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Jazz à Luz - dimanche 9 juillet

2006

Speeq, Un Mec Une Porte, Luc Cappozzo, Géraldine Keller, Eléfanfare

Luz Saint Sauveur (France)

du : samedi 8 juillet
au : mardi 11 juillet
Retrouver Jazz à Luz est notre petit bonheur annuel, un délice combinant merveilleusement détente au coeur de la montagne pyrénéenne, découvertes musicales et ambiance chaleureuse. Quel dommage donc de constater le peu de monde présent cette année, constat envisagé dès le samedi et qui se confirma ce dimanche matin, lors du premier concert.
Dommage, d'autant que ce premier concert matinal fut l'une des bonnes surprises de ce festival. Collant parfaitement à la thématique du souffle de cette année, Géraldine Keller (chant) et Jean-Luc Cappozzo (trompette, bugle) combinèrent leurs talents d'improvisation pour une prestation époustouflante. Si les premières improvisations jouèrent plus sur les ambiances feutrées et tamisées et sur les chuchotements vocaux, la suite fut plus ouverte avec de brillants morceaux mélodiques de Jean-Luc Cappozzo sur lesquels vint s'ajouter la voix de Géraldine Keller, incroyablement à l'aise dans la variation de gammes et de sons. Le concert se termina à l'extérieur de la maison de la vallée, au pied d'un petit ruisseau où Géraldine entama une lecture tandis que la trompette de Jean-Luc redoublait d'ingéniosité sonore. Une grande découverte qui nous ouvrit quelque peu l'appétit...

Géraldine Keller Jean-Luc Cappozzo
Géraldine Keller & Jean-Luc Cappozzo


Alors que certains prirent malin plaisir à partir dans la direction opposée à celle indiquée, le reste des festivaliers se donna rendez-vous sur l'un des sites historiques de Jazz à Luz (le Château Sainte-Marie) pour y écouter Eléfanfare, fanfare cinématographique s'il en est. Les sept musiciens du groupe accompagnèrent à merveille ce pique-nique dominical entre jazz swinguant, souffles puissants et petits clins d'oeil amusants, comme la reprise du générique des Simpsons composé par Danny Elfman.
Eléfanfare

Eléfanfare


Après avoir bien mangé, parlé avec quelques habitants de Luz St Sauveur et apprécié le beau temps de ce dimanche, nous nous mîmes en route pour la traditionnelle ballade musicale du festival. Accompagnée cette année par Jérôme Martin, cette ballade nous entraîna dans un grand tour de Luz St Sauveur, histoire de découvrir un peu plus ses environs. Mais avant de vous détailler cette promenade, quelques mots sur notre accompagnateur de cette année. Ben oui, n'est pas Ronan Tablantec qui veut... Malgré un physique de bon aloi (on y reviendra) Jérôme Martin manquait quelque peu de cette verve teintée d'amertume et de folie qu'à avait son prédécesseur...

Jérôme Matin Forza
Jérôme Martin


Ce fut un peu dommage et moins pimenté que l'année dernière, tout en reconnaissant que notre guide se révéla parfait quand il fut question d'improviser avec Livio, l'accordéoniste du groupe de L’association culturelle et musicale mnicipale Balcanica (ACMMB).

Bref, la première halte nous conduisit dans un potager ou nous croisâmes Géraldine Keller et l’un des musiciens du festival pour un échange voix/trompette oùle contraste entre un jardin carré et parfaitement entretenu et la musique improvisée des deux musiciens produisit un bel effet.

Arrêt Musical n°1 Arrêt Musical n°1
Arrêt musical n°1


La seconde halte fut tout aussi passionnante entre Jean-Luc Cappozzo et Livio Minafra, entre trompette, accordéon et synthé à l'ombre d'un patio.
Eléfanfare

Arrêt Musical n°2


La troisième pause fut, elle, beaucoup moins attrayante, voire même pompeuse. Même si le cadre fut tout aussi surprenant (un cimetière) la musique, elle, fut anecdotique et sans grand intérêt. La quatrième pause fut, elle, beaucoup distrayante car nous pûmes assister coup sur coup à une relecture bedonnante de Heidi, à un avant goût de la finale de la Coupe du Monde (ah, l'Italie et le foot !) et à un concert acoustique de ACMMB, légèrement retardé à cause du match (quant je vous disais que les Italiens sont des malades de ballon rond...). Le tout sous fond d'éclat de rires et de piques bien senties.

ACMMB

ACMMB


La dernière halte nous conduisit à l'ombre d'un jardin boisé où nous pûmes écouter un concert collégial (voix, saxophone, trompettes) qui fut quelque peu terni par les interventions non opportunes de notre ami du cimetière.
Eléfanfare

Dernière halte musicale


Non content d'avoir fait quelques kilomètres de marche, nous nous rendîmes à la colline Solferino pour le premier concert de ce début de soirée. Là encore grosse surprise et rencontre musicale audacieuse entre un batteur survolté (Ramon Lopez), un saxophone séducteur (Gianni Gebbia) et une viole de gambe fringante (Dominique Regef). Outre la musique, l'une des surprises de ce concert fut de constater qu'il est possible d'improviser sur une viole de gambe, vraiment étonnant ! Côté musique le son lancinant de la viole tamisa à merveille les trames du saxophone et des percussions entre musique orientale d'Afrique du Nord et improvisations survoltées (notamment du batteur) avec quelques effets visuels inattendus comme de mettre une bouteille d'eau dans le saxophone ou de frapper une caisse claire avec le pied. Outre ces effets, la musique du trio s'affirma comme l'une des plus cohérentes du festival.

Gianni Giebia Ramon Lopez
Gianni Giebbia & Ramon Lopez



Huit heures du soir et voici venir le très attendu match de foot... Et oui, même à Luz, même perdu en montagne, même dans un festival aussi pointu que Jazz à Luz, nous ne pûmes échapper à la sacro sainte finale du Mondial de foot.... Même si je ne fus point conquis par cette vague footballistique, la retransmission de la finale prit une tournure amusante. Amusante car bon nombre de musiciens présents (dont les membres de Speeq) n'avaient que faire de cette rencontre, à contrario des onze membres italiens de ACMMB qui passèrent ce soir là du dépit à la délivrance pour finir sur l'allégresse, tout en faisant plus de bruit que les supporters français visiblement plus nombreux. Cependant même si cette finale s'éternisa au grand dam du président du festival, Speeq put tout de même commencer son concert avec seulement deux heures de retard...
En tout cas le concert de Speeq fut à la hauteur de nos attentes. Connaissant déjà sur album la voix de Sidsel Endresen (qui a collaboré notamment avec Bugge Wesseltoft ou Nils Petter Molvear), on espérait donc beaucoup de sa prestation en compagnie de Hasse Poulsen (guitare électrique) de Marc Sanders (batterie) et Luc Ex membre du groupe hollandais The Ex (basse). Le moins que l'on puisse dire c'est que nous ne fûmes point déçus ! Dès le premier morceau, très chaotique, on put admirer le jeu volcanique de Luc Ex (impressionnant dans ces déplacements et dans l’impression de force qu’il dégageait), la palette de son d'Hasse entre cordes frappées ou vibrées (à l’aide d’un archer), le jeu brutal de Marc Sanders ainsi que la voix magnifique de Sidsel venant souvent calmer quelque peu les ardeurs bruitistes de ses compagnons. Le groupe enchaina ainsi trois chansons jouant les montagnes russes et un rappel tout en chanson où l’on put encore une fois admirer tout le charme de la voix de Sidsel.

Sidsel Hasse
Sidsel Endresen & Hasse Poulsen (Speeq)



C'est encore subjugés par cet énorme concert que l’on prit en pleine oreille Un Mec Une Porte. Jamais on n’aurait cru que la petite scène du verger pouvait délivrer autant de décibels d’un coup. Véritable mur sonore, le groupe nous atomisa dès le début du premier morceau tant par sa base rythmique (basse + batterie) que par ses cuivres à l’esprit free. Le chanteur du groupe Hans Buhrs ne fut pas en reste, scandant de la poésie abstraite sous fond de mélange entre funk, punk, jazz et rock. Un grand ragoût particulier et étonnant que l’on aimerait bien revoir. D’ailleurs, c'est fourbus par tant d’émotions et tant de découvertes, que nous nous dirigeâmes tranquillement vers notre tente pour un repos salvateur.


(Photos de Nicovara).


www.jazzaluz.com


auteur : DrBou - drbou31@hotmail.com
chronique publiée le 30/07/2006

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