19/11/2017  |  4909 chroniques, 162 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 15/11/2017 à 14:22:22
    webzine
    recherche
    newsletter
    liens
    proposer
    interview
Mai : Le joli mois de Johanna




Avec foutraque.com, c’est le mois de mai avant l’heure, grâce au groupe Mai, le petit bébé de la suédoise Johanna Wedin. En seulement 2 EP’s (soit 11 chansons), Johanna et ses musiciens, dont Fred Fortuny d’Autour De Lucie, nous ont offert un bel univers musical où la pop, la folk et l’easy listening viennent apporter à nos oreilles beaucoup de douceur. Sa voix d’enfant nous fait penser à Claudine Longet, April March, Hope Sandoval et à Sarah Cracknell du groupe Saint Etienne, soit des voix avec lesquels on fredonne en cœur des « Chabadabada… ».
Johanna répond à nos questions.



Tu chantes depuis que tu es toute petite ?
Oui, je chante depuis que je suis toute petite. Je faisais des spectacles de chant ou de danse dès que je pouvais. A l’école, avec mes amis, devant ma famille. Par contre à mon adolescence j’ai développé une timidité assez importante, donc les spectacles se sont arrêtés pendant quelques années. Mais comme j’adore çà, j’ai peu à peu travaillé sur ma timidité et aujourd’hui je chante, tous les jours, et j’écris souvent des chansons. J’adore la scène, j’adore quand j’arrive à faire passer l’émotion sur scène, ou quand je me sens complément libérée de tout. C’est comme une énorme dose d’adrénaline. C’est très agréable quand ça m’arrive.

Tes parents t’ont encouragé à te lancer dans une carrière de chanteuse?
Oui absolument. Mes parents m’ont toujours soutenu. C’est eux qui m’ont poussé à apprendre des instruments et à travailler dur. Par contre quand j’ai vraiment pris la décision de faire carrière dans la musique, ils ont eu peur car c’est un métier dur. Ils ont toujours un peu peur d’ailleurs, mais ils soutiennent complètement mon choix car ils connaissent ma passion et ils savent que je serais malheureuse en faisant autre chose.

Comme tu es suédoise, quand tu étais petite tu chantais des chansons d’ABBA sous ta douche, devant le miroir ? Tu aimes ce groupe?
Non, je ne chantais pas ABBA quand j'étais une petite fille. J’aime jusqu'à un certain point ce groupe, mais je n’ai jamais été influencé par eux. Mais dans une soirée si quelqu'un met Dancing Queen, je danse et je chante avec lui, c’est sûr ! Ce n’est pas quelque chose qu’on a beaucoup écouté chez moi, et c’est plutôt quelques années plus tard que j’ai commencé à apprécier ABBA.

Tu vivais où en Suède, et ton groupe Mai existait déjà avant d’arriver à Paris ? Pour quelle raison as-tu quitté la Suède pour venir t’installer à Paris?
Je suis née dans le nord de la Suède où il y a ma maison aujourd’hui. Mais j’ai vécu dans d’autres endroits en Suède aussi, et juste avant de venir à Paris je vivais en banlieue de Stockholm. Mon groupe Mai n’existait pas avant de m’installer en France. Le groupe s'est créé ici, à Paris. Comme j’ai toujours vécu très proche de la nature, dans des petites villes/villages ou en banlieue, j’ai toujours eu cette envie de découvrir la ville. Non seulement la ville, mais une grande ville, comme Paris ou NYC où j’ai vécu 8 mois.

Qu’est ce que Paris t’inspire ? C’est pour toi une ville lumière ? Comment trouves-tu les parisiens ?
J’ai de la chance d’avoir connu ou de connaitre la nature et la ville, ce mélange m’inspire beaucoup. Je suis très marquée par çà je pense. Paris est très inspirant, car je suis assez nostalgique et cette ville est bourrée de nostalgie ! C’est une grande ville mais il y a des quartiers qui me rappellent des villages, ou encore des grands parcs comme Le Bois de Vincennes. Donc on retrouve quand même la nature et des petits bouts de quartiers plus calmes. Les parisiens sont un peu stressés oui, mais ca ne me dérange pas trop. J’ai appris à accepter le stress de la grande ville. Je ne sais pas si c’est une bonne chose ou pas.

Que penses-tu de la vie nocturne de Paris (club, bar, soirées…) ?
Je trouve que la vie nocturne à Paris ne change pas, et c’est un peu dommage. Les clubs je les trouve tous un peu pareil. Dès qu’il y a un nouveau club qui ouvre, il devient rapidement comme les autres. Je ne sors plus souvent dans des clubs de toute façon. J’aime bien certains bars de quartier qui ont du charme. Je n’ai pas encore trouvé un bar où je trouve la sélection musicale, l’ambiance, et décor rassemblés en même temps. Mais j’y compte bien !

Tu ne chantes pas sur ton nom, mais sur celui de Mai. Pourquoi ce nom ?
Ce nom est lumineux. Je viens d’une région ou la lumière est très importante. Le mois de mai, ça veut dire lumière et chaleur pour moi. Et je pense que c’est ce que les gens ressentent avec ce nom aussi, c’est universel. Maia, c’était la déesse du printemps pour les grecs, et c’est devenu le nom du mois de mai après.

Qu’est ce qui t’inspire pour écrire un texte ? Quels sont tes sujets de prédilection ?
Il y a plein de sujets qui m’inspirent. Différents destins des femmes. Par exemple ma mère est une femme très forte qui m’a toujours transmis du courage, du courage féminin. Sinon, les êtres en général et leurs vies m’inspirent beaucoup aussi, leurs relations ou leur solitude. Our Ghosts est inspiré sur un homme que j’ai vu pendant 2 secondes dans la rue. Il y a des chansons ou je m’imagine dans la tête de quelqu’un d’autre ou même dans la tête d’un animal, comme dans Teeny Tiny. Bref, la vie et l’imagination mixées ensembles, comme un duel entre les 2, c’est quelque chose qui se trouve souvent dans mes textes.

Tu peux nous présenter tes musiciens et ton alter ego Frédéric Fortuny?
Oui ! Alors pour commencer, Fred Fortuny. On travaille ensemble depuis quelques années maintenant. Il a fait des arrangements sur mon premier album et après il m’a accompagné sur scène. Et un jour on s’est dit : "on essaie de faire une chanson ensemble". Et voilà, on travaille ensemble depuis. On se complète assez bien. Ca m’a pris pas mal de temps de trouver quelqu’un qui puisse comprendre ce que je voulais transmettre à travers la musique. Fred me pousse à toujours m’améliorer et trouver de nouvelles idées. Fred et moi on fait presque tout ensemble mais on eu de la chance de rencontrer des musiciens fabuleux, comme Raphael Ségunier, un très bon batteur, qui est venu jouer avec nous quand on a enregistré quelques chansons dans les Alpes en France. Raphael Chevalier est un violoniste extraordinaire qu’on a rencontré pendant une tournée. On l’a invité à jouer sur Big Fish, Small Bird, et ça c’est très bien passé. Samy Osta nous a fait des arrangements et il a aussi fait la 1ère tournée il y a quelques années. Il a un groupe que j’aime beaucoup qui s’appelle Domingo. Sinon, Jean-Pierre Ensuque n’a pas vraiment joué sur , mais il a fait des arrangements électroniques. C’est un très bon copain de Fred et il a aussi un groupe de rock qui s’appelle Luke. Il y a aussi le merveilleux Romain Guillet, qui est notre ingénieur du son. Il nous enregistre parfois, nous accompagne sur scène depuis un moment et joue très bien de la basse, donc il joue aussi la basse sur. Sur And Last But Not The Least il y a Stéphane Briat, un très bon mixeur, qui nous suit et qui a aussi mixé mon tout premier album. En fait il y a un mix de pleins de musiciens différents.

Ta voix me fait penser à des chanteuses telles que Claudine Longet, Danna Gillespi avec ce côté glamour année 60, mais aussi au groupe anglais Saint Etienne. Qui sont les artistes que tu aimes ?
J’écoute beaucoup de choses différentes. Je n’ai jamais écouté qu’un style. J’écoute les divas jazz, Peggy Lee, Ella Fitzgerald, Doris Day ainsi que des chanteuses soul comme Roberta Flack. Je suis aussi fan de Vashti Bunyan pour sa fragilité, Joni Mitchell pour son song-writing extraordinaire, ou Hope Sandoval pour sa voix mélancolique. Sinon j’écoute aussi des nouveautés comme par exemple Beach House ou Austra. La liste est longue.

Dans ta voix il y a pas mal de mélancolie, de nostalgie qui nous évoque le son des années 60 teinté d’easy listening et d’hippie/folk. Ce sont tes parents qui t’ont transmit cette culture ?
Mes parents sont fans de musique et j’ai piqué la moitié de leur collection de vinyles. Ils écoutaient un peu de hippie/folk, mais leur truc c’est le blues et le jazz, d’où mon amour pour ces musiques. Je pense que cette culture folk m’est venue un peu plus tard. Assez tard, dans mes années ado. J’écoutais plein de gens comme Nick Drake. Fred m’a fait connaître le groupe Fairport Convention que j’adore, du vrai hippie/folk ! Mais je suis vraiment influencée par plein de musiques différentes. La mélancolie dans ma voix est sûrement transmise par mes parents et la nostalgie aussi peut être. C’est une nostalgie non seulement pour la musique, mais pour tout. Parfois je me demande si je ne suis pas née trop tard. Je n’aime vraiment pas cette société « rapide ». On oublie les choses importantes aujourd’hui je trouve. Avant on prenait plus le temps de créer et d'apprécier son travail. Dans la musique par exemple, tout doit aller si vite, les artistes n’ont pas le temps de trouver leur propre chemin. Moi je prends le temps de le faire quand même ! Car je veux faire çà jusqu'a la fin de mes jours, si je peux.

Comment envisages-tu ta carrière? Les projets ?
C’est comme je viens de dire. Je sais ce que je veux, mais je prends mon temps pour trouver mon propre chemin. C’est très important pour moi. Tout ce que je fais c’est pour l’amour de la musique. J’ai de la chance d’être si dévoué(e) à quelque chose et c’est pour ça que je me vois faire cela pendant longtemps. Le prochain projet sera de finir l’album et faire une tournée. Sinon, j’aimerais découvrir le monde un peu plus et j’aimerais le faire à travers la musique !

Merci à Phil Spear pour la relecture.

( Chronique du EP " Sweet Unrest " ici:)



www.myspace.com/ilovemai
whoismai.tumblr.com/
www.facebook.com/johanna.wedin1

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
interview publiée le 18/01/2012

Partager


    foutraque
      
      
l'association  |  devenir partenaire