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Les Wampas

Paris
27 février 2003

Didier Wampas est le leader charismatique des Wampas depuis près de 20 ans. Ses prestations sont saluées par les fans, qui l’ont intronisé Roi.
Les albums des Wampas restent méconnus. Manu Chao servira-t-il de déclic, malgré lui ?

Vous célébrez 20 ans d'existence, allez-vous réserver le Parc des Princes à cette occasion ?
C'est cette année effectivement. Nous jouerions plutôt au café des sports qui se situe juste à côté du stade !!

Après 20 ans de carrière, quels sont vos premières impressions ?
Je suis content de ce qui arrive. Je vis au jour le jour, satisfait de la sortie d'un nouveau disque. J'aime faire ce que je pense être bien.

Quand le groupe a débuté, vous vous projetiez dans le futur ? On peut espérer vous voir fêter d'autres anniversaires ?
Je ne me projetais pas dans l'avenir, mais je n'avais pas envie d'arrêter un jour.
Peut-être que je continuerai comme Charles Trénet.

Votre référence ?
Oui. Sur scène, j'ai repris des petits bouts de morceaux de Trénet. Le titre de l'album Simples et tendres est une référence directe.

Vous avez participé à un disque hommage à Piaf et Fréhel. Il n'y en pas eu pour Trénet ?
Pas à ma connaissance. J'aimerais bien, il y a tellement de chansons de lui que j'aimerais reprendre. De la part d'un groupe rock, ce n'est pas évident.

Quand on voit que tous les groupes que vous évoquez dans la chanson Puta (ndlr : la mano, les berus…) ont disparu, vous vous sentez comme le dernier porte parole ?
Non pas du tout. Je n'ai jamais eu le sentiment d'appartenir à ce mouvement français de rock alternatif. les Wampas, ce n'est pas du rock alternatif.

Dans Libération du 27 février 2003, un article vous est consacré intitulé "Les wampas : une espèce à protéger"
Oui, on a été surpris. Ce n'est pas difficile de résister aux modes. Le titre de l'album est un retour de plaisanterie avec un ancien membre de Wampas qui fait de l'électro désormais. Sporto Kantes avait auparavant intitulé un de ses titres Never trust a guy (who's never been a punk).
Sur le code-barres de notre dernier album, il est d'ailleurs indiqué "Never trust a Wampas", un joli raccourci !!

Rarement de sujets dans les médias ?
On n'est jamais rentrés dans un moule. Les gens ne savent pas comment parler de nous.
Je n'ai pas d'à priori sur TF1, mais si cela devait se produire, je crois que l'on se poserait des questions. On serait comme des bêtes curieuses (avec ma tête peinte en bleue par exemple).

D'ailleurs, quand il y a un article, il y a toujours une coquille !
Oui Jean-Louis le Ténia, au lieu de Jean-Luc (ndlr : "poète" et ami du groupe), de même que dans Télérama, on m'avait prénommé Daniel. C'est mon jumeau !

Vous êtes signés sur une major (Atmosphériques, distribuée par Universal Music), est ce pour avoir davantage accès aux médias, notamment ?
Pas du tout. On signe sur les labels qui veulent bien de nous.

En 98, tu disais pourtant en avoir assez des majors ?
De la major sur laquelle on était à l'époque, oui ! Rien contre les autres majors !

Atmosphériques est le label de Louise Attaque, un lien ?
Oui, ils nous ont un peu poussé. Ils avaient déjà essayé avec le précédent album, sans succès à l'époque.

Actuellement, on parle beaucoup des intermittents du spectacle.
Je comprends, mais la créativité et la musique doivent être basées sur l'envie. On a commencé par plaisir, il n'y avait pas d'argent à l'époque. En Angleterre en 77, il n'y avait pas de rapport entre les Clash, Stranglers ou Jam. Et ici entre les Wampas, Satellites et Bérurier. Il y avait de la spontanéïté.
Maintenant tous les groupes qui démarrent veulent être intermittents et font la même musique (50 groupes de ska festif par exemple, dont certains qui assurent notre première partie). Il n'y a que les Caméléons que j'aime bien.

Ca vous concerne directement ?
Jean-Mi et moi bossons, les autres sont plus dans le domaine du spectacle. La bonne musique se crée dans des conditions difficiles. Les meilleurs groupes anglais sont apparus sous Thatcher. Avec Bush, il y a également une émergence de bons groupes. L'art et les subventions, ça ne va pas très bien ensemble.

Un consensus incroyable existe autour des Ramones, désormais. De leur vivant, ils ont toujours couru après le hit, et si cela vous arrivait ?
On a déjà repris des titres des Ramones. Je n'aime pas trop les tributes qui leurs sont consacrés. Nous ne cherchons pas le tube. Si cela devait se produire pourquoi pas ! Je me ferais un peu d'argent. Mais ce n'est pas un souhait majeur. C'est peut être même contraire à la raison pour laquelle je fais de la musique. Les premiers trucs qui m'ont plu étaient des 45 tours disponibles en import à 50 exemplaires. Je fais de la musique pour ça.

Il y a une famille Wampas ?
Je suis content que les gens nous aiment. on propose aux fans de venir assister à nos répétitions.
Mais le fait de devenir plus connu, cela ne m'apporterait rien. je serais ravi d'avoir un chèque de la Sacem. Je viens de recevoir une avance de 20 000 balles d’Universal (NDLR : 3 000 € environ) et suis parti en vacances. Pour mémoire, notre avant-dernier album Kiss s'est vendu à moins de 10 000 exemplaires, et Simples et tendres, à 20 000 unités.

A vos concerts, une communion avec le public est détectable.
Oui, ce qui m'a gêné à l'occasion du dernier concert à la Cigale à Paris, c'est que tout le monde connaissait tout les titres et a sauté partout du début à la fin. J'aime la difficulté. Dans les festivals, quand personne ne nous connait et se demande "qu'est- ce-que c'est que ce truc ?"
Cependant, j'adore voir les créteux prendre des attitudes romantiques sur les chansons tendres, comme Petite fille.

Vous ne faites plus Quelle joie le rock'n'roll ?
Non, tous les groupes font monter le public sur scène maintenant. Ca s'est toujours bien passé sur ce morceau, je me souviens du concert au MCM café de Paris. Ils nous avaient signalé que des groupes américains jouaient régulièrement là-bas et qu'il n'y avait aucun problème. Et finalement en partant, ils étaient très énervés par l'énergie déployée par le groupe et le public. Je voulais ressortir le trampoline, que j'utilisais il y a quelques années, mais j'ai vu que Robbie Williams en utilisait un. J'essaie de ne rien prévoir pour la prochaine tournée. Maintenant, c'est moi qui descends parmi le public sur le titre Kiss.

Au sein d'une station de métro parisienne (Marx Dormoy), une affiche de la tournée Trop précieux de 1996 est toujours présente, est ce un lieu symbolique ?
Non aucun symbole à mon sens, je sais qu'elles sont restées longtemps, mais cela doit être un oubli, tout est géré par ordinateur.

Que fais-tu de tes RTT, des concerts mais peut-être également du vélo avec Jalabert ?
En ce qui concerne les concerts, ca se passe bien, je prends des congés, ou un TGV après le boulot pour le concert du soir, je gère sans problème. Jalabert, j'aimerais bien. Notre morceau a illustré ses adieux au vélo à l'émission Stade 2.

Le dernier album est un peu politisé ...
C'est un hasard. On a participé au concert "Non" au Bataclan entre les tours de la présidentielle, c'était tout à fait logique. Daewoo est dédié à ma voiture, les Beach Boys avaient fait de même avec My little honda !
Liste de droite c'est une histoire vraie, une fille que j'ai connue.

Manu Chao a -t-il bien pris le titre qui lui est consacré ?
Au début, il l'a bien pris, mais ensuite on voulait détourner sa pochette et il a refusé. Louise Attaque cela les a amusé. La FNSEA n'a pas réagi, ni les Glaviots, qui existent réellement.

Vous écoutez quoi actuellement ?
De nouveau un peu de rock. Il y a pas mal de groupes intéressants. Les Libertines, les Transplants, l'album des Strokes est une vraie réussite.
Je vais à l'opéra parfois. 80% de mon temps est occupé par la musique classique, que j’ai découverte sur le tard.
Dans mon quartier (ndlr : la Villette) il y a des concerts pas chers et variés.
Dans les festivals, je ne vais pas voir les autres groupes, je garde de meilleurs souvenirs de disques que de concerts. Mon premier disque était un 45 tours de Claude François, une version de I wanna hold your hand. En français, cela donnait Je veux te tenir par la main.



A lire également, une autre interview de Didier Wampas, réalisée en mai 2003, ainsi que des chroniques des dernières sorties des Wampas (Chirac en prison, For the rock, Never trust a dvd !, Never trust a live !, Never trust a guy who after having been a punk is now playing electro) et des comptes rendus de concerts des Wampas à la Coopérative de Mai en 2000 avec les Hives, à l'EMB à Sannois, à L'Olympia, aux Eurockéennes de Belfort 2003, aux Efferv'Essonne 2003 et au Nouveau Casino, en novembre 2005...



Propos de Didier Wampas recueillis par Samuel Charon et Jérôme Crépieux.

www.wampas.com


auteur : Samuel Charon -
interview publiée le 05/03/2003

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