23/07/2017  |  4846 chroniques, 161 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 22/07/2017 à 10:37:08
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Dominique Dupuis : A propos du livre « New Wave Vinyls »




« Il était une fois des jeunes gens modernes qui s’exprimaient en faisant de la musique » (Dominique Dupuis)

Le très beau livre « New wave vinyls » de Dominique Dupuis raconte l‘histoire de la musique New wave, qui caractérisa le son rock des années 80’s, à travers les pochettes de 600 disques. Le visuel étant l’élément clef, le livre offre une mise en page magnifique, notamment avec de nombreuses reproductions couleur et en pleine page de pochettes de disques.
Choisir 600 disques sur une période de plus de 10 ans demande forcément de faire des concessions, d’où le sous titre : « Une histoire subjective du rock des années quatre-vingt, du post-punk à la new pop ». Mais « no souci », l’essentiel y est. Pour les groupes : The Cure, Devo, Talking Heads, The Fall, Gang Of Four, Einsturzende Neubauten, The Smiths, Jesus & Mary Chain, Dead Can Dance, Scritti Politti, Depeche Mode, Siouxsie, The Residents, XTC, The Pretenders, Teadrop Exploses, Klaus Nomi, The Stranglers, Jacno, Marquis de Sade, Joy Division, Elvis Costello…, pour les labels : 4AD, Factory Records, Rough Trade, Play It Again Sam, Stiff Records, ZTT, Sordide Sentimental…, pour les mouvements : no-wave, industriel, post punk, cold wave, nouveaux romantiques, électro et synth pop, ska, gothique…, pour les villes phares : New York, Manchester, Sheffield, Paris, Bruxelles…et surtout et enfin pour les graphistes : Bazooka, 23 Enveloppes, Malcolm Garret, Kiki et Loulou Picasso, Peter Saville, Serge Clerc….
Tout y est dit et bien écrit par Dominique Dupuis, l’ex manager de Skinky Toys. Suivant un classement très personnel, il a retracé l’épopée New wave en commençant d’abord par les figures qui ont inspiré les artistes des années 80, comme David Bowie, Roxy Music, Iggy Pop, Philip Glass, Brian Eno, Can ou encore Kraftwerk. Puis, dans les chapitres suivants, il se consacre à une description de chaque famille, à travers ses identités propres (politique, ville, labels, succès, personnalités), avant de conclure avec la relève (Metronomy, Foals, The Drums).

La pochette d’un disque 33t est quelque part une œuvre d’art, que la pochette au format CD n’aura pas réussi à faire oublier. Il y a de cela 25 ans, on donnait le disque vinyle pour mort, ce qui faisait la joie des amoureux de la rondelle en plastique, qui pouvaient trouver dans les vides greniers des 33t à 5 ou 10 francs (entre 70 centimes et 1.5 euros). Aujourd’hui, le vinyle est de retour, en pleine forme (et parfois un peu cher), tandis que le CD est plutôt mal en point. On trouve même à acheter des cadres pour exposer sur les murs ses pochettes de disques. Des pochettes cultes tel que “Unknow Pleasure” (Joy Division), “Man Machine” (Kraftwerk), “London Calling” (The Clash), “Raw Power” (Iggy Pop & The Stooges), “Pornography” (The Cure), “Miami” (The Gun Club), “Rectangle” (Jacno), “1/2 Mench” (Einsturzende Neubauten), “Gag” (Fad Gadget), “Heaven Up Here” (Echo & the Bunnymen), sont des œuvres d’art à part entière où la photo et le graphisme sont si magnifiques et originaux qu’on ne se lassera jamais de les regarder.
Curieux d’en savoir plus, nous avons donc posé quelques questions à Dominique Dupuis au sujet de son livre « New wave vinyls ».


Comment a germé l’idée de faire un livre sur les pochettes de disques des années 80 ?
Ce livre rentre dans le cadre d’une collection qui aborde l’histoire des genres musicaux illustrés exclusivement par des pochettes de vinyls (NDLR : Dans la même collection on trouve, Rock’n’Roll, Rock et Psychedelic Vinyls). Les années 80 sont incontournables et surtout doivent être réévaluées. Donc ce livre se pose comme la réhabilitation des garçons coiffeurs. Plus sérieusement, on s’aperçoit après les punks que la new wave est un courant avec des jeunes gens issus d’écoles d’art, étant musiciens et surtout, étant tous engagés à gauche, voire à l’extrême gauche. Ce sont des musiciens qui souhaitent faire passer un message politique s’opposant bien souvent à la politique de Margaret Thatcher et soutenant le parti travailliste et offrir aux jeunes anglais les éléments pour avoir une conscience politique.

Il vous a fallu combien de temps pour réaliser ce livre ? Et quel était votre angle d’approche pour parler de la musique des années 80 à travers les pochettes de disques ?
Un an pour réaliser le livre. Le problème était d’abord de ranger les groupes par courant musical. Il est difficile de faire la différence entre électro pop et synth pop. Et Fra Lippo Lippi (NDLR : Excellent groupe de Norvège), je les mets où ?

Il est bien entendu impossible (à moins de faire un dictionnaire) de mettre toutes les pochettes. Sur quel critère s’est fait votre sélection ? Et sur quel critère s’est fait le choix des pochettes en pleine page ? Par exemple pourquoi 2 pleines pages pour Fra Lippo Lippi ?
Le critère est le graphisme. L’histoire du choix est expliquée dans l’avant propos (1). Il s’agit tout de même de mauvaise foi et de subjectivité. Le choix des pochettes en pleine page en ouverture de chapitre est : une pochette culte du mouvement dont on parle. Quand aux pochettes pleines pages de Fra Lippo Lippi, il ne s’agit uniquement que de graphisme. Il s’agit tout de même d’un ouvrage graphique.

Les pochettes présentes dans le livre, font-elles partie de votre collection de vinyles ?
Toutes les pochettes sont issues de ma collection. Quand je ne les avais pas, je les ai cherchées, comme celles de Gene Loves Jezebel ou Fra Lippo Lippi.

Pour le lecteur, il y a bien entendu, une petite frustration de ne pas voir toutes les pochettes de ses groupes préférés. Pour ma part, je suis étonné de ne pas voir « Miami » de Gun Club, « Murmur » de REM, « Dark Continent » de Wall of Woodoo, « Positive Touch » d’Undertones, « Beauty and the Beat » des Gogo’s. Chaque lecteur aura sa liste de doléance. Quelle réponse pour votre défense?
Il s’agit d’une histoire subjective ! Donc j’ai choisi de mettre en avant des groupes qui n’ont peut être guère d’intérêt musicalement et j’ai choisi d’oublier des groupes qui m’ennuyaient. Quand au Gun Club ou à REM, ce sont des groupes Rock du genre chant, guitare, basse et batterie et qui n’ont donc pas leur place ici, mais dans un autre livre dans la collection vinyle.

Vous avez, je pense, essayé de réhabiliter la musique des années 80 en montrant qu’à cette époque il y a une multitude de styles, de labels et de types de graphistes importants. Que représente pour vous la musique des années 80 ? Et quels sont vos artistes et styles préférés ?
La musique des années quatre vingt représente pour moi une grande variété fédérée par le synthétiseur et les claviers. Car nous ne parlons pas là de rock classique avec chanteur, guitare, basse et batterie. Mes artistes préférés sont à chercher du côté de New York et des allemands comme Einsturzende Neubauten. Mais il ne faut pas oublier The The, The Fall. En fait je les aime tous, sauf la variété.

Vous avez évoqué les différents styles de musique qui ont parcouru les années 80, dont la musique plus commerciale telle que Culture Club, Simply Red, Wham. C’est un choix obligé, où une demande de l’éditeur pour satisfaire le plus grand nombre de lecteurs ?
L’éditeur ne m’a rien imposé. Mais j’ai pensé que la variété pop new wave était tout de même incontournable.

Pour faire ce livre, est ce que vous avez rencontré les graphistes, comme par exemple Bazooka, 23 Enveloppe, Peter Saville. Si oui, comment ce sont passées vos rencontres ?
Je n’ai rencontré personne pour la réalisation de ce livre, mais je connais personnellement et de longue date, plusieurs illustrateurs comme Loulou Picasso ou Olivia Clavel.

Si vous deviez choisir 5 pochettes, ce serait lesquelles ? Et pourquoi ce choix ?
Joker mais si vous détaillez le livre, vous devriez les trouver. Je vous donne une piste en citant Gang of Four. (NDLR : La pochette Entertainment ! est en ouverture de chapitre, tout comme la compil No New York, Three Imaginary Boys de Cure).

Que vous as apporté la création, la conception de ce livre ? Des belles rencontres ?
Du bonheur !

Pour quelqu’un, fan de la musique des années 50, 60 ou 70, et allergique aux sons des années 80, qu’est ce que vous lui conseilleriez d’écouter pour changer d’avis?
Des B 52’s à Current 93, tout est à découvrir.

Un message à rajouter ?
Il faut réhabiliter les garçons coiffeurs et surtout Depeche Mode.

(1) « Sélectionner 600 pochettes dans une production d’une dizaine d’années peut paraître une hérésie et le choix a donc été complètement subjectif. Cette sélection est avant tout le reflet graphique d’une époque et de courants musicaux encore vivaces aujourd’hui. Certains de ces groupes ont été oubliés tandis que d’autres ont été surévalués mais la place a toujours été accordée en priorité au pouvoir des images ». (Extrait de l’avant-propos de New Wave Vinyls)

« New Wave Vinyls – Du post-punk à la new pop », Dominique Dupuis, (Editions Stéphane Bachès)

( Autre livre avec des pochettes de disques, mais dans un style radicalement différent, c’est « Discographisme Récréatif » de Patrice Caillet. Ce livre regroupe des pochettes de disques détournées et griffonnées. Chronique ici:)



www.editionstephanebaches.com/collections/collection-musique/

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
interview publiée le 02/01/2012

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