23/09/2019  |  5233 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 21/09/2019 à 11:27:25
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Thomas Fersen

La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
décembre 2003

Quelques jours avant son enthousiasmant concert à la Coopérative de Mai à Clermont-Ferrand, le 3 décembre 2003, nous avions eu un entretien avec Thomas Fersen. Une occasion de parler avec lui de la nouvelle direction - plus rock - prise avec son dernier album Pièce montée des grands jours, mais aussi d'évoquer son univers aussi loufoque que particulier...

Dans quel état d’esprit êtes-vous avant de partir pour cette longue tournée française ?
Thomas Fersen : "Je suis en plein dedans en fait, j’ai commencé le 26 septembre. Je n’avais pas tourné pendant 21 mois, donc je suis super content de revenir sur scène.

Comment se sont passés vos concerts à la Cigale à Paris du 11 au 22 novembre 2003 ?
C’était bien, la salle affichait complet. Il y avait une semaine debout, une semaine assis. On a enregistré le spectacle pour faire un dvd. Mais c’est déjà du passé malheureusement…

Avec un peu de recul, quel regard portez-vous sur votre dernier album, Pièce montée des grands jours ?
Il représente encore bien ce que je suis en ce moment. Mais, j’ai déjà envie de faire autre chose. C’est normal, dès qu’on fait son retour sur scène, les envies reviennent : les gens nous donnent envie de faire des choses. J'aimerais approfondir avec un autre disque les nouvelles idées, les nouvelles directions et les nouveaux arrangements que j’ai essayés sur le nouvel album. C’est encore un petit peu tôt, mais j’y pense beaucoup !

La part plus importante laissée aux guitares, c’est venu naturellement ou c'est dû à vos racines punk rock ?
C’est quelque chose que j’avais en moi, j’ai toujours eu ce goût-là. C’était le moment, mes textes aussi étaient un peu plus crus et directs, je pouvais donc arranger mes chansons avec ce genre d’instrumentation. C’est justement dans ce sens que j’ai envie d’appuyer un peu encore dans l’avenir.

Etes-vous satisfait du travail de réalisation que vous avez effectué sur l’album ?
Bah, ouais (rires) ! En fait, j’ai pris le temps de faire ce que voulais. En général, les déceptions viennent surtout des contraintes de temps et d’argent. Mais là, on a fait attention avec les sous, on a préparé l’enregistrement, on a répété avant. A chaque fois, on prépare le mieux possible car le studio, il faut savoir où on met les pieds : on a un budget, une fois qu’il est épuisé, il est épuisé ! Après, pour la réalisation, je savais où j’allais, j’ai pris du recul pendant l’enregistrement.

Est-ce-que cela vous a donné envie de produire d’autres artistes ?
Non, je ne suis pas un fou du laboratoire. J’aime bien tout ce qui est enregistrement en lui-même mais après, tout ce qui est post production, traitement, ce n’est pas ce que je préfère. J’ai quand même accompagné le disque jusqu’au bout. Les joies de jouer sur scène et d’enregistrer la musique sont plus intenses pour moi que de faire des tris après. J’ai donc plus envie de jouer de la musique que de la produire.

Quel souvenir gardez-vous de votre collaboration avec Joseph Racaille, Mathieu Ballet et Vincent Frèrebeau sur l’album Quatre ?
Je n’ai pas de regrets mais il fallait que je change, cela faisait déjà trois albums que je travaillais avec Joseph. Ceci dit, ça fait toujours parti du spectacle, c’est quelque chose de précieux que je garde, qui fait partie de mon travail. Je suis très content d’avoir ça dans mes disques. Je me rends compte (mais je le savais déjà !) que les arrangements de Joseph apportent énormément au spectacle.

Dans votre dernier album, on retrouve l’influence de la musique tzigane, en écoutez-vous beaucoup ?
Il y en a un petit peu moins qu’avant, vous voulez parler de Croque, c’est ça ? C’est une marche. Comme c’est une histoire de croque mort, je voyais bien une musique comme ça, c’est la musique qui est venue illustrer le texte. J’écoute en effet de la musique tzigane, pas plus que ça non plus, mais un peu. J’ai toujours mis du folklore dans mes chansons, je trouve que ça illustre bien. C’est agréable à jouer en plus.

Pouvez-vous évoquer votre collaboration avec le photographe Jean-Baptiste Mondino ?
Mondino, je le vois seulement une fois avant la photo, il écoute quelques chansons avant qu’on se voit, et puis on se revoit pour la séance et hop c’est fini ! On ne se revoit que deux ans plus tard ou quatre ans ça dépend… A chaque fois c’est une grande partie de plaisir, j’adore son univers. En plus, quand on fait les séances, on rigole beaucoup. Mais on participe vraiment à un moment de création, c’est sérieux ; de temps en temps, il y a des moments assez intenses. C’est un visionnaire, ça me fait plaisir de lui confier à chaque fois mes pochettes. Il fait des choses un peu décalées qui ne sont pas toujours faciles à assumer par la suite pour moi…

Comme la tête de cochon entre les jambes ?
Oui (rires), par exemple ! Mais en même temps je suis assez fier d’avoir des visuels qui ne soient pas très conformistes. Je trouve qu’il faut être audacieux sinon on est très vite fade et surtout interchangeable : sans cela, toutes les pochettes se ressemblent au bout d’un moment.

La référence au film La grande bouffe de Marco Ferreri, ça vient de vous ou de Jean-Baptiste Mondino ?
La bouffe c’était moi, La grande bouffe, c’est lui. Le film a été rediffusé à la télévision, il l’avait vu quand il était jeune et ça l’avait marqué. Il m’a dit : “ dans les années 70, on voyait vraiment un cinéma qu’on ne comprenait pas mais qui nous faisait réfléchir, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui ”. Il voyait bien une femme comme Andréa Férréol dans La grande bouffe avec des spaghettis dans le dos, il avait pensé aussi à la tête de cochon. Finalement, on a retenu ces deux photos, c’était fort !

Votre dernier clip, Deux pieds est réalisé en images de synthèse, vous ne vouliez pas apparaître à l’écran ?
En fait, j’apparais, parce que ça a été fait avec un système qui s’appelle Motion Capture. Je portais une combinaison noire avec de capteurs, j’étais dans un cercle de caméras infrarouges, mes mouvements étaient enregistrés et retranscrits sur un ordinateur avec des petits bâtons. Il y avait donc un squelette qui s’animait sur l’ordinateur, c’était le mien. Autour de ça, ils ont dessiné ce que vous avez vu dans le clip. C’est assez rigolo car je me vois vraiment bouger. J’ai un problème avec le clip : quand on raconte une histoire, elle est souvent contradictoire avec la chanson et puis il y a un problème de réalité et d’irréalité. Quand c’est dessiné, on sait tout de suite que c’est irréel, c’est beaucoup plus fluide, je trouve. Je pense que c’est pour cette raison que l’animation a du succès.

En composant le morceau Deux pieds puis en le finalisant, avez vous remarqué son potentiel radiophonique ?
Déjà, quand je la chantais accompagné de ma guitare, je la trouvais assez directe. C’est une chanson qui a été arrangée très facilement alors que d’autres, comme Né dans une rose, m’ont demandé beaucoup de travail.

Vous avez mis quatre ans pour écrire onze textes, est-ce parce que vous avez voulu souffler et prendre votre temps ou à cause d’un manque d’inspiration ?
Non, c’est parce que j’ai fait Triplex entre les deux albums, ça m’a pris du temps. Et puis j’ai beaucoup tourné avec l’album précédent, j’ai fait 150 dates. Ça m’a pris quatre ans mais je ne suis pas resté quatre ans chez moi (rires).

Dans les notes de pochette de votre album Quatre, on pouvait lire qu’il avait été écrit en grande partie chez Maud, sur la table de camping de Noëlle et Marcel, avez-vous reconduit cette méthode ?
Non, il n’y a plus rien de tout ça, c’est du passé malheureusement. La table de camping est toujours là par contre (silence)… Elle est pliée dans un coin.

Prenez-vous comme un défi à relever de conserver une écriture poétique en abordant des sujets triviaux comme les Borborygmes ou les odeurs de Reblochon ?
Ce n’est pas un défi, je pense qu’il peut y avoir une poésie là-dedans aussi… J’essaie de la détecter, c’est ça qui m’intéresse : aller un peu en dehors, évoquer des choses qu’on ne trouve pas dans les chansons et le dire sans que ce soit une pose...

Dans la chanson Diane de Poitiers, le "héros" déclare “ je fais rarement ma prière, je préfère une petite bière ”… Quel rapport avez-vous à la religion ?
C’est une façon d’être insolent… Dans mes références et mes images, j’aime bien faire appel aux grands thèmes : que ce soit la religion, l’amour, la pauvreté, le vol, l’immigration ou les animaux. J’ai toujours fait ça ; la religion, ça fait partie des points de repère et puis ça permet de positionner mon personnage. Mais j’ai le sens du sacré aussi… sans avoir forcément la foi.

Vous avez beaucoup évoqué Paris et la place Clichy dans vos textes. Votre déménagement en Bretagne est-il lié à une volonté de renouveler votre inspiration ?
Non, c’est la vie… J’aime la Bretagne, j’y ai plein d’amis maintenant. C’est un poumon pour moi, ça faisait longtemps que je cherchais un autre endroit que Paris, ça s’est fait l’année dernière. J’ai vécu à Paris et j’y habite toujours d’ailleurs, je parlais de la place Clichy pour plusieurs raisons, d’abord dans les chansons, puis parce que c’est là que j’ai grandi. J’allais au lycée à Jacques Decours, je répétais derrière la place Clichy, j’ai fait du piano bar dans le coin, c’est un quartier que j’ai beaucoup fréquenté. Et là, je viens de jouer dix jours à la Cigale, j’y suis donc tout le temps fourré !

Beaucoup de vos chansons ont deux niveaux de lecture, elles parlent aussi bien aux adultes qu’aux enfants. En avez-vous conscience et recherchez vous cela quand vous écrivez ?
J’essaye d’avoir une écriture imagée... Je me suis rendu compte que ça touchait les enfants, mais je n’écris pas pour eux. Les enfants sont sensibles aux images, aux rythmes, aux élisions, à ces ellipses qu’il y a dans la chanson paillarde. C’est vraiment la forme qui m’a le plus séduit, plus encore que les histoires de nichons et tout ça. Dans certaines phrases par exemple, “entre les seins, direction quéquette ”, cette ellipse-là, elle est extraordinaire. D’un seul coup, on passe des seins à la quéquette avec le mot “ direction ”, ça marche : il y a une connexion qui se fait dans l’esprit. C’est ça que j’essaie de faire et les enfants y sont sensibles. C’est un peu technique, vous voyez ce que je veux dire (rires) ?

Saint-Jean-du-Doigt, sur votre dernier album, est presque une chanson paillarde, vous semblez plus attiré par ce type de chansons que par les chansons engagées…
La chanson paillarde pour moi, c’est comme la chanson engagée : ce n’est pas quelque chose qu’on retrouve sur un disque. La chanson paillarde, quand c’est sur un disque, c’est sinistre : on n’écoute pas ça chez soi, à moins d’être un peu demeuré ! C’est quelque chose qu’on partage avec le groupe ; d’un seul coup, il y a une espèce de communion, les esprits s’échauffent et c’est parti… On me demandait toujours si j’avais écouté les grands maîtres de la chanson française... Par insolence, j’avais répondu que non, c’était la chanson paillarde qui m’avait initié, ce qui est vrai, en plus. C’est comme ça que j’ai découvert la chanson, à l’école communale, à la maison on n’en écoutait pas. J’ai un répertoire de chansons paillardes assez long dans lequel j’aimais briller. Ça se sent dans mes chansons : elles ont cette forme, ces structures. Je ne dis pas qu’elles ont le contenu mais elles ont la rime, elles sont toujours au présent. Elles contiennent des ellipses, des élisions… Elles sont construites, ce ne sont pas des phrases qui évoquent des choses, c’est une histoire, il y a une chute, un côté ritournelle. C’est pour ça que j’ai vraiment rencontré la chanson quand j’étais gamin.

Je vous ai vu interpréter Bella Ciao, une chanson révolutionnaire du folklore italien, au Zénith de Paris en avril 2002 pour un concert contre Le Pen. Dans quel état d’esprit étiez vous alors et quel regard portez-vous sur ce concert aujourd’hui ?
J’étais assez fébrile… Je trouve que c’est dans des périodes comme ça où les gens sont déstabilisés que l’histoire peut prendre un tournant et basculer. En 1914, quinze jours avant la guerre, personne n’y croyait et pourtant ils y sont tous partis… La mort de Jaurès a tout changé. Après les moments de troubles comme ça, il y a toujours des grandes gueules pour dire : “ c’était impossible que Le Pen passe ”. Mais je crois que c’est facile d’avoir cette opinion rétrospectivement !

J’avais trouvé ça plutôt courageux de votre part, sachant que vous évitez habituellement de parler politique dans vos chansons…
Courageux, oui et non. Je ne suis pas forcément apolitique mais je trouve que ce n’est pas la place de la chanson. Moi, j’ai toujours un problème avec ça, je ne veux pas parler au nom des autres. Ma chanson, elle fait l’objet d’un disque qui est distribué dans le commerce et qui est soutenu par une industrie. A partir de là, j’ai des scrupules à écrire certaines choses. Surtout, je ne sais pas le faire, ni donner une forme qui soit artistiquement dans la continuité de ce que je fais. Ça serait en dehors et ça ne m’intéresse pas. Ce qui m’intéresse dans la chanson, c’est de fabriquer quelque chose, ce n’est pas de proclamer quelque chose.

Mesurez-vous la chance que vous avez de travailler avec Vincent Frèrebreau et tôt Ou tard, son label ?
Mais c’est Vincent Frèrebeau qui a de la chance de travailler avec moi (rires). Le label tôt Ou tard s’est fait autour des Têtes Raides et de moi-même, on était chez Warner et on a été ses premiers artistes. C’est comme ça que le label tôt Ou tard s’est créé autour de nous au bout de deux/trois ans. C’est sûr que c’est une rencontre qui est unique dans ma vie, on s’est construits ensemble. Maintenant on est un peu plus vieux, c’est quelque chose qui sera unique dans notre vie, je pense.

Connaissez-vous les autres artistes du label et les appréciez-vous ?
On se connaît parce qu’on se voit à travers le label. J’apprécie certains, ça dépend si on parle humainement ou artistiquement. Vous savez, j’ai cet espèce de réflexe d’être toujours en dehors et assez orgueilleux… Cela s’accompagne d’une absence de commentaires sur mes confrères.

Avez-vous le temps et l’envie de découvrir de jeunes artistes sur scène et sur disque ?
Ah, oui, je suis très très curieux de ce qu’il se passe, pas seulement en France d’ailleurs. Je m’intéresse aussi au Québec et aux Etats-Unis, un petit peu moins à l'Angleterre… Quand j’étais plus jeune, je préférais ce qui venait d’Angleterre mais maintenant, c’est moins le cas, je trouve qu’ils sont un peu trop poseurs les Anglais ! J’aime bien ce qui se passe à New-York en ce moment. J’aime la scène de New-York en général, il y a plein de groupes qui ont ce côté un peu punk que j’aime bien. Je n’apprécie pas les groupes qui sont inspirés ; Les génies, ça me fatigue, les chapelles, aussi ! Je n’aime pas avoir l’impression d’être à l’église ou à la messe quand j’écoute une chanson. J’aime bien le côté populaire, gouailleur, joyeux, direct, généreux qu’avaient les Clash par exemple… On retrouve ça aujourd’hui dans certains groupes new-yorkais.

Ecoutez-vous souvent les artistes qui vous ont influencés comme The Clash, Tom Waits, Randy Newman ou The Beatles ?
Oui, régulièrement. Enfin, un peu moins parce que je connais bien. Mais quand il y a un album de Tom Waits qui sort, je l’achète ! Randy Newman, pareil… Et les Beatles aussi, mais je crois qu’ils sont séparés…

Y-a-t-il un disque que vous réécoutez souvent ?
En ce moment, j’écoute des vieux disques de Neil Young : j’aime assez réécouter After the gold rush, c’est un beau disque, il a un côté direct et simple. En même temps, c’est tellement lié aux souvenirs de jeunesse que l’on a parfois un peu de mal à démêler son propre goût de sa nostalgie…

Avez-vous déjà assisté à un concert de Neil Young ?
Non, il est passé plein de fois mais je me suis rendu compte que j’étais passé à autre chose. J’aurais certainement eu du plaisir à le voir sur scène. Je ne sais pas s’il chante encore ses vieilles chansons.

Sur la tournée Greendale, je crois qu’il joue ses vieux morceaux à la guitare acoustique à la fin.
Ça c’est quelque chose qui me touche… J’étais allé voir McCartney il y a dix ans et j’y suis retourné cette année, ça fait quand même quelque chose d’entendre des morceaux qu’on écoutait quand on avait dix ans !

Jouez-vous parfois des reprises pour vous, pour vos amis ou votre famille ?
Ah, oui ! Je les fais parfois sur scène à la fin. Il y a des chansons de Tino Rossi, Luis Mariano, Julio Iglesias, une chanson que chantait Michel Simon, j’aime bien faire ça…

Quel est plus beau compliment qu’on puisse vous faire sur votre musique ?
Que ça rend heureux, que ça donne la pêche. Les gens qui me racontent qu’ils mettent le disque le matin et que ça leur fout la pêche, je trouve ça super. Moi même, c’est ce que je recherche dans la musique : mettre un disque et danser dans ma baignoire.

Vous n’aimez donc pas les musiques mélancoliques ou tristes ?
Si, parfois, mais en ce moment je suis moins là dedans. La complaisance qui va avec ça m’agace. Je vous l'ai dit, les inspirés, c'est pas mon truc !

Quel rêve aimeriez-vous réaliser ?
J’aimerais bien jouer mieux du piano, comme ça toc, avec un petit coup de baguette magique, sans travailler !

Quel regard portez vous sur vos 10 ans de carrière ?
Je n’ai pas tellement envie de faire un bilan, ça voudrait dire que je suis arrivé quelque part. Et si je suis arrivé quelque part, j’allais pas bien loin !

Réécoutez-vous vos disques ?
Ce n’est pas quelque chose que je fais volontiers, je le fais très rarement. Je les écoute quand je suis à la radio et qu’on passe ma chanson. Le problème, c’est que comme je les joue sur scène, la nouvelle version prend la place de celle du disque ; donc quand je réécoute le disque je suis étonné par le tempo d’une chanson, son intention. Parfois je trouve que ça ne vit pas, que la chanson est devenue autre chose avec moi car mes oreilles se sont transformées, ont évolué vers autre chose. Je ne referais pas certaines chansons de certains disques, mais je ne regrette pas de les avoir faites.

Pensez-vous toujours exercer un métier de service comme à vos débuts en tant chanteur dans un restaurant Thaïlandais ?
Oh oui, je pense que le principe même de faire du spectacle, c’est la générosité. Dès l’instant où c’est pour soi, ça se voit, la lumière est là pour le montrer. C’est pour ça que c’est assez fatigant finalement : on a envie de donner beaucoup aux gens qui sont venus et qui ont payé leur place."

www.totoutard.com

auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
interview publiée le 11/12/2003

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