous énumérez un peu comme dans "Salut à Toi" de Bérurier Noir, des noms de politiciens. La mélodie et le texte restent bien mémorisés dans notre tête. Vous pouvez nous dévoilez le sens et l'origine de ce morceau ?
C'est un morceau performatif. Il n'a pas besoin de commentaire.
 
Dans une de vos interviews vous disiez que vous n'aimiez pas les textes à message. Vous avez changé d'avis sur ce sujet avec "Mon Ami mon frère" ?
Tout texte est un message. Je me souviens dans les années 80 du groupe Gold et de leur tube "Plus près des étoiles". Finalement il y avait un message. Pour cette chanson, c'est un peu pareil. Cette mélodie sucrée et cette scansion sont là pour mieux s'infiltrer et laisser - j'espère - un mauvais goût dans la bouche. Je voulais aussi casser un peu la dynamique des chansons plus profilées Clair Obscur 80. Mais j'en dis déjà trop.
 
Sur l'album vous faites une reprise de Joy Division. Ce groupe reste important pour vous ? Et pourquoi le choix du morceau "Decades" ?
Joy Division est limite devenu une marque, un objet transitionnel qui se déplace de générations en générations, mais qui résiste cependant bien au temps contrairement aux Ramones, Motörhead, par exemple, qui sont devenus des motifs à T-shirt et dont les disques sont devenus des objets de décoration, des fétiches. Joy Division est un diamant brut, difficile à transformer en pacotille. Et je trouvais intéressant, dans le contexte de la sortie des films (fiction ou documentaire) et de toute la presse qui a relayé ce possible mythe, de reprendre un morceau du groupe - mon préféré (normal) "Decades" - sans doute par provocation, à la fois parce que c'est opportuniste mais parce que c'est aussi très prétentieux, difficile. J'avais envie de cette chanson, de l'interpréter - comme une brûlure. J'ai trop de respect pour ce groupe, et je crois aussi que le temps était venu - je me sentais capable de le faire. J'ai rencontré Ian Curtis et nous avons passé une soirée ensemble. C'était quelqu'un d'incandescent et d'hypnotique, mais surtout quelqu'un de très drôle et de sympathique. Cela personne ne le dit. Il se moquait de lui comme de nous, les français qui n'avaient rien compris au rock. Je lui parlais d'art et il me disait que c'était bien nous: faire de l'art et pas du rock.
 
Votre version de “Decades“ finit avec un silence de trois minutes. Quelle en est la raison ?
J’ai d’abord songé à faire une minute de silence pour Ian Curtis. Et puis j’ai préféré faire trois minutes de silence pour les trois survivants.
 
Toujours côté reprises mais là un titre à vous, vous faites "Blume" déjà présent sur vos albums "In out" et "The Pilgrim's Progress". Pourquoi le rejouez-vous sur votre nouvel album ?
Nous reprenons jusqu'à l'ivresse et l'épuisement nos propres chansons. Elles traversent ainsi le temps et s'en imprègnent. Ecoutez le son des morceaux des années 80. C'est une autre énergie. La chanson est un prétexte. Ce qui compte, c'est sa transformation, sa mutation un peu comme un peintre ou comme un écrivain qui reprend inlassablement son travail, comme les vagues sur la plage. Il y a aussi la volonté de se faire du mal en usant ses propres créations, en les remettants sur la table, en les disséquant. Cela énerve aussi les labels qui cherchent du neuf, de l'inédit. Rien n'est inédit. Sans doute dans quelques années nous ferons un album par chanson avec toutes leurs interprétations. Je crois au désœuvrement. Une bonne chanson reste une bonne chanson. Pourquoi en écrire d'autres ? 
 
Le son, le style de votre nouvel album revient sur votre côté plus rock, et moins théâtral / musique classique. Vous aviez besoin de retrouver cette essence primitive de l'adolescence ?
Je ne sais pas. Je ne me pose pas la question de cette façon. Cela répond à des nécessités et à des réactions très simples face à ce que nous faisons. Nous procédons par rupture et par opposition. 
 
A votre avis est-ce que c'est un hasard si en ce moment des groupes français des années 80 se reforment pour un concert ou bien sortent des nouveaux  (et en plus des bons) albums ? Je pense à Charles de Goal, Complot Bronswick.
Nous étions déjà morts dans les années 80. C'est pourquoi nous sommes encore vivants. Clair Obscur n'a jamais cessé d'exister. Je pense que les groupes français des années 80 ont été sacrifiés par la presse et par un public naïf. Il y a dans ces retours une certaine justice. Le problème qui se pose est le décalage dans le temps : refaire la même chose ou quasi la même chose après une interruption de 20 ans est angoissant, vraiment comme si ces groupes étaient allés en prison ! Le monde a changé. On n’est pas dans "Retour vers le futur". La nostalgie ne peut suffire, surtout celle-là, superficielle. L'espoir du rattrapage de l'histoire. N'est pas Picabia qui veut ! C'est un peu morbide et pathétique et nous y participons ! 
 
Etes-vous restés en contact avec des groupes de l'époque ?
Pas vraiment. Déjà à l'époque nous assistions à une lutte de territoire et de genre - parfois folklorique mais terriblement destructrice. Si les groupes moteurs de l'époque dont nous faisions partie s'étaient soutenus les uns les autres, nous aurions pu faire émerger cette scène que l'on salue aujourd'hui. C'était dans le feu de l'action qu'il fallait le faire. Nous avons appris à nous connaître, et les survivants se retrouvent aujourd’hui à des concerts, spectacles. C'est un peu comme les vieux indiens qui se retrouvent après des années de guerre contre les cow-boys dans un camp retranché à boire du coca et faire des ronds de fumée. Je n'aime pas cela - par peur et par dégoût aussi de ce que nous nous avons laissé, de la société que nous avions voulu transformer : belle réussite !
 
Le label Infrastition fait un travail de réédition des artistes New-Wave français. Ils ont édité en DVD votre live de 1984 et vos albums. Vous pouvez nous parlez de votre travail avec eux, comment vous les avez connus ? Et cela vous fait quoi de vous retrouver sur ce catalogue où se trouvent les groupes majeurs de la scène new-wave française ?
Alex Louis est quelqu'un de formidable. Il sait lui aussi attendre. Il est comme un moine, un archiviste maniaque qui ne fait que ce qui lui plaît. Il travaille non pas pour l'Histoire, comme par exemple les organisateurs des "Jeunes gens modernes" (1), mais pour sa propre histoire et celle des groupes qu'il a aimés. Il anticipe la manière dont circuleront les biens culturels entre les micro-réseaux dans le futur. Il travaille comme un orfèvre, pour simplement mettre à disposition des musiques qui n'étaient plus disponibles et cela dans des conditions optimales. Je ne partage pas forcément ses goûts mais comprends et soutiens son engagement. Comme il exhume les cadavres, nous avons préféré pour ce nouvel album qui n'est pas une réédition travailler avec Pierre Beloüin et son label Optical Sound qui, à sa manière, incarne aussi une nouvelle façon de faire exister la musique, de la lier avec d'autres disciplines artistiques, de la montrer par exemple. Son catalogue est très pertinent et ouvert - oscillant entre musique contemporaine, electro-clash, post rock, musique expérimentale. C'est un directeur artistique au sens noble du terme, quelqu'un qui est capable d'intervenir dans l'art contemporain, la musique, la vidéo. Il va d'ailleurs sortir une sorte de magazine/fanzine en septembre qu'il ne faudra pas manquer. Clair Obscur y participera.
 
Le code barre du CD "We Gave A Party…" placé sur la photo de la pochette au niveau des yeux a quelle signification ? Une critique de notre société de consommation ?
C'est, je pense, de la part des graphistes qui ont réalisé cette pochette (Pascal Béjean et Nicolas Ledoux - fondateur du défunt fanzine Out of Nowhere (2)) une façon de la déconstruire, d'agencer en faisant sens les différents éléments et espaces. Il n'y a rien sur cette pochette : des nuances de gris très 80, le texte uniquement sur la bande grise, une photo grise du chanteur, un code barre très clair obscur. Placer le code barre sur les yeux du chanteur, c'est une réponse à toutes ces pochettes de disques de rock post-variet qui misent tout sur le chanteur. Là les choses sont claires.
 
Et la photo avec le couple qui regarde la mer, pourquoi ce choix ? C'est une artiste qui vous touche tout particulièrement ?
Florence Lebert (3) a effectivement un travail qui nous touche. De façon assez incroyable, quels que soient les lieux, les pays, qu’elle photographie, elle parvient à en tirer quelque chose de semblable, de constant, qui unirait toutes ces réalités disparates. Elle en fait comme une force chorale.

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Au courant des années 80 vous étiez associés au mouvement cold/ industriel. Quel regard portez-vous aujourd'hui sur cette musique ? Est-ce que vous avez été voir à Paris à la Villette en juin 2008 le concert de Throbbing Gristle ?
Oui, je suis allé voir TG à La Villette. TG, Psychic TV me constituent, de la même façon que Joy Division. Ce sont des musiques sœurs. Le concert de juin 2008 était chargé de gravité. Que peut-on dire lorsqu’un frère est dans la douleur ? (4) Cette musique participe à l'histoire du rock, de façon particulière, car elle annonçait déjà les mutations de genre et les passerelles entre les différentes disciplines - mais de façon violente et sans stratégie marketing comme on le constate aujourd'hui. Il y a avait une incroyable énergie, une inconscience aussi - un espace à prendre, des territoires à conquérir. Ce qui n'est plus le cas aujourd'hui où la seule stratégie de survie consiste à prendre le maquis, à se dissimuler, à braconner sur les terres de l'art ou de l'e-commerce. J'ai du mal avec la réécriture de cette histoire, souvent romancée et superficielle, que des gens incompétents s'approprient. Le rock souffre de textes critiques, de travaux d'historiens au bon sens du terme. Mais quand j'écoute le dernier album d'Alan Vega, je me dis que c'est bien qu'il soit encore debout.
 
Quelle notoriété avez-vous à l'étranger ? Quels sont les pays où vous avez des fans ?
Nous avons refusé la première partie de Depeche Mode sur la prochaine tournée mais avons accepté quelques dates à Dubaï. Clair Obscur est connu en Allemagne, en Italie, en Grèce même, par un public jeune. Il y a parfois des croisements incroyables. Il suffit parfois juste d'une écoute, d'un concert, pour que cela bouge. Je reçois des mails du monde entier, des gens qui téléchargent  notre musique de partout. C'est très particulier et excitant.
 
Avez-vous été sensible à la musique électro de ces dernières années, par exemple le label Warp ?
Bien sûr. Un de mes derniers coups de cœur est l’album « Adèle et Hadrien » de Lionel Marchetti, paru chez Optical Sound. C'est plus de l'électro-acoustique.
 
Quand vous avez débuté en 1981, c'était l'époque des radios libres. Aujourd'hui c'est Internet avec MySpace, You Tube, FaceBook, et des sites avec possibilité de téléchargement. Quel regard portez-vous sur ces médias ?
C’est grâce à MySpace que nous avons été invités à jouer en Italie ou que nos morceaux ont été réédités en vinyle sur le label allemand Vinyl On Demand. Grâce au net la musique ne meurt plus. Les labels qui ont bloqué les groupes pendant des années paient maintenant le prix cher, et c'est véritablement réjouissant.
 
Le site blumen.fr est très complet. C'est vous qui le gérez ?
C’est un « fan officiel » qui gère ce site non-officiel, Jean-Marc Boucher alias Taalem.
 
Votre groupe a bientôt 30 ans, soit presque l'âge du Christ. Avec le temps quels sont les changements dans votre façon de créer, de composer ?
Aucun en dehors du fait que j'ai un Mac !
 
Côté textes, vous chantez en français, en anglais en allemand. Le choix de la langue arrive à quel moment dans la création ?
L’atmosphère musicale dicte le choix de la langue. Mais ne vous préoccupez pas trop des textes de Clair Obscur. Là n’est pas l’intérêt.
 
Je suis étonné, de par le style de votre musique, que vous n'ayez pas plus travaillé avec des chorégraphes et pour le théâtre. C'est parce que vous n'avez pas eu des projets intéressants ?
Si, j’ai beaucoup travaillé avec des gens de théâtre, notamment avec Bruno Lajara dont je suis presque le compositeur attitré. Seulement, je le fais sous mon nom propre, parce qu’il s’agit de se mettre au service d’une œuvre et non de jouer sa musique. C’est un exercice intéressant où l’on explore des sentiers inhabituels qui peuvent ensuite nourrir votre travail personnel. Il m’est arrivé aussi de travailler avec des plasticiens (Ultralab, Pierre Beloüin, P. Nicolas Ledoux, Icon Tada) en tant que Cocoon, et dans ce cas j’apporte l’univers de Cocoon. Il est arrivé enfin qu’un chorégraphe célèbre utilise la musique de Clair Obscur, mais comme je ne suis pas sensible à son travail, il n’y a pas eu de suite.

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Je pense que vous aimez les expos, l'art (votre musique à un côté dadaïste). Quels sont les artistes/mouvements/expos qui vous ont inspirés ?
Munch a été le premier choc. Les situationnistes étaient plutôt cool. La récente rétrospective des expositions sur le vide à Pompidou était vraiment bath. Je ne pose pas de limite entre les disciplines - c'est une question d'affinité et de temps. Mais écouter de la musique aujourd'hui implique d'aller voir des expositions, de lire des livres, d'aller au spectacle. Tu ne peux pas survivre à ton époque si tu te contentes du "spectacle" le plus paresseux qu'est la musique. Tu meurs dans le vide, tu deviens vide. C'est ce que je reproche beaucoup à la scène des années 80, de s'être enfermée dans la musique. Aujourd'hui il y a une nécessité à travailler ailleurs et alentour à aller voir ailleurs, ce que l'on ne comprend pas à continuer à explorer, à se mettre en danger. Il n'y a pas d'enjeu à réécouter un vieux Clair Obscur. Le dernier: oui. Venir nous voir en concert : oui. Aller voir les artistes avec qui je travaille : oui.
 
Votre nom Clair Obscur a-t-il un sens ? Ou c'est juste un jeu de mot ?
C'est beau. C'est un nom ouvert au temps - un entre-deux qui nous va bien. Et je vais vous donner un scoop : ce n'est pas nous qui l'avons trouvé, mais Rozz Williams de Christian Death qui nous l'a soufflé un soir lors d'une discussion animée sur les origines de la peinture contemporaine et l'influence de Turner. Il aimait et connaissait très bien la peinture.
 
Quand vous n'avez pas d'album en chantier, avez-vous un travail alimentaire ? Si oui, c'est lié (ou pas) à la musique ?
Oui, la musique me nourrit depuis plusieurs années (c’est un luxe que je mesure). Nicolas est explorateur.
 
Comme vous venez de sortir un album, y a-t-il des concerts de prévus ? Si oui, ils seront joués sous quelle forme ?
Des concerts sont prévus à la rentrée. C’est un peu tôt pour en parler.
 
Il y a cinq mois est sorti un « Tribute to Charles de Goal ». Seriez-vous content qu’il y ait aussi un « Tribute to Clair Obscur » ?
Oui mais c'est nous qui ferions les morceaux.
 
Message ou autre à rajouter, à faire passer ?
Achetez le disque de Clair Obscur et piratez les autres.
 
 
(1) - Exposition qui a eu lieu à Paris du 3/04 au 17/05 2008 dans La Galerie du Jour Agnès B.
(3) - Excellent fanzine français tendance cold/noise/indus qui n'a duré que trois numéros entre 1988/89
(4) - Genesis P.Orridge, chanteur de TG et Psychic TV, venais de perdre sa compagne (chronique du cd de P.TV  ici)
 
Photos signées Pascal Bejean, Carine Le Malet et Ludovic Leleu


www.clairobscur.net
www.myspace.com/clairobscurofficial
blumen.free.fr/index2.htm

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
interview publiée le 06/06/2009

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