25/03/2017  |  4778 chroniques, 159 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 25/03/2017 à 12:56:51
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Chapi Chapo : Jouet Club


Juillet 2013

En 1974, le duo italien, créateurs de films d’animations (Pépin La Bulle, Albert et Barnabé), Italo Bettiol et Stephano Lonati créent les personnages Chapi (une fille habillée en rouge) et Chapo (un garçon habillé en bleu). Ces deux personnages ont égaillés l’imaginaire de nombreux enfants (et parents) présent devant leur poste de TV époque ORTF.
En 2003, le breton Patrice Elégoët crée le projet Chapi Chapo et … Les petites musiques de pluie. En solo, ou avec des amis musiciens il compose une musique à la fois pour les grands mais aussi pour les tous petits. La particularité du projet, est que les instruments utilisés sont des jouets. A ce jour Chapi Chapo et Les petites musiques de pluie (il paraitrait que la Bretagne est une région pluvieuse) ont réalisés 3 albums, de nombreux concerts et des cinés concerts. Patrice Elégoët répond à nos questions.


Vous pouvez nous présenter le groupe Chapi Chapo et Les petites musiques de pluie ? Vous vous êtes connus comment ?
Le projet CC&LPMDP est né en 2003 de l’envie de créer de la musique tout seul, en parallèle d’une pratique instrumentale en groupe (à l’époque avec Tante Felipe, sorte de fanfare punk qui comptait de nombreux instruments : flûte traversière pour ma part, clarinette, trompette, basse, contrebasse, batterie, machines, violon). C’est pour la scène, la première en 2009, que Chapi Chapo est devenu un groupe à géométrie variable. Nous venons pour la plupart de toute la Bretagne et on se connaissait depuis pas mal de temps. Nous étions amis.

Comment avez-vous trouvé la couleur musicale de Chapi Chapo ? L’inspiration vient d’où ?
Je crois que la couleur musicale est donnée par les instruments, à savoir les vieux jouets musicaux. Pour le reste, c’est un mystère.


Une partie des instruments que vous utilisez sont des jouets. Qu’est ce qui vous plait dans les sons produits par les jouets?
Oui, une très grosse partie même ! On peut distinguer deux catégories : les jouets (tableaux d’éveil, moulins à musique, pouets) et les instruments de musique pour enfants (guitares, toy pianos, flûtes). Des objets qu’il faut apprivoiser pour pouvoir les utiliser convenablement. C’est très intéressant, car ils ont des sonorités bien spécifiques, loin des « vrais » instruments très chers (même si certains jouets de collection ne sont pas donnés). Certains sonnent un peu faux, certains sont difficiles à manipuler avec de gros doigts d’adultes. C’est ça qui est génial.

Vous avez toujours été attiré par les jouets à musique ? Certains de ces jouets datent de votre enfance ? Ou bien vous les avez trouvés en brocantes ?
Je n’ai pas vraiment eu de jouets musicaux quand j’étais petit, à part un moulin à musique, que j’ai perdu depuis. Pour le reste, ils viennent des Emmaüs, vide-greniers et autres brocantes. Et internet pour les jouets américains, italiens, japonais etc.


A ce jour vous avez sorti 3 albums. Comment voyez-vous l’évolution (style, sonore, sujet) entre ses 3 disques ?
Les trois albums ont été réalisés de la même façon. J’aime créer en direct. C’est-à-dire qu’il n’y a pas une étape de création au préalable. Tout est fait au même moment : composition + enregistrement dans la foulée. N’étant pas un grand technicien du son, j’ai amélioré un petit peu mon matériel d’enregistrement au fil des années, mais celui-ci reste très rudimentaire. Une carte son, un micro et un ordinateur. Le dernier album sonne peut-être plus pop que les précédents. Mais je crois qu’ils restent assez cohérents.

Sur le titre Where Went the Mighty Quinn, il y a la voix de Jason Lytle du groupe Grandaddy. Vous pouvez nous parler de cette collaboration ? G.W Sok de The Ex est également présent. Pourquoi avoir fait appel à lui ?
Les musiciens et chanteurs auxquels je fais appel sont des musiciens que j’apprécie beaucoup, tu t’en doutes bien. J’ai connu G.W. Sok lorsqu’il chantait dans The Ex (qu’il a quitté en 2008). Quant à Grandaddy, le groupe de Jason Lytle, j’en suis fan depuis 1997, date à laquelle je l’avais vu en concert à Rennes. Puis à Nantes et Saint-Malo. Ces collaborations se font en général par mail. Et ça fonctionne super bien. C’est une étape très excitante que de découvrir la contribution d’un chanteur ou d’un musicien. Et je n’ai jamais été déçu. Bien heureusement.


Le nouvel album a pour titre Robotank-Z. Que représentent les vieux robots en fer pour vous ?
Je ne suis pas grand connaisseur des robots en fer. Cependant, j’ai un jour acheté par internet ce petit robot, au doux nom de Robotank-z. Quand je l’ai reçu, j’ai été très content de constater qu’il faisait beaucoup de « sons ». Ses antennes, son mécanisme etc… Il semble, d’après mes recherches, que ce soit en plus un incontournable dans le monde des collectionneurs de robots mécaniques. De plus, c’est un original. On trouve beaucoup de reproductions. Il m’est très précieux et nous accompagne d’ailleurs sur scène.


Vous avez deux approches. Les albums plutôt destinés aux adultes, et les ciné-concerts destinés aux enfants. Parlez-nous de la mise en forme des musiques plutôt destinées aux tous petits (6 mois/3 ans) ?
A la base, le projet n’était pas destiné aux enfants. L’idée était de faire de la musique avec des jouets. Un point c’est tout. C’est parfois dur pour certains d’admettre que faire de la musique avec des jouets peut sonner comme une musique « normale ». Le Vegetable Orchestra – groupe autrichien qui joue avec des légumes frais – ne s’adresse pas aux jardiniers. Mais à tout le monde. Nous c’est pareil ! En revanche, il est vrai que nous jouons des spectacles conçus spécialement pour les enfants. Toujours avec des jouets. C’est un exercice super intéressant. Non pas dans la composition mais plutôt dans l’exécution : nous jouons tôt le matin, dans des salles remplies d’enfants. Et c’est vraiment super. On s’éclate. Prochainement, nous proposerons une sieste musicale à destination des bébés. On a hâte de voir ce que ça va donner. Nous restons toutefois attachés à jouer pour les grands, c’est-à-dire dans un format plus rock. C’est ce que nous faisons sous le nom de Chapi Chapo Orchestra. Notre set se compose des morceaux de l’album Robotank-z.

Quel est votre remède pour garder l’enfant attentif ? Car le public enfant ne fait pas de cadeau, quand il n’aime pas, il l’exprime haut et fort, il n’est pas un mouton !
Nous n’avons pour ainsi dire jamais de problème d’attention de la part des enfants. Nous avons de la chance. Pour les ciné-concerts, nous jouons sur de magnifiques films d’animation polonais. L’image les captives donc d’office. Et puis la durée des spectacles leur est adaptée. Environ 45 minutes. Pour les bébés, on se limitera à 20-30 minutes. Le plus compliqué, finalement, c’est de leur faire comprendre qu’à la fin du spectacle ils ne peuvent monter sur scène pour jouer avec les jouets !! Mais on ne peut s’y risquer car certains jouets, qui ont un rôle essentiel dans nos morceaux, sont très rares et donc difficiles à retrouver en cas de casse.

Vous écoutez (aimez) les comptines ? Que représentent les comptines pour vous ? Si vous en écoutez, quel est votre « best of » comptines et pourquoi ce choix ?
Je crois que j’ai un problème avec ce mot, « comptine ». Je trouve ça assez cucu en général. Il faudrait que je m’y attarde davantage car il y a surement des super comptines ! Après, je suis davantage séduit par l’approche du groupe Dragibus, qui triture et déforme les comptines du monde entier. C’est un groupe que je recommande !

Vous attachez un soin tout particulier au visuel (pochette, site internet). Vous avez fait des études d’art?
Non. J’ai fait des études de langue bretonne. Par contre, Amélie Grosselin, elle, a fait des études de graphisme. C’est elle qui réalise les pochettes de mes disques, entre deux concerts avec son groupe Fordamage. Elle fait un super travail.

Quels sont les projets et envies futures pour Chapi Chapo ?
Il y a le concert pour les bébés que nous sommes en train de créer et qui sera prêt en octobre pour les festivals rennais Marmaille et Elektroni[k]. Et puis nous avons envie de continuer à explorer le côté « rock avec des jouets ». Et continuer à découvrir de nouvelles merveilles multicolores. Certains, chez moi, n’ont pas encore servis, faute de temps !



Chronique de l’album Robotank-Z ici

Chronique de l’album Chuchumuchu ici



chapimusic.free.fr/
facebook.com/chapichapoetlespetitesmusiquesdepluie?ref=ts

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
interview publiée le 11/07/2013

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