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Plastiscines : Jeunes, Jolies et Soniques

Paris
27 octobre 2009

Quelques jours avant la sortie de leur deuxième album About Love, les Plastiscines invitent le public à découvrir sur scène leurs nouveaux morceaux. C'est dans la salle de la Boule Noire à Paris que cela ce passe.
Après une tournée et l'enregistrement de leur disque About Love aux States, les petites "femmes de Paris" arrivent pile à l'heure sur scène dans une salle comble, avec le gratin rock de la capitale (dont Philippe Manœuvre, mais pas Patrick Eudeline). Les quatre filles dans le vent, à l'aise sur les planches font tout de suite de l'effet (sans prozac !). Les Plastiscines 2009 ont grandi, ont pris sur les planches de la testostérone (en espérant que cela ne vient pas de la nourriture américaine) côté son et attitude "chic et choc "avec une petit arrogance re-belle, très plaisante. Energiques, sensuelles et glamours, tel des Barbarella sous le soleil de Miami, avec un milkshake et non pas des sucettes à l'anis entre les lèvres.
Leur rock est donc aujourd'hui plus relevé et sonne très FM ricain. Entre Pat Benatar, Phil Spector, B52's, et les Runaways, fini (ou peut être en mode pause) le côté sixties/France Gall de Zazie fait de la bicyclette et place aux décibels. La poupée de son est devenu la poupée du SON.
Rencontre avec Katty (guitare et chant) et Ana (Batterie).

Partir aux Etats-Unis enregistrer votre nouvel album, c'était vital pour vous ?

Katty : Cela s'est fait vraiment naturellement. On arrivait à un moment où nous venions de nous séparer, d'un commun accord, de notre ancienne maison de disque et l'offre de Nylon Records est arrivée. Cela était une opportunité parfaite pour nous et nous sommes partie à l'aventure sans nous poser de questions ! Nous nous sommes envolées avec une vingtaine de chansons dans la poche sans vraiment savoir avec qui on allait travailler. C'est une occasion que peu de groupes Français peuvent expérimenter, alors dans ces cas là, il faut foncer et c'est ce que nous avons fait. Et au final tout s'est très bien passé.

Dans quel état d'esprit avez vous abordé la composition de About Love ?

Ana : Nous avons vraiment pris notre temps pour cet album. Nous voulions trouver notre son et pouvoir mélanger nos influences pour aller dans un style un peu différent et plus travaillé.

L'album a été produit par Butch Walker (The Donnas, Weezer, Hot Hot Heat…). Pourquoi ce choix ?

Ana : Nous avions rencontré Butch à peu près un an avant d'enregistrer About love. C'était au festival Coachella, le plus gros festival de musique des Etats-Unis. Il avait adoré notre concert, le courant était très bien passé entre nous. Quand le projet de partir aux Etats-Unis s'est précisé, le nom de Butch Walker est réapparu. Nous sommes alors partis à Los Angeles pour enregistrer quelques morceaux avec lui. Le fait qu'il ait travaillé avec beaucoup d'artistes pop féminines très connues nous plaisait mais nous effrayait aussi. C'est un des plus gros producteurs américains du moment et on ne connaissait pas sa manière de travailler, il aurait pu tout changer. En fait tout s'est passé idéalement, encore mieux que ce qu'on espérait. Il a tout de suite compris la direction que l'on voulait prendre et nous a donné les moyens d'y parvenir sans pour autant radicalement changer nos morceaux. Il a mis en forme ce que l'on pensait, mais que l'on avait parfois du mal à exprimer clairement.

Sur le nouvel album il n'y a pas de chanson en français du type Zazie fait de la bicyclette. Pour quelle raison prenez-vous du recul avec le coté yéyé à la France Gall ?

Katty : Nous n'avons pas cherché à prendre du recul par rapport à ce coté "yéyé", je pense que cela a été juste une évolution naturelle. Nous ne voulions pas faire le même album tout simplement et je pense que nos chansons et nos textes en français ont évolué, tout comme nous avons évolué musicalement.

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Hier soir (le 26 octobre) vous avez joué votre premier concert à Paris avec vos nouvelles chansons. Vous aviez le tract?  Qu'avez vous pensé de votre concert et du public ?

Katty : Non nous étions plutôt décontractées finalement. Nous étions très excitées de revenir enfin à Paris, de pouvoir montrer à nos familles, amis et fans que nous étions encore là et encore plus fortes ! Ce concert restera un très bon souvenir.

En voyant votre concert hier soir, j'ai trouvé que votre style s'est durci. Moins pop et plus rock "pêchu". C'est la nourriture, le mode de vie américain qui a donné cette couleur à vos nouvelle compos ?

Ana : Non pas du tout, nous avons beaucoup travaillé pour faire cet album, nous savions exactement ce que nous voulions et notre producteur nous a vraiment aidé à aller au bout de nos idées.
Katty : Nous avons eu deux ans entre le premier et le second album pour pouvoir travailler et composer. Nous savions exactement quel son nous souhaitions avoir : un mélange entre des guitares très dures et des voix plus mélodiques. Nous nous somme beaucoup inspirées des Girls bands des années 60 comme les Shangri-Las ou Ronettes pour tout ce qui est chœurs.

Vous avez fait la reprise de Nancy Sinatra These Boots Are Made For Walking. Et justement Katty, tu ressembles beaucoup à Nancy. Que représente cette chanteuse pour toi ?

Katty : Je suis une grande fan de Nancy Sinatra. C'était une icône à son époque de la femme libre qu'elle représente bien d'ailleurs avec cette chanson These Boots Are Made For Walking. J'adore aussi tous les duos qu'elle a faits avec Lee Hazelwood, dont la fameuse chanson Some Velvet Morning qui est une de mes chansons préférées.

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Quel(s) est (sont) le(s) grand(s) changement(s) entre les Plastiscines 2006 et les Plastiscines 2009 ?

Ana : La batteuse ha ha ! Non beaucoup de choses ont changé, mais je dirais plutôt, évolué : nos influences, notre manière de jouer, notre manière de composer, nos espérances...
Katty : Les Plastiscines de 2009 ont sans doute plus confiance en elles. Ce deuxième album nous a permis de nous rendre compte que l'on était capable de choses dont on se croyait incapables.

Quel regard portez-vous aujourd'hui sur vos années Gibus ?

Katty : Je pense que nous avons un regard un peu nostalgique de ces années, comme n'importe quelle personne qui pourrait se remémorer ses 16 ans. Nous étions tous là pour la musique et c'est ce qui nous rassemblait tous les vendredis soirs au Gibus. Nous avons tous grandi avec de la musique asceptisée comme les Boys band et la Dance en générale. On ne se retrouvait pas du tout dans ce genre de musique, alors on s'est créé notre propre monde, un monde où l'on pouvait s'épanouir musicalement mais aussi humainement.

Si vous vous retrouviez face à Philippe Manœuvre dans l'émission de La Nouvelle Star, quelle reprise joueriez-vous ?

Ana : Cet Air Là de France Gall, nous la reprenons en acoustique.
Katty : Sûrement une chanson de Nancy Sinatra.

Dès vos premiers concerts, vous avez été soutenu par Philippe Manœuvre et Busty de Rock & Folk. Face à ce spécialiste du rock, le challenge, la pression n'ont pas été trop pesants pour la sortie de votre premier CD LP1 ?

Katty : Non justement, ce sont des gens qui nous ont toujours soutenu, qui nous ont vu débuter, donc la pression ne venait vraiment pas de ce côté là. Je pense qu'il n'y a jamais eu de réelle pression pour nous, nous avons toujours eu beaucoup de critiques, qu'elles soient bonnes ou mauvaises, et cela nous a permis de ne pas trop se poser de questions et de passer au dessus de celles-ci, lorsque ces dernières étaient négatives et cela depuis notre premier concert ! C'était peut être plus un challenge personnel, et nous étions fières de ce que nous avions réalisé en si peu de temps.

En contrepartie en France dans le milieu rock pur et dur, quand on parle de vous ça fait souvent sourire, car j'ai l'impression que l'on ne vous prend pas au sérieux, on vous prend juste pour un "girls band pour bobos parisiens". Pourtant des groupes exclusivement féminins Français, cela fait bien longtemps qu'il n'y en a pas eu (depuis Les Calimités ?). Bref que pensez vous de cette attitude machiste et injuste envers vous?

Katty : En France, le rock (et la musique en général) est très cloisonné. Il faut rentrer dans certaines cases (punk, gothique, skateur, rock "Français") pour être accepté. Il faut des termes et des définitions précises pour chaque style musical. Tu n'as pas le droit de faire quelques chose qui n'a pas encore était catégorisé et décortiqué par la presse. C'est d'ailleurs pour ça que les médias ont tout suite tenu à nous qualifier de "bébés rockers". Enfin on rentrait dans quelque chose de conceptualisé que l'on pouvait expliquer au grand public par A+B. En France, tu fais du rock si tu beugles des mauvais textes engagés contre la faim dans le monde, l'argent et la politique avec 4 guitares qui jouent la même chose et une batterie binaire. Peut importe que tu sois une fille ou pas d'ailleurs. Ceci n'était et n'est toujours pas la vision que nous avons du rock, nous en avons une vision plus anglo-saxonne. D'ailleurs que ce soit au Etats-Unis ou en Angleterre nous n'avons jamais rencontré de tels problèmes. En somme nous nous foutons totalement que de vieux antipathiques blasés et déprimés ne nous trouvent pas assez rock pour eux!

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Vous écoutez chez vous des groupes féminins ? Si oui lesquels ?

Katty : Nous avons été beaucoup influencé lorsque nous avons commencé le groupe par The Slits, un groupe de filles anglais de la fin des années 70. Nous avons d'ailleurs eu la chance d'assurer leur première partie pour quelques dates il y a deux ans lorsque nous avons joué pour le festival Les Femmes S'en Mêlent.

Pour les filles, vous devez je pense représenter une certaine liberté, car vous faites ce que vous aimez. Vous y pensez parfois, à l'image, la démarche que vous véhiculez ?

Katty: Nous n'avons jamais vraiment pensé à l'image que l'on véhiculait, mais je ne pense pas qu'elle soit mauvaise, nous sommes assez représentatives des jeunes femmes d'aujourd'hui. Nous faisons certes un métier un peu différent, mais nous avons toujours été libres de nos choix. Nous avons eu la chance d'avoir des parents qui nous ont laissé vivre notre passion, nous ont encouragé et soutenus. Mais ils ont aussi vu que l'on travaillait énormément et que notre investissement dans la musique était total. Si l'on veux faire ce que l'on aime, il faut s'en donner les moyens et surtout il est obligatoire ne pas avoir peur de prendre certains risques ! En ce qui nous concerne, tout ceux que nous avons pris on été payants. Malgré tout encore aujourd'hui nous nous rendons compte qu’en tant que femme on nous demande toujours de justifier notre place ou de l'expliquer alors que cela devrait être tout simplement normal (qu'il s'agisse de la musique ou d'autre chose d'ailleurs).

Est ce que en live à certain moment le regard des garçons sur vous, ne vous effraie pas, ne vous perturbe pas ?

Ana : Non pas du tout, nous n'y faisons pas attention.

Pour revenir aux Etats-Unis, parlez nous de votre tournée. L'accueil, les villes dans lesquels vous avez joué, quelques souvenirs dignes de bonus pour DVD !

Ana
: Nous avons énormément de souvenirs des Etats-Unis, nous passons la moitié de notre temps là-bas et ce n'est pas pour rien ! Nous avons toujours le meilleur accueil possible et nous avons des souvenirs exceptionnels comme l'enregistrement de l'album à Malibu, la tournée cet été avec des paysages et des rencontres magnifiques. Beaucoup trop de choses à raconter en interview. À voir dans les bonus du DVD (LOL).

La famille et les amis vous ont accompagné aux States?

Ana : Oui via Skype et nos ordinateurs, sans lesquels nous nous sentons totalement perdus !

Quand vous vous retrouvez dans des fêtes familiales, on vous sollicite pour jouez un morceau ?

Ana : Haha oui souvent. Je pense qu'ils sont vraiment fiers de nous et en veulent encore plus.
Katty : Non jamais. Bizarrement je me sentirai peut être plus mal à l'aise à jouer devant ma famille que devant des inconnus.

Comme Prince vous êtes sur le label Because Music. Avez-vous tenté votre chance pour voir ses concerts au Grand Palais ?

Ana
: Non pas du tout, notre label n'est pas là juste pour nous avoir des places de concerts, c'est beaucoup plus sérieux que ça.
Katty : Nous savions que ce serait très compliqué pour avoir des places, nous n'avons même pas tenté notre chance !

Message ou autre à rajouter à faire passer ?

Katty : Soutenez la campagne tck tck tck contre le réchauffement climatique ! (www.timeforclimatjustice.org)
Ana : Notre superbe blog lesplastiscines.com !!!
Katty : Nous jouons le 10 Novembre à la FNAC des Champs Elysées pour présenter le nouvel album About love qui d'ailleurs sortira le 9 Novembre.


About Love - Because Music

Photos : Paskal Larsen et DR

www.myspace.com/plastiscine
www.plastiscines.com

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
interview publiée le 05/11/2009

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