27/04/2017  |  4796 chroniques, 159 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 25/04/2017 à 17:16:33
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Dolemite, « El Superman Negro »




Blaxploitation en dessous de la ceinture !
Un coup de blues : Votre conjoint(e) vient de vous plaquer, votre patron vous charge de travail, vos voisins vous empêchent de dormir, vous ne voyez pas le bout de vos études, le RMI ne vous suffit plus pour acheter vos CD et DVD. Pour oublier tous ça, un remède efficace : se mater l’intégralité des films de Dolemite.
Vous ne le connaissez pas ? Avant de vous le présenter, voici les titres de ses films : « Dolemite », « The Human Tornado », « The Monkey Hustle » , « Peter Wheatstraw The Devil's Son-In-Law », « Disco Godfather ».

Vous l’avez compris, Dolemite est le roi du film à petit budget destiné au cinéma de quartier, où se télescopent : action, sexe, vulgarité, humour, le tout enveloppé avec de la musique funk 100% top class !
Du kung-fu, des belles filles avec des grosses poitrines, du surnaturel, des courses-poursuite, de la drogue, des flics ripoux, des macs habillés avec style, voilà quelques ingrédients de la recette Dolemite.
Le personnage est interprété par l’acteur Rudy Ray Moore, également co-producteur de la série. Ancien boxeur, devenu artiste de music hall, Rudy Ray Moore réalise de nombreux albums (18 !) tout au long des années 60 et 70, qui serviront de base pour le rap (plus particulièrement le gangsta-rap) et le slam. En effet ses disques sont parlés, avec de l’argot et des propos très vulgaires limite scabreux, bien en dessous de la ceinture. Très peu de musique, juste des sons du quotidien et beaucoup de « Fuck ! » et de gémissements. Vous écoutez ses vinyles en appart et votre voisin croit que vous matez des films pornos. Grâce à la vente de ses disques, Rudy Ray Moore va pouvoir financer le film « Dolemite » qui sort en salle en 1975. Malgré une absence de moyens, ce film sera un succès auprès du public black américain. Faut dire que la musique fait passer pas mal de choses ! Qu’il y ait de mauvais raccords entre les scènes, que le décor sente parfois un peu trop le studio, que l’on voit une ombre de micro, pas de problème, le style fonctionne.

Dolemite est un putain de héros, qui n’a certes rien à voir avec John Shaft, ni Bruce Lee côté physique, plutôt un Benny Hill bedonnant version black, mais il se tape toutes les filles. Il se démerde toujours pour échapper à ses ennemis, grâce notamment à ses fameux combats de karaté très cheap, et surtout Dolemite a la tchatche ! Toujours le bon mot, celui qui vous remet en place ou dans sa poche. De plus Dolemite est un excellent danseur, qui aime la sape et les jolies voitures. Bref de quoi énerver les mâles et séduire les poupées. Qu’il ait des kilos en trop et que le mot « Fuck » sorte dans chacune de ses phases, ceci n’est qu’un détail ! Pas étonnant qu’il soit devenu une icône pour les rappeurs et pour Quentin Tarentino.
Le succès étant au rendez vous, autant continuer sur le filon.

« The Human Tornado » reprend les même ingrédients, mais avec encore plus de délire top ringard. Le passage où l’on voit des malabars sortir d’une boite en carton est un pur monument du cinéma bis ! Bref la machine est lancée, et rien ne pourra l’arrêter ! « Peter Wheatstraw » sort en 78 et a des atouts pour séduire, car, là, Dolemite a rendez-vous avec le diable ou plutôt la fille du diable très répugnante ! De quoi faire fuir 10 Dolemite ! « Disco Godfather » attire moins les foules malgré le clin d’œil à « Saturday Night Fever ». Mais qu’importe, on est en 1979, et déjà l’effet Dolemite est installé pour devenir culte ! Depuis, tout comme la fait Russ Mayer, Rudy Ray Moore vit sur son capital grâce aux VHS et maintenant aux DVD. Ses films (avec notamment en prime le décalé « Shaolin Dolemite » sorti en 1999), ses shows, ses documentaires, ses CD et ses rééditions vinyles, tout est dispos pour le client, et ils sont nombreux. Rudy Ray Moore a inventé un genre, normal qu’il en profite ! Espérons le plus longtemps possible, car il y a quelque mois, il a été hospitalisé du diabète (79 ans au compteur !), mais tout s’est bien passé. Longue vie à la « tornade humaine » !

Voir, écouter :
- Films, show et documentaire en DVD zone 2 (BQHL).
- B.O. « Dolemite » CD et vinyle (Relapse Records).

www.rudyraymoore.com
www.dolemite.com
foxybronx.free.fr

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
interview publiée le 02/10/2006

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