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Bruno Montpied: Explorateur des jardins anarchiques - Partie 2

Paris
Mars 2011

Suite de l'interview de Bruno Montpied.
On reprend son souffle, et on commence cette deuxième partie avec une question sur le rôle de la femme dans ce milieu plutot masculin.


Les sites sont dans une grande majorité réalisés par des hommes. Quel est la place de la femme dans ces environnements ?
Très limitée. Il y a peu de sites créés par des femmes. Dans notre film, et dans le livre, sont évoqués deux sites peu connus dus à des femmes, celui de Madame C. , en Normandie, qui, souffrant d’un cancer, se levait la nuit pour oublier ses souffrances en créant un labyrinthe arachnéen de papier mâché emplâtré à l’intérieur de sa maison, et celui de Mme Sassano, réalisant par le truchement d’un mari obéissant, un jardin bourré de statues toutes faites, hyper kitsch, achetées dans différentes grandes surfaces spécialisées, l’ensemble, par son côté hétéroclite accumulatif, constituant tout de même une surprise. Chez le couple Darcel, madame met en peinture les sculptures de son mari, vernit et restaure les œuvres.

Concetta et Michele Sassano, jardin fait d’accumulation de statues toutes faites (Pas-de-Calais), © ph. BM, 2010

J’ai constaté qu’au fil du temps on rencontre davantage de couples qui font plutôt bon ménage quant à l’activité créatrice parfois débordante de l’homme (chez Donadello, cela se passe bien par exemple, chez Madame C. aussi, son mari a tout préservé depuis la mort de sa femme, chez Vasseur, la famille a gardé un excellent souvenir du papa créateur). L’activité du mari est plutôt bien accueillie par la femme qui pense que cela empêche son époux de déprimer en s’ennuyant à la maison. De plus, elle ne l’a pas trop dans les pattes dans l’intérieur de la maison qui est traditionnellement son fief !
Il a existé dans le temps cependant des femmes qui étaient de véritables viragos, aux limites de l’hystérie. Je me souviens de la femme de Virgili au Kremlin-Bicêtre qui à la fin des années 1980 nous a mis dehors, un copain et moi (je l’ai raconté sur mon blog Le Poignard Subtil), en nous traitant de métèques et de bougnouls. Virgili tentait en catimini de calmer le jeu mais n’arrivait à rien. Nous fîmes retraite !

La presse régionale est une bonne source d’info pour découvrir les lieux. Tu fais comment pour avoir l’info d’un « éventuel » site ?
Ah, c’est la grande question qui revient souvent. Je dois reconnaître que l’on découvre rarement seul, et surtout pas le premier, ce genre de sites.
On passe parfois devant sans les voir, si on n’est pas attentif. Ils ne sont pas toujours spectaculairement exposés. Quand on cherche ceux qu’on est venu voir sur des indications données par des tiers, quel coup au cœur quand on tombe enfin dessus, toujours de façon surprenante.
Effectivement, ce sont d’abord les journalistes localiers qui passent en premier en terme de médiatisation écrite, puisqu’ils sont sur place et sont perpétuellement à l’affût d’une nouvelle, d’un sujet, puisqu’il ne se passe pas grand-chose généralement en province !
J’ai découvert comme cela l’existence du jardin de Charles Billy dans le Rhône, parce qu’il avait d’abord été remarqué dans Beaujolais magazine, puis dans France-Soir. J’ai écrit sur lui dans Artension, puis dans Raw Vision, puis ça a été repris dans les bouquins de Claude Arz (auteur duGuide de la France Insolite) (qui s’est bien entendu empressé de ne pas me citer).

Charles Billy conversant avec BM en 1990, © ph Jean-Loup Montpied

La presse régionale n’est pas le seul moyen de tomber sur les sites bien entendu. C’est le bouche à oreilles qui fonctionne en priorité généralement, surtout quand les amis et connaissances savent que rien ne peut vous faire plus plaisir que de vous faire découvrir un site d’art brut nouveau ! C’est un jeu, qui s’est aiguisé avec le temps, puisque je deviens de plus en plus savant, me faire découvrir un site que je ne connais pas encore. J’y joue pas mal avec les animateurs du Musée des Amoureux d’Angélique au Carla-Bayle (Ariège) en ce moment.
J’ai aussi, surtout au début, mis à contribution les bibliothèques, les livres. J’avais découvert à un moment une grande bibliothèque parisienne qui avait un fichier où étaient indexés les articles de périodiques traitant des « jardins fantastiques populaires ». Cela me fut fort utile.
Internet n’existait pas encore (je m’y suis mis tardivement, en 2005). Aujourd’hui, la Toile est devenue une des plus grandes ressources pour trouver des sites, sans qu’il soit besoin par conséquent, et très paradoxalement, de parcourir des mille et des cents.
Je suis allé m’enquérir, en développant systématiquement la curiosité (chercher où personne ne va !), des créations dont on avait parlé à une époque et qui avaient été oubliées. Ce fut le cas avec Pierre Jaïn dont il restait dans la famille beaucoup de très belles choses. Ou avec Raymond Guitet, Gabriel Albert, dont avait parlé le livre de Jacques Verroust et Jacques Lacarrière (Les Inspirés du Bord des Routes). J’ai, comme d’autres, après ou en même temps que moi, pas mal mis à contribution les livres de ces deux-là, ainsi bien sûr que le livre de Gilles Ehrmann (Les Inspirés et leurs Demeures) ou celui de Francis David(Guide de l'Art Insolite, Nord/Pas De Calais, Picardie ). On les a pas mal épluchés ces bouquins-là. Sans toujours leur dire la dette qu’on leur doit. J’ai une affection particulière pour ces trois livres, davantage que pour un quatrième, un peu trop technique à mon goût, celui de Bernard Lassus, Les Jardins imaginaires.
Les cartes postales anciennes, que je collectionne uniquement lorsqu’elles sont en rapport avec ce sujet, apportent parfois des pistes nouvelles à vérifier.
Les conducteurs de cars, les facteurs, les médecins de campagne, les bistrotiers, etc. sont des « indics » de première aussi. La télé elle-même joue un rôle, ainsi que la radio. On n’oubliera pas ici de rendre hommage à Pierre Bonte, journaliste de l’audiovisuel (notamment dans l'émission culte Le Petit Rapporteur et auteur du livre Le Bonheur est dans le Pré -titre repris par Etienne Chatiliez pour son film-) qui s’intéressa très tôt et sans mépris à ces créateurs insolites de bord des routes.

Bizarrement tu n’as pas ton permis, et donc pas de voiture. Pourtant pour se rendre dans ses lieux, il faut une voiture. Malgré ce handicap « moteur » (rire), tu as vu plein de lieux. Comment gères-tu tes déplacements?
C’est très délicat. J’utilise en vrac tous les autres moyens, train + car + pieds, train + pieds, le vélo seul parfois, ou les pieds seulement (en randonnée). Mais bien entendu, c’est en voiture qu’il faut le plus souvent aller voir ces lieux souvent mal desservis par les transports en commun. Alors je m’arrange pour convaincre avec éloquence toute une noria d’amis divers et variés d’aller faire des excursions du côté des inspirés. C’est pas trop difficile généralement, car la plupart de mes amis s’intéressent aussi à cela, et quand par hasard ils ne connaissent pas, ils sont bien vite conquis dès qu’ils en découvrent un peu plus, au point que très souvent, sans moi, ils se mettent à leur tour à prospecter (je pense à une amie de Clermont-Ferrand qui par son travail était amenée à pas mal circuler en Auvergne et trouva ainsi un site que personne n’avait signalé, celui de Roger Jeanton, dont j’ai fini par parler sur Le Poignard Subtil.
J’ai ainsi poussé des dizaines de gens à m’emmener voir ces sites. Je les cite en remerciements dans mon bouquin. Cela fait à chaque fois des nouveaux adeptes de cette « chasse aux inspirés », qui à leur tour convainquent d’autres de s’y intéresser, phénomène de boule de neige en somme.
Et puis cela nous donne un but de balade ensemble, un petit projet commun dans une époque qui est avare en entreprises collectives.

Quand tu découvres « enfin » un nouveau site, après des heures à tourner dans les petites routes de campagne, quels sont tes premiers sentiments ? Tu ressens quelque chose comme le tract, comme un Jules Verne découvreur de nouveaux univers ?
Oui, il y a du tract, du suspense, de l’impatience. Comment ça va être ? Il y a un côté très proche de ce qu’ont dû ressentir les explorateurs de terres encore vierges quand ils tombaient sur des territoires inconnus. J’aime ainsi aussi terriblement les zones de la nature qui sont restées sauvages, les pierriers des hautes montagnes par exemple. L’impression ressentie devant leur aspect vierge est assez analogue à ce que l’on éprouve devant les sites d’art brut en plein air.
Et lorsqu’on tombe sur ces lieux insolites, même si on a été préparé par des descriptions en amont, des photos vues au préalable, la surprise est toujours au rendez-vous. J’ai parlé de « déchirement du paysage » à ce sujet dans le premier chapitre de mon livre. Dans son avant-propos au livre, Remy parle quant à lui de « sidération ».

Quand tu as découvert un site, tu y retournes de temps à autre pour voir son évolution, ou sa dégradation si l’auteur est mort ?
Oui, mais pas toujours, ça dépend des occasions, des rencontres avec de nouveaux amis, de la disponibilité de ceux qui peuvent m’emmener.
Le repérage, puis un an après, le tournage pour notre film, ont été d’excellentes occasions de voir et de revoir plusieurs sites.
Je ne suis allé jusqu’à présent qu’une seule fois au Palais idéal par exemple. Je ne l’ai pas vu depuis qu’il a été restauré (ce qui remonte déjà loin).
Je ne déteste pas voir les lieux dans leur état dégradé, car le temps fait son œuvre lui aussi, et donne une patine particulière à ces œuvres de plein air, faites semble-t-il pour se fondre et se dissoudre dans la nature sauvage (c’est assez romantique comme impression). Car il y a peut-être, hypothèse qui me vient en traçant mes réponses à ton questionnaire, une sauvagerie des deux côtés, dans la culture de ces hommes sans culture et dans la nature qui les guette. Les deux sont peut-être faits pour se marier l’un avec l’autre au bout du compte.
Je prends en photo l’écart entre les différents états, du fait que le temps m’a été donné de le faire (cela est permis à ceux qui s’intéressent à la question depuis des lustres). Je cherche parfois les mêmes angles à des années de distance (quand j’arrive à m’en rappeler).

Un des débats sur le sujet, et de savoir s’il faut conserver on non, le site après la mort de son créateur. Quelle est ta position là-dessus ?
Je varie énormément là-dessus. Il peut m’arriver de dire un truc et son contraire, tant il est difficile de trancher là-dessus (je ne suis pas aussi dogmatique et sans nuances que certains sur cette question) !
Ces créations sont faites dans une symbiose profonde avec celui qui les crée, qui la plupart du temps n’a aucune vision vis-à-vis de sa postérité. Ils répondent « advienne que pourra, mes héritiers se démerderont ».
Dès qu’on veut les conserver, surtout quand c’est une collectivité, une institution qui s’en mêle, sans les conseils de spécialistes en restauration (qui ne doivent pas être nombreux sur ce genre d’environnements faits de bric et de broc, pas toujours dans les règles de l’art, sans souci de la longévité des matériaux, dans l’ignorance des techniques de façonnage –voir ce que dit le fils de Robert Vasseur dans notre film), dès qu’on veut les conserver, on fait un truc artificiel d’où étrangement toute poésie s’est envolée, parce qu’on a méprisé je crois l’aspect précaire, primesautier, fragile, éphémère de ces créations.
Cependant, il y a des exceptions. Selon moi, il y a trois cas où des conservateurs ont réussi de beaux coups : le Palais idéal du Facteur Cheval semble avoir été brillamment restauré (sans doute du fait de restaurateurs géniaux), la maison de Picassiette (où la restauration n’est pas achevée, mais la partie faite est très réussie, à mon avis) et le manège de fils de fer et assemblages divers automatisés de Petit Pierre magnifiquement transféré, remonté, et entretenu toujours en plein air par l’équipe de passionnés qui anime autour de Caroline Bourbonnais le parc de la Fabuloseriedans l’Yonne. D’autres fragments de sites sont également conservés là-bas, mais pas toujours bien expliqués et contextualisés.
La restauration du site de Fernand Châtelain à Fyé dans la Sarthe a aseptisé le lieu en revanche, parce que selon moi l’esprit du lieu et des sculptures de Châtelain n’a pas été complètement capté.
Dans un musée, les fragments de sites deviennent des œuvres d’art et plus du tout des parties d’une totalité poétique inséparable de la vie quotidienne d’un créateur. Cette vitrification s’opère aussi sur ces chambres, ou morceaux d’appartement qu’on transforme sur place en musées, quand on ne les y transporte pas directement (je pense au mur de l’atelier d’André Breton que l’on a transféré au MAM du centre Pompidou en le présentant comme une sorte d’environnement conceptuel à la Annette Messager, il y a là un contresens).
J’aimerais que certains lieux perdurent moi aussi. Je ne me résous pas à voir disparaître certaines œuvres. J’ai même acheté aux héritiers, quand ce n’est pas aux créateurs eux-mêmes, certaines de leurs œuvres que je trouvais séparables sans dommage vis-à-vis de leur contexte d’origine. J’ai acheté par exemple une œuvre à Jean Grard avant qu’il ne se supprime tragiquement, car on pressentait la précarité de son lieu, et on percevait la fragilité de ses édifices, qui se sont retrouvés tout de même à l’abri au LaM de Villeneuve-d’Ascq, grâce à l’intervention de Patricia Allio qui les avait découverts au départ. Dans des sites en train de s’anéantir, il m’est arrivé de récupérer in extremis une pièce ou deux.

Emile Taugourdeau, un meunier (années 1980), coll BM, © ph BM 2010

Parfois, certains sites possèdent des parties qui peuvent être morcelables – c’est rare mais possible– parce qu’elles sont devenues des œuvres plus que des parts impossibles à retrancher d’un jardin. Je pense à l’extraordinaire vélo que nous avons poussé André Pailloux à extirper du magma où il l’avait enkysté au fond de son garage pour qu’on puisse le filmer et le photographier. Ce vélo couvert d’accessoires variés en plastiques de toutes les couleurs, de peintures, de colifichets enfantins, de gadgets s’est transformé peu à peu en toile d’araignée géante montée sur roues. Pailloux s’est baladé dessus longtemps jusqu’au moment où le vent, qui est très fréquent dans sa contrée (la forêt de moulinets dan son jardin a été inspirée directement par le climat de sa région), le déporta sans cesse dans les fossés, et l’a convaincu de le remiser dans son garage. D’objet utilitaire, il était devenu une sculpture ! Une œuvre d’art, c’est-à-dire un truc qu’on regarde et sur lequel on rêve. Cela dit, cet objet insolite tire sa valeur poétique du fait que c’est au départ un vélo. C’est d’ailleurs pourquoi on lui a demandé de pédaler dessus pour les besoins du film.

André Pailloux, son vélo véritable œuvre d’art ambulante, © ph BM 2010

Dans ce dernier, je lui dis que je suis pour la patrimonialisation de ce genre de sites, mais en fait je dis cela en pensant surtout au vélo, et puis aussi en cherchant à le faire réagir devant la caméra. Dans le film, je dis pas mal de trucs en fonction des réactions qu’on cherchait à recueillir, n’importe quelles réactions, on n’en cherchait pas forcément qui auraient correspondu à une grille de lecture préalable (comme l’a cru, à un moment de l’interview, André Gourlet, le créateur du dragon à Riec-sur-Belon).
Dans mon livre, il y a un chapitre entièrement consacré à la question des sites en péril, Des inspirés qui expirent.

Tu n’es pas le seul à t’intéresser aux environnements. Dans le « milieu » il y a comme une « petite » gué-guerre à savoir qui découvrira en premier un nouveau site. Sur ce sujet, quel est ton impression/ta position?
Oui, il y a de la rivalité dans le milieu dont tu parles. C’est pas toujours avoué d’ailleurs. Moi, je n’ai pas de mal à en parler. Ce genre de guéguerre existe dans tous les milieux de chercheurs je pense. Je milite pour une certaine déontologie, un code moral. Citer ses sources fait partie de l’information qu’on doit à ses lecteurs. J’ai souvent été passé sous silence par untel ou untel pour mes articles parus dans des publications, confidentielles il est vrai mais effectives et apportant de l’information. J’en ai voulu à ceux qui faisaient cela. On sent de la jalousie chez certains, c’est évident. C’est une réaction très humaine, quoique bête. Les auteurs qui s’intéressent à ces questions ne peuvent avoir tous les mêmes idéologies ou opinions. C’est même généralement très varié, il y a des psy, des poètes, des sociologues, des ethnologues, des marxistes, des anarchistes, des enseignants, des amateurs d’art (mais rarement des conservateurs de musée, à l’exception peut-être, l’art brut commençant à intéresser les grandes têtes instruites, de ceux du LaM ou de la collection de l’Art brut à Lausanne), des partisans de la contre culture, des collectionneurs, des individus lambda, des maniaques de la compilation, etc. Tout ce petit monde n’a pas forcément les mêmes opinions, et c’est très bien comme ça ! Mais chacun peut garder, il me semble, un code déontologique, un esprit fair-play et courtois dans les rapports qu’il entretient avec les autres.
Ce n’est pas tellement de savoir qui a été le premier qui compte du reste. C’est plutôt qui en parle de la manière la plus intéressante pour chacun d’entre nous. C’est pourquoi, je ne focalise pas tant que cela sur le fait de savoir qui a parlé le premier de tel ou tel créateur. Chacun d’entre nous a un angle d’attaque différent vis-à-vis de ces créateurs, pourvu qu’il veuille bien dépasser ses tics de langage, ses clichés, ses opinions toutes faites (dans le milieu, beaucoup d’articles sont pleins de lieux communs, écrits platement et sans poésie). Je n’hésite pas, si un site me touche, comme par exemple le jardin des Darcel prés de St-Brieuc, qui a été révélé à ma connaissance par Animula Vagula et Jean-Louis Lanoux (c’est la même personne avec deux signatures), à aller voir ce site nouveau et écrire à mon tour dessus. Je cite ma source bien entendu à cette occasion –quand je m’en souviens ! (Mon article sur les Darcel, qui a paru récemment dans la revue Recoins n°4, est repris dans L’Eloge des Jardins anarchiques). Combien font ainsi ? Cherche et tu seras surpris. Beaucoup d’amateurs parlent de ces sites comme s’ils étaient seuls au monde, et en avaient en quelque sorte l’exclusivité (c’est une attitude d’amoureux possessifs ! Je la connais, pour l’avoir partagée au début de mes recherches).
Informer sur les sources et les médiateurs donne une indication précieuse aux lecteurs et aux chercheurs. Moi qui ai une bonne mémoire des noms, cela m’a servi plus d’une fois. Si on ne donne pas ses sources, on n’est pas courtois et de plus on brouille les pistes. De plus, les médiateurs sont parfois aussi des gens auxquels on peut s’intéresser. C’est d’ailleurs pourquoi je me suis laissé filmer dans le documentaire de Remy Ricordeau. Pas seulement pour ma gloriole personnelle, mais pour que figure à l’écran un médiateur.

Justement dans le « milieu » des amateurs d’environnements et d’art brut, tu as la réputation d’avoir des sautes d’humeur (je n’ai pas dit « grande gueule » -rire-) qui peuvent blesser ou heurter. Tu en penses quoi ? Rien à battre ?
Ouais, je me doute qu’il se dit des trucs comme ça sur mon compte. J’en tiens compte, un peu. J’essaye de tenir des propos modérés, mon blog m’a beaucoup aidé pour cela (même si de temps à autre, il m’arrive de me lâcher et d’être blessant, ce que je regrette parfois après). Les échanges avec les commentateurs que je n’ai pas besoin de censurer la plupart du temps (il faut juste se méfier de ne pas émettre, ou de recevoir, des propos diffamants ou injurieux de façon répétée) sont la plupart du temps fort raisonnables (si, si, il faut regarder le blog sur la durée de ses presque quatre ans d’existence –toutes les archives sont disponibles– il n’y a pas eu beaucoup de polémiques sur ce blog, alors qu’on me présente ailleurs parfois comme un amateur d’empoignades verbales). Les fâcheux ne laissent généralement pas de messages et passent au large, parce qu’ils reconnaissent immédiatement peut-être un lieu qui n’est pas fait pour eux, et c’est très bien comme ça.
De temps à autre, mon agacement me conduit à lâcher à mon tour des injures ou des qualificatifs pas très agréables. Le blog est dangereux de ce point de vue. Quand on a appris à y écrire rapidement, de façon presque instantanée, on réagit parfois trop vite sans avoir pris le temps de peser ses mots. Je n’hésite pas à retirer les propos dans ce cas, quitte à devoir retirer aussi les réactions qu’ils avaient suscitées, et quitte, du coup à me faire traiter de « censeur », accusation paresseusement lâchée sans analyse du contexte, et de la logique de suppression de commentaires devenus sans raison, du fait des propos initiaux retirés.
Cela dit, je récuse le terme de « sautes d’humeur » que tu emploies (j’aurais préféré à tout prendre « grande gueule » ; parler « d’humeurs », c’est faire selon moi une interprétation réductrice de mes propos qui conduit à me faire passer pour un lunatique, un instable, et du coup à discréditer le sens de certaines de mes critiques).
Je ne supporte pas le ton d’éloge unanimiste très prisé à notre époque, où tout le monde est toujours à complimenter son voisin, par politesse, même s’il n’en pense pas une miette ! Il faudrait tout aimer à partir du moment où c’est de l’art qu’il s’agit. Quand un autre artiste se mêle de critiquer l’art de ses collègues, il y a une réaction de type corporatiste qui apparaît. On m’accusera de cracher dans la soupe, or je ne mange pas de la même soupe ! D’ailleurs, le terme d’artiste lui-même est mal taillé pour moi. Je préfère poète à tout prendre (un poète qui n’écrit presque jamais de poèmes), créateur, chercheur indépendant, etc.
On dirait qu’on ne peut plus faire de critique négative. Comme si on avait affaire à une armée de paranos susceptibles en face. Les milieux d’artistes sont très souvent incapables d’accepter les critiques sur leurs travaux, pas tous, mais enfin un certain nombre. Surtout quand ils ne sont pas très sûrs de la qualité de leurs œuvres peut-être. Les gens qui n’ont pas confiance en eux-mêmes sont parfois très méchants, ils peuvent aboyer et même mordre lorsqu’on s’avise de signifier qu’on ne ressent rien devant leurs œuvres !
Il faut donc me résoudre à tenter l’équilibrage difficile entre critique acerbe (je resterai franc quoi qu’il arrive, c’est inscrit en moi !) et ménagement des susceptibilités.
Je sais les artistes écorchés (quoiqu’à mon avis toute critique soit bonne à prendre, si elle est fondée, pour progresser dans l’approfondissement de son travail), or, généralement, mes critiques portent plutôt sur une attitude globale, un esprit général, quelque chose que l’on peut éliminer en soi, qui est un état transitoire, non constitutif des individus. En réalité, quand un individu artiste me montre directement ce qu’il fait, il est bien rare que je ne manifeste aucun tact à son égard.

Pour nous faire part de tes découvertes tu as créé ton blog, Le Poignard Subtil. C’est une sorte de passerelle pour faire passer les infos, et d’une certaine manière ton expérience de + de 30 années de découvertes et de réflexions. Tu peux nous présenter ton blog ? Comment va-t-il évoluer ?
C’est une question trop vaste qui nécessiterait une interview à elle seule. Le mieux est de renvoyer tes lecteurs vers mon blog pour qu’ils se fassent une opinion en zappant dessus (il y a plusieurs manières de lire un blog, comme un livre d’ailleurs) : http://lepoignardsubtil.hautetfort.com
Je peux seulement ajouter que j’ai été très heureux de trouver ce nouveau moyen de toucher directement des lecteurs sans passer par les gares de triage habituelles (revues, émissions, télés, etc.). Quand j’ai découvert le blog, ça a été une ruée de tout ce que je retenais depuis de nombreuses années que je n’avais pu publier (à part dans des chroniques du sciapode insérées ici et là de façon dispersée). J’ai pu rendre visible ainsi une certaine connaissance – et savoir-faire – que je n’avais pu jusque là démontrer. Cela m’a permis d’entrer en contact avec de nouvelles relations, et d’approfondir les liens avec d’autres gens que je fréquentais moins jusque là.
Je ne sais pas comment ce blog va évoluer ! Sans doute toujours dans le sens de ma propre surprise et de celle de mes lecteurs.

Les environnements paysagés font partie de l’art brut. En 2011 que veut encore dire l’art brut ? Son sens selon les écrits de Jean Dubuffet reste t-il encore aujourd’hui d’actualité ?
Au bout de toutes ces années, finalement, je reste sur ma faim concernant les partisans orthodoxes de l’art brut. Il y a eu selon moi une captation d’héritage par ces gens vis-à-vis des surréalistes qui s’intéressèrent bien avant Dubuffet, quoique moins systématiquement que lui, aux créations d’autodidactes inspirés. Par exemple, le premier documentaire sur les bricoleurs inspirés date de 1939, réalisé par un surréaliste, resté fidèle jusqu’au bout au surréalisme, Jacques Brunius (j’en ai parlé dans Création Franche et dans le dictionnaire Hors Champ de l’art brut au cinéma).
Les créations dites brutes – je parle pour ma part d’art de l’immédiat – sont au fond des créations surréelles souvent d’origine populaire, pratiquées de façon hyper-individualiste. Cette dimension de surréalité – la vraie réalité – a été occultée par ce terme de « brut » qu’ont superposé Dubuffet et ses suiveurs, en ramenant à côté de lui la notion d’art, que le surréalistes ne prenaient pas en compte, puisqu’ils cherchaient le dépassement de l’art dans sa fusion avec la vie quotidienne. « L’art » brut, c’est encore un truc qui peut alimenter le marché culturel ! C’est une régression par rapport aux ambitions des surréalistes qui étaient désireux de répandre la créativité inspirée dans la population entière.
La mésentente entre Dubuffet et Breton a été lourde de conséquence.
Ce qui reste d’actualité aujourd’hui, même si cela reste passablement occulté par tous ceux qui veulent avant tout alimenter le marché de l’art avec de nouveaux produits, et par tous les artistes qui veulent conserver le sens académique de l’art (l’art pour l’art, pratiqué par une caste séparée du reste de la population, et pourvue de prestiges plus ou moins maudits, christiques), c’est la dimension de création anarchique, naissant incognito, gratuitement, en dehors de toute vénalité immédiate, mue par le goût de baigner avant tout dans l’inspiration créatrice. Cette créativité va selon moi au-delà de l’art au sens traditionnel du terme. C’est une attitude révolutionnaire.

Il y a des œuvres d’artistes art brut qui coutent très chères (par exemple Henry Darger). Que penses-tu du marché de l’art brut, et donc des œuvres réalisées par des personnes démunies/handicapés et bien loin de ce marché ?
Cette mise sur le marché, les spéculations qui en découlent ou découleront, sont particulièrement discutables sur le plan moral, surtout si l’on songe aux créateurs décédés aujourd’hui qui ne le surent jamais.
En même temps, il est des cas comme à Gugging en Autriche, où les créateurs aliénés semblent protégés, aidés, avec leurs œuvres conservées dans une galerie qui en vend certaines (je crois), et un musée qui en conserve d’autres, ou bien les centres pour handicapés, les galeries ou lieux associatifs spécialisés dans ces formes d’art produit par des handicapés mentaux qui vendent les œuvres au profit des malades et de leurs soins, les bénéfices aidant à la gestion des établissements aussi. Cela permet à ces auteurs de faire retour dans une société qui a tendance à les rejeter, puisqu’elle les considère comme des êtres inutiles, encombrants. Ils reviennent, ils s’expriment et leurs expressions sont recherchées par d’autres, des amateurs d’art, des collectionneurs, des personnes sensibles à leur langage autre. Cela recrée du lien social, cela induit des remises en question vis-à-vis des clichés en cours, c’est donc bon.
Le problème du marché (tant qu’il y aura du capitalisme, il y aura du marché et des marchandises), c’est quand la cote monte, quand il y a plus de demande que d’offre. Certains créateurs de l’art brut commencent à faire des prix astronomiques. Cela devient inaccessible pour les petites bourses (j’aurais rêvé d’avoir un Chaissac qui me plaise, mais c’est devenu impossible, je ne suis pas un milord). Or, bien souvent, jusqu’à ces dernières années en tout cas, les amateurs qui achetaient ces œuvres avaient un pouvoir d’achat pas très éloigné de celui des créateurs. L’argent qui s’échangeait contre les œuvres restait à un niveau raisonnable. Les travaux d’art brut ou singulier pouvaient circuler au sein de classes sociales proches. L’échange restait à un niveau convivial, entre amateurs véritablement passionnés.
Aujourd’hui, les collectionneurs plus fortunés se mettent sur les rangs et font grimper les prix, déracinant les créateurs d’art brut de leur terrain social, détournant des œuvres dont le contenu avait un lien avec la culture populaire dont sont issus leurs producteurs. Il y a comme une captation d’héritage. Cela est concomitant du reste avec cette rengaine à la mode ces temps-ci comme quoi ces productions sont des œuvres d’artistes, ce que je récuse personnellement (je préfère le mot de créateurs, car il y a ici un autre usage social de l’art, non vénal à la base justement). La caste bourgeoise s’empare de l’art brut pour le réduire à l’état de marchandise, et il faut donc que ce soit une marchandise esthétique, artistique comme une autre, simplement d’un nouveau genre.
Cette caste masque ainsi le nouvel usage social de l’art qui est fait par ces créateurs du commun, elle occulte la démocratie directe à l’œuvre dans ce nouvel usage social de l’art immergé dans la vie quotidienne.

L’art brut a cette particularité d’être accompagné d’une kyrielle de noms qui servent à éviter le terme d’art brut : Art hors-les-normes, art singulier, neuve invention, art brutal…et art immédiat. Quel penses-tu de tous ces termes? C’est du chipotage ? Le terme le mieux approprié pour toi ?
Non, c’est très bien. Plus il y a de termes, plus je suis content. Cela aide à faire comprendre qu’il se passe quelque chose de difficile à cerner, justement parce qu’on est là aux limites de l’art au sens académique du mot.
Personnellement, je défends de temps à autre le terme d’art de l’immédiat, que j’ai contracté en « art immédiat ». C’est moi qui ai lancé ce terme (même si je me suis aperçu après coup qu’il avait déjà été utilisé dans les années 50-60 par le critique d’art, proche du mouvement surréaliste, Patrick Waldberg, pour parler des autodidactes déjà). Il correspond mieux à ce que j’aime dans ces formes de créations brochées sur une inspiration en prise directe avec la sensation brute du monde et de la vie. Elles cherchent toutes, peu ou prou, une expression qui traduirait de façon la plus directe possible cette inspiration brute.

Tu es aussi artiste peintre. Tu peux nous présenter ton travail artistique, les sujets que tu abordes, comment s’est forgé ton style ?
Le mot « d’artiste », je me sens mal dedans. Je dessine davantage que je ne peins, aussi. Je travaille de façon intime, et intimiste, sur des petits formats et du papier le plus souvent. Cela est en liaison avec l’enfance, et les jeux que je développais lorsque j’étais jeune, des mises en scène de « petits soldats » que je dirigeais, ordonnais sur le linoléum de ma chambre, faisant les bruitages avec ma bouche, faisant parler les personnages les uns après les autres, les déplaçant comme si j’étais eux dans l’ameublement devenu fantastique, parce que géant, construisant des maisons avec le jeu dit du « Chalet suisse ».
La réalisation des mes dessins et de mes peintures obéit à un besoin de jouer, de vivre une surprise avant tout. Si je ne suis pas surpris, je défais ce que j’ai fait jusqu’à l’effet escompté. Il arrive parfois que ce soit dans un moment de colère destructrice que surgit l’image agencée de façon inattendue que je recherche.

Bruno Montpied, Inconnu comme le loup blanc, toile 8F, technique mixte, 2010

Je pratique une sorte de « sur-automatisme ». Je dessine au hasard, je mets de la couleur au hasard, recourant aux techniques de façon gratuite, la plupart du temps d’une façon incohérente, parfois de façon angoissée. Je retouche, recouvre à nouveau, si cela est mal parti, et repars au hasard. La plupart du temps des figures viennent toujours sous ma main. J’essaye de susciter cependant aussi des formes moins immédiatement appréhendables, des formes « abstraites », énigmatiques, proposant des interprétations diverses.
Je cherche longtemps les titres, car il m’en faut à tout prix.
Ils doivent être, pour les meilleurs d’entre eux, des titres qui renforcent le côté ambivalent de l’image, projetant l’imagination du contemplateur vers des pistes oniriques fécondes où ses interprétations et celles qu’instillent mes titres se croisent, se décroisent et cheminent finalement de concert.
Je n’ai pas de « sujets » préexistants. Vu ma façon de travailler. Il y a des thèmes qui reviennent, quand je regarde mes titres, je m’en rends compte. Voici quelques-uns que j’ai relevés dans le catalogue que je tiens d’après mes travaux :
L’univers du Merveilleux : les sirènes, les fées, les petits êtres, les géants, les ogresses, les références aux contes. La Nuit, la Mort, les fantômes, les spectres, le Cirque, les clowns, les bouffons, les cochons, les grottes, l’Enfer, le Diable, la Femme, les sorcières, des personnages divers, les créatures, la magie et les magiciens(les magiciennes aussi), les bêtes, la forêt.

Bruno Montpied, Femme tentée, femme dentée, technique mixte, 2011

Mais bon, c’est très hétéroclite au final comme inspiration.
Sinon, je dois dire que je ne « sais pas dessiner », c’est-à-dire que je suis incapable de dessiner en volume. Je ne maîtrise absolument pas les ombres qui permettent de créer du volume justement. Je dessine toujours mes personnages à plat. Il n’y a pas de perspective dans mes travaux. Cela ne me gêne pas pour dessiner. C’est simplement un paramètre à signaler. C’est peut-être lié au fait que je ne vois quasiment que d’un œil ce qui m’handicape pour saisir les reliefs.
Depuis quelques années, j’ai senti que la technique que je préférais était liée à l’eau, aquarelle ou encre, notamment en lavis. Les crayons et les craies, pastels reviennent aussi beaucoup ainsi que toutes sortes de marqueurs qui ont tendance à supplanter les « rötrings » que j’ai longtemps utilisés.
Autre chose que je dois relever, je ne pense pas viser en ce qui concerne mes activités graphiques et plastiques à l’art immédiat que je recherche par ailleurs avec une grande soif dans les travaux extérieurs (à ce sujet je Joseph Ryczko dans une critique récente de mon exposition au musée de la Création Franche à Bègles, sur son propre blog, Les Friches de l’art, s’est complètement planté en me dépeignant comme cherchant à faire moi-même de l’art immédiat). Peut-être que cette quête de poésie immédiate, d’ingénuité enfantine, d’innocence, sert à me reposer de l’ésotérisme de mes propres images. Du reste, en littérature aussi je n’aime pas retrouver de l’abscons et du labyrinthique, peut-être parce que j’y baigne déjà par trop dans ma propre création (même si je me soigne actuellement, en cherchant à mettre de l’air dans mes compositions). Ce n’est qu’une hypothèse.

Une de tes autres passions est le surréalisme. Quel est le lien (ou pas) entre ces « jardins » et le surréalisme ?
Le surréalisme a rêvé d’une transfusion de l’imaginaire dans la réalité, dans un sens qui serait teinté de merveilleux, dans une société où l’art serait pratiqué dans la vie quotidienne par tous sans hiérarchie ni séparation. Je l’ai déjà évoqué ci-dessus, je ne voudrais pas trop me répéter. Il me paraît évident que ces jardins créés par des autodidactes non professionnels de l’art esquissent une réalisation du projet surréaliste d’enchanter la vie.
Les surréalistes ont souvent marqué leur intérêt pour ces formes de créations. Jacques Brunius fut le premier documentariste à filmer des environnements spontanés et de l’art populaire dans son film de 1939, Violons d’Ingres, comme je l’ai déjà dit. André Breton a chanté le Facteur Cheval dès 1932. Eluard a publié des reproductions d’œuvres d’aliénés dans la luxueuse revue d’art Minotaure là aussi dans les années 1930. Breton a préfacé le livre de Gilles Ehrmann, Les Inspirés et leurs Demeures, en 1962, premier ouvrage à traiter des environnements créés par des autodidactes spontanés. Etc, etc.
Le surréalisme est un mouvement très ouvert, très éclectique. Il n’y a pas d’esthétique définie du surréalisme, en dépit de ce que veulent nous faire croire les journalistes et tous ceux qui ont intérêt à le rabaisser (et aussi toute une série de suiveurs qui se sont eux-mêmes un temps parés des plumes du surréalisme). Ce mouvement va au-delà de l’art, comme les créateurs de jardins anarchiques populaires (qui sont au-delà sans le savoir, surréalistes inconscients).

Un mot, un « coup de gueule », un espoir à rajouter ?
J’aimerais être moins seul dans mes choix et dans la direction prise. Mais je sais aussi que Louis Pons a écrit un truc du genre «Quand tu es seul c’est que tu as trouvé ta voie » . Alors, comme il semble que j’aie trouvé la mienne. Ça n’est pas prés de changer !
Et merci à toi Paskal pour m’avoir donné l’occasion de revenir sur le sens de ma démarche.

Eloge des Jardins Anarchiques de Bruno Montpied (l’Insomniaque éditeur)
Inclus le DVD du documentaire Bricoleurs de Paradis de Rémy Ricordeau écrit en collaboration avec Bruno Montpied

( Prolonger votre promenade à travers la Bretagne avec des inspirées du bord des routes. Un article écrit en 2002 et mi à jour en 2006. C’est ici:)


lepoignardsubtil.hautetfort.com/
insomniaqueediteur.org/spip/


auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
interview publiée le 06/03/2011

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